PREMIÈRE PARTIE
n'y peut jamais être gravement compromise par le pouvoir pratique, qui fit directement avorter la noble tentative du catholicisme. Les seuls dangers qu'elle doive finalement redouter, résulteraient d'une vicieuse ambition du sacerdoce, abusant de son ascendant normal sur le prolétariat pour faire dégénérer la sociocratie en théocratie, ou plutôt en pédantocratie , en opprimant le patriciat. C'est afin de prévenir cette altération que le clergé positif doit autant renoncer à la richesse qu'au commandement, eu fondant toute sa subsistance, même chez le Grand-Prêtre de l'Humanité, sur de modestes annuités, librement émanées des chefs civiques.
Ainsi garantie de la corruption, l'autorité morale que le sacerdoce puise dans le complément encyclopédique de l'éducation universelle peut systématiser l'harmonie nécessaire entre les patriciens et les plébéiens. 11 doit , pour cela, développer à la fois le dévouement des forts aux faibles et la vénération des faibles envers les forts. Malgré la connexité normale de ces deux sentiments, le premier devient le plus actif sous le régime qui discipline les forces, au lieu que le second prévalut pendant qu'elles surgissaient. Néanmoins, c'est dans la vie publique que le positivisme développe le mieux son aptitude caractéristique à ne régler qu'en consacrant, déjà sensible envers la vie privée, et même pour l'existence personnelle. Car, il fait partout comprendre que l'accomplissement habituel des grands devoirs exige la concentration et la stabilité des forces correspondantes.
L'éducation universelle est surtout destinée à constituer l'opinion publique en instituant des mœurs systématiques, non moins opposées à la sédition qu'à la servilité. Faisant toujours sentir les avantages de lasoumission,
sa APPEL AUX GON^BRYATEURS.
elle représente Torgueil et la vanité comme des infirmités radicales» aussi nuisibles aux prolétaires qu'aux femmes. C'est seulement parmi les chefs, pratiques et théoriques, que la sagesse humaine transforme ces vices naturels en conditions artificielles d'un développement exceptionnel de l'activité cérébrale, impossible, surtout au début, sans de telles stimulations.
En systématisant l'évolution sympathique et la vie subjective, l'éducation positive dispose les plébéiens à mieux aspirer que les patriciens et les prêtres & la véritable félicité, résultée surtout de l'existence domestique, dont les deux pouvoirs doivent leur assurer le paisible essor^ A des prolétaires ainsi préparés, la puissance pratique, seule habituellement enviée pour la richesse qui la caractérise , se présente sous son vrai jour , comme le ministre nécessaire de la providence matérielle du Grand-Être envers tous ses serviteurs. Les dignes patriciens deviennent les organes sacrés de la volonté qui, résumant la vie objective, comble la seule lacune propre h, la nature, essentiellement subjective^ de la suprême existence, suivant l'axiome :
i^our compléter les lois il faut des volontés.
Une telle prépondérance trouve son contrôle normal dans la double sollicitude spontanément émanée du prolétariat et systématisée par le sacerdoce^ L'ensemble du régime positif conduit les plébéiens au digne exercicô de la disponibilité mentale et morale qui résulte de la facilité des opérations et d'une faible responsabilité. Surveillants naturels d'une administration destinée surtout à garantir leur existence pour assurer leui* service, leur situation les pousse aux vues générales, comme le cœur