TROISIÈME PARTIE
testable, la France se tronve forcée, d'après sa position centrale, qui lui procure d'ailleurs tant d'avantagesy d'étudier à la fois les quatre autres idiomes occidentaux. Quand, tontes les af&nités naturelles des cinq populations avancées seront complétées par l'universelle pratique d'une telle règle, une commune langue occidentale ne tardera pas à surgir spontanément, sans aucune assistance des utopies métaphysiques sur l'unité absolue du langage humain.
Pendant cette dernière moitié de la première éducation» où prévaudra la culture de l'imagination, l'individu poursuivra sa propre évolution philosophique en s'élevant du simple fétichisme initial au vrai polythéisme, comme le fit avant lui l'espèce au même état. Cette inévitable similitude entre l'essor personnel et la progression sociale s'est toujours manifestée plus ou moins, malgré les précautions de l'empirisme chrétien, qui ne put jamais détourner l'enfant des naïves compositions adaptées à une telle phase. L'éducation positive respectera cette tendance nécessaire, sans toutefois exiger des parents aucune hypocrisie, ni susciter aucune contradiction ultérieure. Pour tout concilier, il suffira d'être '▼rai, en avertissant l'enfant que ses croyances spontanées conviennent seulement à son âge, et doivent finir par le ^conduire à d'autres, suivant la loi fondamentale de toute évolution humaine. Outre l'avantage scientifique de lui TOndre ainsi familier ce grand dogme positiviste, une telle sagesse réagira naturellement sur la sociabilité naissante, en disposant d'avance à sympathiser avec les nombreuses populations qui restent encore à ce degré de la vie intellectuelle.
La seconde éducation positive ne saurait demeurer -parement domestique, puisqu'elle exige des leçons publiques, où la plupart des parents n'auront jamais qu'une participation accessoire. Mais cette nécessité ne doit pas
conduire cependaDtà priver l'enfant delà vie de famille, qui ne cesse poinl alors d'èlre îiidtspen sable à son évoliilion morale, dont les exigences doivent toujours prévaloir. Il peut aisément suivre les meilleurs maîtres, sans exposer sa moralité personnelle et domestique aui altérations presque inévitables que déterminent nos cloitres scolastiques. Les contacts sociaux qui semblent compenser les dangers privés de ce régime peuvent résulter mieux des libres relations extérieures, où les sympathies sont plus consultées. Cette appréciation, qui rend à la fois plus facile et plus parfaite l'éducation popo* laire, ne peut cesser de convenir qu'envers certaines professions, dont l'éducation spéciale continuera peutèlre d'exiger la clôture collective. Je doute même que cette obligation reste finalement indispensable pour ces cas exceptionnels.
Quant à lamarchegénéraledeTéducation systématique, elle est déjà tracée, sans aucune incertitude, par la loi encyclopédique qui constitue le second élément nécessaire de ma tliéorie d'évolution. Car les éludes scientifiques du prolétaire doivent se rapporter, comme celles du philosopbe, d'abord à notre condition inorganique, ensuite ànotre propre nature, personnelle et sociale, pour constituer la double base rationnelle de notre conduite réelle. On sait que la première classe comprend deux couples de sciences préliminaires, l'un matbématicoastronomique, l'autre physico-chimique. A chacun d'eax, l'initiation positive consacrera deux années. Mais l'extension supérieure et la prépondérance logique du premier obligeront alors à deux leçons hebdomadaires, taniiis qu'une seule suffira réellement pour tout le reste de l'éducation prolétaire. Les exigences beaucoup moindres de l'apprentissage industriel, à ce début, permettront naturellement ce surcroît initial d'occupations spéculatives. A cette préparation inorganique, succédera 1'