TROISIÈME PARTIR
salion industrielle constituera l'unedes attributions secondaires du pouvoir philosophique , qui sera naturellement consulté presque toujours sur de semblables mesures, comme en toute autre grave occurrence, publique ou privée. Quand il aura approuvé la suspension ou l'interdit, cette haute sanction procurera à un tel mode une efficacité qu'il ne peut comporter aujourd'hui. C'est seulement ainsi qu'une mesure partielle pourra s'étendre , d'abord à tous les membres d'une même profession, ensuite d'une industrie à d'autres, et même passer enfin à toutes les populations occidentales qui reconnaîtront librement les mêmes directeurs spirituels. A la vérité, la désapprobation philosophique ne saurait empêcher des agents qui se croiraient lésés d'employer, sous leur responsabilité, ce mode extrême^ car le vrai pouvoir théorique se borne toujours à conseiller, sans commander jamais. Mais, en ce cas, à moins que les philosophes n'aient blâmé à tort, la mesure ne comportera point l'extension et l'importance ordinairement indispensables à 5a pleine efficacité.
Cette théorie des coalitions revient, au fond, à systématiser, dans les relations industrielles , la faculté d'insurrection, cidessus indiquée, envers les plus hautes fonctions sociales, comme une ressource extrême de tout organisme collectif. Sa marche essentielle est, en effet, la même quant aux applications les plus simples ou les plus fréquentes que pour les cas les plus rares ou les plus importants. Toujours l'intervention philosophique, provoquée ou spontanée, influera beaucoup sur le résultat, soit qu'elle systématise des tendances légitimes mais empiriques, soit qu'elle en blâme l'essor spécial.
L'ensemble des indications précédentes conduit à définir exactement la principale différence pratique entre la politique des positivistes et celle des communistes ou des socialistes. Toutes les écoles rénovatrices s'accordent aujourd'hui à s'oc-
iQÏ DISCOURS SUR l'ensemble DU POSITIVISME.
Guper surtout du peuple, pour l'incorporer dignement à la société moderne, qui, depuis la fin du moyen âge, prépare sa constitution finale. Elles coïncident aussi quant à la nature des grands besoins sociaux propres aux prolétaires, d'une part, l'éducation normale, de l'autre, le travail régulier, également dignes de systématisation. Voilà tout ce que le positivisme olTre de vraiment commun avec nos diverses doctrines progressives. Mais il se distingue profondément de toutes par sa manière de concevoir et d'accomplir cette double organisation. Il regarde la seconde systématisation comme nécessairement fondée sur la première , tandis que jusqu'ici on les suppose simultanées, ou plutôt, on s'efforce de régler le travail avant de constituer l'éducation. Quoique cette différence d*ordre semble d'abord peu décisive, elle suffit pour changer radicalement le caractère et la marche de notre régénération. Car le mode qui prévaut encore revient, au fond, à tenter la réorganisation temporelle indépendamment de la spirituelle; c'est-à-dire, à construire l'édifice social sans bases intellectuelles et morales. De là résulte, pour satisfaire aux justes exigences populaires, la préférence stérile et subversive accordée aux mesures politiques proprement dites, dont l'efficacité semble immédiate. Au contraire, le positivisme est pareillement conduit à faire prévaloir l'influence paisible et certaine, mais indirecte ou graduelle, du sentiment et de la raison, secondée par une sage opinion publique, sous l'impulsion systématique des vrais philosophes, assistés d'une libre adhésion populaire. En un mot, la double solution du commun problème social sera toujours empirique et révolutionnaire, de manière à rester purement nationale, ou bien elle deviendra rationnelle et pacifique, avec un vrai caractère occidental, selon que l'organisation du travail précédera ou suivra celle de l'éducation. D'après celte conclusion, je n'aurais point assez caractérisé