‹ Discours Sur L'ensemble Du PositivismeChapitre 97 sur 225 · Concentration des études · texte numérisé non relu

Concentration des études

; On doit craindre aujourd'hui que les trois cent soixante leçons de cet enseignement septennaire ne perjnettent point d'y embrasser . convenablement un tel ensemble d'études fondamentales. Mais il n'en faut pas juger par l'extension actuelle des cours correspondants, qui tient à leur spécialité habituelle, et surtout à l'empirisme dispersif de la plupart des professeurs, d'après uotre déplorable régime scientifique. Quand la saine philosophie aura régénéré nos diverses études positives, en y fiiisant dignement prévaloir l'esprit d'ensemble au noal du sejtitiment social, la condensation familière des

conceptions produira des leçons beaucoup plus substantielles, toujours destinées à diriger, an lieu de remplacer, des efforts spontanés, dont dépend toute véritable efficacité didactique. Un exemple exceptionnel, trop oublié maintenant, permet de se former qtielque idée d'une telle rénovation, d*après ces célèbres cours, si heureusement nommés révolutionnaires, qoi» au début de rÉcoIe Polytechnique, concentrèrent en trois mois l'enseignement des trois années. Ce qui fut alors une admirable anomalie, due surtout à l'exaltation républi-^ caine, pourra devenir l'état normal, quand une pareille puissance morale s'appuiera sur une entière systémaM-' sation mentale, inconnue à nos éminents précurseurs.

L'efficacité didactique du sentiment a été jusqu'ici ignorée, parce que la culture de l'esprit coïncidait, de^ puis la fin du moyen âge, avec l'inertie du cœur. Mais la subordination continue, à la fois spontanée et systématique, de l'intelligence à la sociabilité, qui constitue le principal caractère du positivisme, est aussi féconde en avantages théoriques qu'en propriétés morales. Dans tout le cours de l'éducation populaire, les parents et les maîtres saisiront chaque occasion opportune de déve^* lopper le sentiment social, dont l'excitation familière charmera souvent les plus austères leçons. L'esprit sera toujours consacré surtout à raffermir et à cultiver le cœur, qui, à son tour, l'animera et le dirigera. C^tte in^time solidarité entre les pensées générales et les senti*ments généreux facilitera d'autant mieux les études scientifiques du prolétaire qu'elles succéderont à des études esthétiques qui auront déjà suscité d'heureuses habitudes pour embellir la vie entière.

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