‹ Discours Sur L'ensemble Du PositivismeChapitre 98 sur 225 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

sion universelle et sa nature philosophique. A mes yeux, il ne doit finalement exister aucun autre enseignement organisé, du moins généraL La dette sacrée ainsi acquittée par la république envers les prolétaires ne s'étend nullement aux classes qui peuvent aisément acquérir l'instruction qu'elles désirent. Cette instruction spéciale ne peut être d'ailleurs qu'un développement partiel, ou tout au plus une application déterminée, de la saine instruction générale, d'après laquelle chacun deviendra même susceptible ordinairement d'accomplir seul cette initiation secondaire. Quant à l'apprentissage professionnel, il doit surtout résulter ensuite de l'exercice, jusque dans les plus grands arts, sans comporter jamais aucun véritable enseignement. La fausse appréciation qui prévaut aujourd'hui à ce sujet tient à la déplorable absence de -toute éducation générale, depuis la désuétude du régime catholique. Car les précieux établissements spéciaux, créés pendant les trois derniers siècles, dans tout l'Occident, et dignement régénérés, en France, par la Convention, ne constituent, au fond, que divers germes scientifiques indispensables pour la rénovation finale de réducation générale. Autant leur efficacité théorique est incontestable, autant on peut mettre en doute l'utilité pratique qui semble les avoir inspirés, et dont les arts correspondants pourraient aisément se passer, sans même excepter l'École Polytechnique, le Muséum d'histoire naturelle, etc. Us n'ont une valeur capitale qu'à titre, de moyens transitoires, comme toutes les saines créations de notre temps anarchique. En ce sens, ils peuvent aujourd'hui être utilement réorganisés sous Finspiration d'une philosophie qui, sans aucune illusion sur leur durée, les adaptera mieux à leur éminente destination actuelle. A divers égards, elle en proposera même quelques autres, surtout une haute école philologique, embrassant l'ensemble des langues humaines

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suivant leurs vraies affinités, pour compenser l'in pensable suppression des chaires gréco- latine s. Mais tout cet échafaudage provisoire disparaîtra, sans doute, avant la fin du dix-neuvième siècle, quand prévaudra Je système définitif d'une véritable éducation générale. Sa présente nécessité ne doit pas faire méconnaître soD caractère et sa destinée. Au fond, l'État ne doit Tinstruclion qu'aux prolétaires ; et, en l'organisant sagement, elle dispense de toute institution spéciale. Ces principes définitifs facilitent beaucoup l'éducation populaire, en même temps qu'ils l'ennoblissent. Ils conduiront les nations, les provinces, et les villes à demander, à l'envî, au pouvoir occidental les plus éminents professeurs pour des cours dont tout vrai philosophe s'iionorera toujours, quand on sentira partout que la popularité réelle d'un digne enseignement coïncide nécessairement avec son élévation systématique. Cet office liabituel deviendra naturellement la principale fonction de la plupart des organi's de la nouvelle spiritualité, au moins dans une grande partie de leur carrière active.

D'après les indications précédentes, une telle éducation (générale ne comporte aujourd'bui aucune organisation immédiate. Quelles que pussent être, à cet égard, ItiH dispositions sincères des divers gouvernements actuels, leurs efforts empiriques nuiraient beaucoup à cette grande fondation en voulant la hâter, surtout s*ils prétendaient la diriger. En effet, tout véritable système d'éducation suppose l'ascendant préalable d'une vraie doctrine philosophique et sociale, qui en détermine la nature et la destination. L,es enfants ne sauraient être élevés contrairement aux convictions paternelles, ni même .sans leur assistance. Quoique l'éducation systématique doive ensuite consolider beaucoup les opinions et les mœurs qui ont déjà prévalu dans le milieu social, elle serait impossible si ces principes de ralliement i

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