‹ Discours sur l'esprit positif (volume 2)Chapitre 2 sur 37 · D'ASTRONOMIE POPULAIRE · texte numérisé non relu

D'ASTRONOMIE POPULAIRE

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DISCOURS PRÊLIStINAIRE,

Considérations fondamentales sur la natare et la destination da Tdritable esprit philosophique : appréciation somnuire de l'eitrèmeteportaiice sodale i|ae présente aujourd'hui Tuniverselie propagation des principales études positives: application spéciale de ces principes à la science astronomique, d'après sa Yrai« position encyclopédique.

L'ensemble des connaissances astronomiques , trop isolément considéré jusqu'ici , ne doit plus constituer désormais que Tun des éléments indispensables d'un nouveau système indivisible de philosophie générale , graduellement préparé par le concours spontané de tons les grands travaux scientifiques^ropres aux trois derniers siècles j et finalement parvenu aujourd'hui à sa vraie maturité abstraite. En vertu de celte intime connexité| très-peu comprise encore, la pâture et la destination de ce traité ne sauraient être sufiSsammeut appréciées , si ce préambule nécessaire n'était pas surtout consacré à définir convenablement le véritable esprit fondamental de cette philosophie, dont l'installa tion universelle doit, au fond , devenir le but essentiel d'an tel enseignement. Gomme elle se distingue principalement par une continuelle prépondérance, à la fois logique et scientifique, du point de vue historique ou social, je dois d'abord , pour la mieux caractériser, rappeler sommairement la

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grande loi ((fie j'ai établie , daiits mèn Sys$ime âe philosophie positive, sur l'entière évolution intellectuelle de l'humanité, loi a IfMjiielle d'a^ldursi nos èlade^ a^Oroaqmî^es auront ensuite fréquemment recours.

Suivant cette doctrine fondamentale, toutes nos spéculations quelcônqtles sont fnéyitablettient asscijèflies, sott chez findi-* yidu , soit chez l'espèce , à passer successivement par trois états théoriques dififérents, <]ne les dénominations habituelles de théologique y métaphysique, et positif , pourront ici qualifler suffisamment, pour ceux, du moins, qui en auront bien compris le vrai sens général. Quoique d'abord indispensable, à tons ^ards, le premier état doit désormais être toujours conçu comme pwreoMRt proyisoire et préparatoire } le second, qui &'ea constitue réelleçaent qu'une modification dissolvante , ne comporte jamais qu'une simple destination transitoire, afin de conduire graduellement au troisième; c'est en celui-ci, seul pleinement normal, que consiste, en tons genres, le régime définitif de fe raison humaine.

Dans leur prefnier essor , nécessairement tfaéologique , toutes nos spéculations manifestent sponianéttient une prédilection caractéristique pour les questions les plus insolubles, sur les sujets les plus radicalement inaccessible» à toute investigation décisive. Par un contraste qui, de nos jours, doit d'abord paraître inexplicable, mais qui, au fond, est alors en pleine harmonie avec la vraie situation initiale de notre intelligence, en un temps où l'esprit humain est encore au-dessous des plus simples problèmes scientifiques, il recherche avidement, et d'une manière presque exclusive , l'origine de tcmtes choses , les causes essentielles, soit premières, soit finales, des divers pké* nomènes qui le frappent, et leur mode fondamental de production , en an mot les connaissances absolues. Ce besoin primitif retrouve naturellement satisfait, autant que l'exige une telle

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sitoatioa , et même , en effet , autant qa'il puisse jamais Fétre, par notre tendance initiale à transporter partout le ^e Immidn, en assimikmt tons les phénomènes qpelconqnes à ceux qne mot produisons noos-mémes, et qin, i ee titre, commencent par nous semUer assez connna , d'après ^intn[^Oll îmmMiate i|oi les accompagne. Poor Uen comj^endrereqirity pnrcMentthéolofiqne; résolté da déTdoppement, de |dva en pins ^stéma» tiqoe, de cet état primordial y il né faut pas se bcHmer à leoo». sidérer dans sa dernière i^rase, qui s'i|chèTe ^ spus nos yeux^ chez les populations les phis atancées , msis qui n'est point , à beaucoup pr^, la plus caractéristique : il devient indispen-^ sable de jet^ qn coup d'ceil vraiment philosophiqae sur ren<*semble de sa marche naturelle , afin d*appréoier son identité fondamentale sous les trois formes principales qui lui sont successivenient propres.

La plus immédiate et la plus prononcée constitue le féticMime proprmnent dit , consistant surtout à attrit)uer à tous les corps extérieurs une vie essentiellement analogue à la nOtre', mais presque toujours |^s énergique j d'après leur action ordinairement i^us puissante. L'adoration des astres caractérise le degré le plus élevé de cette première phase tfaéologiqùe» ^i , au début, diffère k peine de l'éfot mental où s'arrêtent les ani* maux supérieurs. Quoique cette predière forme de la philosophie théologique se retrouve avec évidence dans l'histoire intellectuelle de toutes nos sociétés, elle ne domine plus directement aujourd'hui qne chez la moins nombreuse des trois grandes races qui composent notre espèce.

Sous sa seconde phase essentielle, constituant lé vraipo/y> ihéismej trop souvent confondu par les modernes avec l'état précédent y Tesprit théologiqUe représente nettement la' libre prépondérance spéculative de Fimagination , tandis que jusqu'alors l'instinct et le sentiment avaient surtout prévain dans

les théories humaiaes. La philosophie initiale y subit k pliH profonde transformation que paisse comporter Fensemble de sa destinée réelle ; en ce qaé la yie y est enfin retirée anx ob«jets matériels /ponr être mystérieusement transportée à divers êtres fictifs ) habitiiellement invisibles, dont Taclive int^vention continue devient désormais la source directe de tons les phénomènes extérienrs , et même ensuite- des phénomènes humains. C'est pendant cette phase caractéristique , mal appréciée aujourd'hui, qu'il faut principalement: étudier Tesprit théologique , qui s*y développe avec une plénitude et une homogénéité ultérieurement impossibles : ce temps est , à tous égards , celui de son plus grand ascendant, à la fois mental et social. La maJQrité de notre espèce n'est point encore sortie d'un tel état, qui persiste aujourd'hui chez la plus nombreuse des troi$ races humaines, outre l'élite de la race noire et la partie la moins avancée de la race blanche.

Dans^ troisième phase théologique, le monothéisme proprement dit commence linévitable déclin de la philosophie initiale , qui , tout en conservant longtemps une grande influence sociale , toutefois plus apparente encore que réelle , subit dès lors un rapide décroissement intellectuel, par une suite spontanée de cette simplification caractéristique, où la raison vient restreindre de plus en plus la domination antérieure de Timagination, en laissant graduellement développer le sentiment universel, jusqu'alors presque insignifiant, de Tassiyettîssement nécessaire de tous les phénomènes naturels à des lois invariables. Sous des formes très-diverses, et môme radicalement inconciliables, cet extrême mode du régime préliminaire persiste encore, avec une énergie fort inégale, chez l'immense majorité de la race blanche; mais, quoiqu'il soit ainsi d'uneobservation plus facile, ces mêmes préoccupations personnelles apportent aujourd'Imi un trop fréquent obstacle à sa judicieuse

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appréciation , faute d*ane comparaison asseï ratioDocUe et as^ sez impartiale avec les deux modes précédents.

Quelque imparfaite que doive maintenant sembler nne telle manière de philosopher, il importe lieaacoap de rattacher indissolublement l'élat présent de Fesprit .homaûi à l'ensemble de ses états antérieurs^ en reconnaissant convenablement qu'elle dut être longtemps aussi inifispensable qu'inévitable. En nous homant ici à la simple appréciation intellectttelle , il serait d'abord superflu d'insister sur la tendance involontaire qui, même aujourd'hui , bous entraîne tous évidemment aux explications essentiellement tbéologiques , aussitôt que nous voulons pénétrer directement le* mystère inaccessible du mode fondamental de production de phénomènes quelconques» et surtout eayers ceux dont nous ignorons encore les lois réelles. Les plus émi^ nents penseurs peuvent alors constater leur propre disposition naturelle au plus naïf fétichisme, quand cette ignorance se troure momentanânent ccMnbinée avec quelque passiop prononcée. Si donc tooites les explications théologiques ont subi, chez les modernes occidentaux , une liésuétude croissante, et décisive , c'est uniquement parce que les mystérieuses recherches qu'elles avaient en vue mt été de plus en plus écartées comme radicalement inaccessibles à notre intelligence, qui s'est graduellement habituée à y substituer irrévocablement des éludes plus efficaces , et mieux en harmonie avec nos vrais besoins. Même en un temps où le Téritable esprit philosophique avait déjà prévalu envers les plus simples phénomènes, et dans un sujet aussi facile que la théorie élémentaire du choc, le mémo* rable exemple de Mallebranche rappellera toujours la népessite de recourir à l'intervention directe et permanente d'une action surnaturelle, toutes les fois qu'on tente de remontera la cause première d'un événement quelconque. Or, d'une autre pafi , de tdles tentatives, quelque puériles q«(dles- semblent

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