‹ Discours sur l'esprit positif (volume 2)Chapitre 23 sur 37 · CONDUITE DES CONSERVATEURS ENVERS LES RÉVOLUTIONNAIRES · texte numérisé non relu

CONDUITE DES CONSERVATEURS ENVERS LES RÉVOLUTIONNAIRES

Outre les vices propres à chacune des deux tendances Appréeution entre lesquelles flotte la situation occidentale, elles offrent **"^**surtout un commun danger, qui consiste à s'alimenter mutuellement. L'explosion française avait manifesté Timpossibilité de maintenir le régime graduellement décomposé depuis la fin du moyen âge. Mais le triomphe politique de la révolution moderne dévoila son impuissance organique, dissimulée sous les luttes antérieures. Dès lors, IMmminence de Tanarchie ranima les dispositions rétrogrades, malgré T extinction croissante de la foi '

qu'elles exigeaient. Quand la situation parut avoir repris le caractère antérieur à la crise, les impulsions révolutionnaires se réveillèrent pour lutter contre la rétrogra* dation, quoique les illusions qu'elles avaient d'abord suscitées se trouvassent dissipées. Sans convictions d'aucune espèce, deux doctrines également épuisées furent

82 APPEL AtJi COMItlVAtËURS.

plus destinées à se neutraliser mutuellement qu^à développer leurs offices respectifs , consistant à représenter provisoirement, l'une les conditions d'ordre, l'autre te besoin du progrès. Cette orageuse stagnation persistera jusqu'à ce que les conservateurs , au lieu de perpétuer passivement un déplorable antagonisme, puissent activement surmonter la rétrogradation et l'anarchiei qui ne s'éteindront que simultanément.

Quoique les trois partis actuels concourent à prolonger une telle situation, elle doit être surtout reprochée aux révolutionnaires, naturellement investis de l'initiative régénératrice. Les influences rétrogrades, théoriques ou pratiques, habituellement développées par les conservateurs, se bornent réellement à résister sans diriger , vu leur incompatibilité sentie avec la destination de notre siècle. C'est aux tendances révolutionnaires qu'il appartient de pousser, d'après la décomposition exceptionnelle que le mouvement moderne a graduellement introduite dans l'action politique, qui doit, normalement^ être à la fois répressive et directrice^ Depuis que l'expérience a comtaté l'inanité sociale du négativisme, \^ théorie a doublement expliqué son aVdi'teiûettt politique, d'aprèa la démonstration ébauchée, au début du âix^neuvièm^ siècle, dans Técole rétrograde, et complétée, en iS/StSi^ par le positivisme naissant. Une telle apprédation^ où le progrès concourut avec l'ordre , ir^dit inexcuMble Tusage ultérieur d'Une métaphysi^ radicalement di&^ créditée, qui, loin de pouvoir Conduire la révolution moderne à son but nécessaire* he tend qu'à pétpéiwt la crise occidentale.

L'empirique persistance des révohîtionnaires mérite d'autant plus de blâme que la sôhitiôn sy^ltémàtiqae dut

TROISIÈMfi PARTIE. 9i

surgir dans leur cainp« et même y trouver son prenukar accueil, en un temps où les deux autres milieux repouss&Qt sans examen toute nouvelle doctrine^ Émané de l'ensemble du passé, sous Timpulsion nécessaire qui résulta de Tébranlement français^ le positivisme institue la régénération vers laquelle tendit le double mouvemmt moderne. Cependant la seule doctrine qui rende impossible toute rétrogradation a bi^tôt trouvé ses principales entraves parmi les défenseurs du progrès» parce qu'elle éteint aussi la métaphysique subversive dont ils restent préoccupés.

Une impartiale comparaison fait donc reconnaître que Ift représentation provisoire des instincts de perfectionnement est inférieure à celle des conditions de conservation. Aspirant à construire^ quoique d'après un mode vicieux» les rétrogrades se montrent plus conformes au vrai caractère de notre temps que tes révolutionnaires tendant & perpétuer le siècle de la démolition. Les uns ne repoussent que la régénération brusquement accomplie^ tandis que les autres ne cherchent des réformes radicales qu'en les voulant immédiates^

Mais on ne peut bien apprécier l'état arriéré des révolutionnaires actuels que d'après une constante distinction entre les deux éléments hétérogènes dont ce parti se trouve nécessairement composé. Guidés par les traditionë du régime déchu^ les rétrogrades n'ont points è. proprement parler, besoib d'une doctrine formulée^ ni de chefs spirituels* Au contraire, les révolutionnaires ne petEveDt tendre au progrès social sans une théorie propre à leur représenter l'avenir^ et des docteurs aptes à la développer. Or^ c'est surtout à ceux-ci qu'il faut maintenant attribuer les vices qui paralysent le parti progrès-

M APPEL AUX CONSERYATEUBS.

siste dans tout TOccident, et spécialement chez le peuple central. La masse révolationnaire n'a réellement d'autre tort essentiel que de conserver sa confiance à des chefs pernicieux.

En suscitant la révolution occidentale , l'ensemble du moyen âge lui légua deux problèmes inséparables : incorporer à la société moderne le prolétariat spontanément surgi ; substituer la foi démontrable au théologisme irrévocablement épuisé. La solution sociale, d'oU dépendait l'organisation de l'activité pacifique, exigeait la solution intellectuelle, seule capable d'instituer la religion et le sacerdoce propres à régler les relations entre les entrepreneurs et les travailleurs. Mais une telle connexité, déjà pressentie au moyen âge, fut longtemps dissimulée d'après le contraste naturel de l'urgence inhérente à la première question avec la lenteur de l'élaboration nécessaire à la seconde. Car, la principale institution de la société moderne était ainsi subordonnée à la plus profonde des révolutions mentales de Thumanité. Pendant le préambule objectif qu'exigeait la synthèse subjective, afin de substituer partout le relatif à l'absolu , cette liaison se trouva graduellement méconnue, tant chez les théoriciens que parmi les praticiens , tous également détournés des vues générales par lés efforts spéciaux.

Comme la décomposition du régime ancien fut naturellement plus rapide que la double préparation du nouveau, le problème social dut directement arriver à l'ordre du jour avant que la question intellectuelle put être vraiment résolue. Telle est la fatale inégalité qui produisit la funeste suprématie des lettrés, que les luttes émanées du moyen âge avaient graduellement accrédités. Même a[»*è8 que le triomphe politique de la métaphysique moderne

TBOISiËME PARTIE. ë5

eut irrévocablement prouvé son inanité sociale, les prolétaires continuèrent ainsi d'accorder leur confiance spi* rituelle^ et par suite temporelle, à la classe la moins apte à se combiner avec eux.

Depuis que la solution intellectuelle a surgi, ces guides provisoires de la recherche sociale ont pris une coupable attitude» en s'efforçant de conserver un ascendant qui n'était légitime que jusqu'à Tavénement d'une doctrine vraiment organique. Sans vouloir ni pouvoir satisfaire aux conditions encyclopédiques de la spiritualité positive, les lettrés ne sauraient maintenant s'empêcher d'en re* connaître la nécessité, puisqu'ils admettent la loi démontrée qui place la science sociale au sommet de la hiérarchie théorique. Cependant , ils s'efforcent de détourner les prolétaires du positivisme, et de maintenir la métaphysique négative comme base de la solution populaire. On ne peut douter que ces dispositions ne leur soient surtout inspirées par le besoin de conserver une domination incompatible avec la séparation fondamentale que la religion de l'Humanité vient irrévocablement établir entre le conseil et le commandement. Plus incapables de s'adjoindre au nouveau sacerdoce qu'à l'ancien, les lettrés veulent perpétuer une confusion qui seule permet leur prépondérance, au lieu dévouer leurs talents secondaires à propager Timpulsion régénératrice , comme leurs prédécesseurs du siècle dernier.

Voilà comment les révolutionnaires sont finalement devenus les plus arriérés de tous les occidentaux , sans cesser d'être les plus perturbateurs. En privant le théologisme de toutes les institutions nécessaires à sa consistance, ils persistent, davantage que les rétrogrades, à le ri^résenter comme devant indéfiniment servir de base à

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la soeiété. Leur mérale aggrave régolsme ehipétien, en systématisant la négation de T altruisme inné, tandis quMls détruisent les compensations résultées des motifs surnaturels. Ils prétendent hériter du dix-huitième siècle en rejetant son principal programme, pour oongaorer la plus vicieuse des écoles inconséquentes qui durent alors prévaloir. Quoique ces torts soient essentiellement propres aux lettrés, les prolétaires y participent accès* êoirement, non-seulement en conservant d'indignes guides, mais aussi d'après les sources d'une telle persis-^ tance.

Toutes les classes de la population occidratale, sans excepter les rétrogrades, adhèrent plus ou moins au principe fondamental de la doctrine révolutionnaire, la suprématie de la raison individuelle envers une question quelconque ; ce qui ne permet réellement aucune réorr ganisation spirituelle. Cette élimination de Pensend^le des antécédents humains fut provisoirement nécessaire, pour que les philosophes passent instituer une vtfAe ré^ novation. Mais, étendue à toutes les intelligences, quelle que soit leur préparation, elle est devenue profondément anarchique, même quand le protestantisme Ta vainement limitée en conservant une révélation dépQuillée de ses garanties naturelles. Or, quoique les rétrograde^ niaient point, dans la pratique , abdiqué rin&lilit»ljté personnelle, ils la rejettent en théorie, comme incompatible avec le catholicisme. Elle fournit, au contraire, le fondement essentiel de la doctrine révolutionnaire, aa^ tant chez les prolétaires que parmi les lettrés. Les ptê^ miers n*y sont pas seulement attachés diaprés leur confusion provisoire d'une égalité mensongère et dégra^ dahte avec }a digne fraternité; Quoique tour lion 191s

TWl9itai£ PAiriiE. g?

sMififle pour apprécier u»e telte aberr&tion, les prolétaires l'ont surtout conservée d'après son aptitude & flatter T orgueil et la vanité, qui partout constituent le principal siège de la maladie cérébrale graduellement résultée du «louvement occidental*

liC désordre des âmes populaires est pourtant susceptible d'une piein# rectification, pourvu qu'elles soient MOvenablement soustraites à Tascendant des lettrés, seuls radicalement incurables. Cette scission doit babi*^ tuellement devenir le principal objet de la conduite des conservateurs envers les révolutionnaires* Or, lé positivisme est directement propre à déterminer une telle élimination» en offrant aux prolétaires les seuls dogmes et les seuls docteurs avec lesquels ils puissent profondément i^mpathiser, d'après la conformité des habitudes et le concours des destinations. Imbus de positivité par la nature de leurs offices spéciaux , les travailleurs n'accueillent une métaphysique hétérogène qu'en vertu de Taptitude qu'ils lui supposent envers leurs fonctions générales* N'aspirant pas davantage au sacerdoce qu'au gouvernementi le ^olétariat admettra la doctrine qui les sépare^ aussitôt qu'il la jugera propre à consacrer ses réclamations sociales» de plus en plus compromises d'ar près l'ambition et l'incapacité des lettrés.

Par une influence directe et continue, tant logique que sdentiâque, le positivisme rectifiera l'entendement po^ pulaire, en systématisant la relativité spontanée de l'esprit industriel. L'éducation des lettrés est, au fond, la mêxm que celle du sacerdoce théologique, dont ils sont, i tous égards I des rejetons dégénérés. Quoiqu'ils aient développé les vices de l'absolu, ses racines se trouvent daBi le Utéologisine : m aorte que l^s prêtres de Bim ne

88 APPEL AUX CONSEBVATEtIBS.

sauraient réparer les ravages pratiques d'une méttiode que leur foi consacre, et qui les conduisit à rompre la filiation humaine. G*est uniquement aiv positivisme qu'il appartient d'étendre aux conceptions supérieures l'esprit relatif que l'existence industrielle développe, chez les prolétaires modernes, envers le domaine inférieur. Disposés à repousser l'absolu par l'habitude naturelle de respecter les traditions, les dignes rétrogrades, tant spirituels que temporels, seconderont cette extinction d'une méthode subversive, devenue essentiellement propre aux chefs métaphysiques de la démocratie.

Il sera facile aux vrais philosophes de faire directement sentir aux prolétaires judicieux que partout le perfectionnement exige d'abord la conservation. Car ilsuf-*fira de généraliser les dispositions résultées de la vie pratique, où le moindre progrès se montre toujours fondé sur Tordre correspondant, dont les principales conditions sont immuables. D'après leurs occupations journalières, tous les prolétaires ont individuellement commencé la préparation spéciale qui dut conduire l'évolution collective au dogme général de la philosophie positive. Ea complétant et systématisant leur éducation spontanée, on peut aisément les convaincre que nos propres phénoraiènes, personnels et sociaux , sont autant assujettis que ceux du monde extérieur à des lois invariables, les unes d'existence; les autres de succession. Le domaine sacré devant être le plus modifiable, vu sa complication supérieure, les prolétaires accueilleront le fatalimie re^ latif qui consacre et dirige leurs meilleures aq[)iration6, naturellement hostiles au fatalisme absolu que dot d^^ bord suggérer le domaine profane.

Ainsi conduit à juger Taptitude socisUe de la synthèse

TB<»Sltai£ PARTIE. g»

relative, l'esfMrit populaire subira sans effort Tascendant organique du principe de l'Humanité, qui bientôt dissipera Tabsolutisme démagogique. Tendant à développer la généralité des pensées et la générosité des sentiments, Texistence prolétaire est la plus propre à faire dignement apprécier le Grand-Être, qui condense et consacre toutes les saines aspirations, puisque sa nature ne comporte que de dignes éléments préalablement épurés. En comparant la Priorité, le Public , et la Postérité, qui composent la trinité positive , le groupe le plus imparfait s'y relève d'après sa subordination nécessaire aux deux extrêmes, d'où dérivent la base et le but de sa propre activité. Malgré sa moindre perfection, l'être moyen participe à l'épuration caractéristique; il n'admet que les dignes membres de la population objective, et les range selon leur vraie valeur; dans les temps exceptionnels, la liaison de l'avenir au passé pourrait se concentrer chez une seule âme. La notion du Public, directement subordonnée à celle de l'Humanité , suffirait pour surmonter le dogme de la souveraineté populaire. Bientôt les vrais partisans du progrès social reconnaîtront que l'insurrection des vivants contre Tensemble des morts est contradictoire avec la digne pr^aration d'un avenir qui suppose le passé. Même il suffit d'invoquer Torigine historique du prolétariat moderne pour faire convenablement sentir, dans le cas le plus décisdf et le plus difficile, la corrélation nécessaire entre les deux éléments de la population subjective.

On ne doit pas craindre que Tavénement du principe de l'Humanité trouve, dans les &mes populaires, le grave obstacle qui résulte, chez les lettrés^ de l'éducation métaphysique et de rindividuaiisme i^ot^tant ouso^tique.

M APPEL km CMSBRTATBURS.

Les esprits mal cultivés , qaand le cœur est pen déve^ ioppé , sont aujourd'hui disposés à qualifier d'entité la coneeption du Grand-Être, faute d'avoir assez élaiu»'é le point de vue colleetif, interdit à la syntiièse absolue* Mais les prolétaires, outre leur aptitude spéciale eav^% la préparation générale que fournissent la Famille et la Patrie, sont directement poussés vers THumanité par l'homogénéité naturelle de leur existence sociale, qui déjà surmonte les diversités nationales.

Si leur esprit doit profondément accueillir la pbiloso^ phie positive, le cœur les dispose naturellement à la morale correspondante, tant privée que publiée, (m r ensemble de leurs aspirations se trouve irrévoeablemeat systématisé. La religion de THuaranité représente la régénération finale comme consistant à régler les forces spontanément résultées de révolution préparatoire. Cette appréciation sera facilement adoptée par ceux qui, souffrant le plus du mauvais emploi des moyens de tout genre, sont aussi les moins responsables d'im tel abus. Ils pourront bientôt sentir la connexité nécessaire, qui ne répugne qu^aux lettrés, entre la discipline et la eoaséeration. Plus aptes que leurs chefîB, tant spirituels que temporels, à développer la culture sympathique, qui lie le bonheur au perfectionnement, les prolétaires recon* naîtront, sous l'impulsion féminine , les avantages de la soumission et d'une digne irresponsabilité, seules gamities du plein essor de la vie domestique. Représentant la consolidation de la famille chez les travailleurs comme la meilleure base de l'ordre public , la religion positive dirigera la sollicitude civique des entrepreneur vei^s use telle destination, à la fds individuelle et collective. Dès lors, elle éi&p&$en> l#0 froidures à respeoter, rt même

TaOUIÈME PAB1IE. M

à «eeonder, les 1ms naturelles de la concentration dn commandement et de la richesse, au nom de leur efTicacité sociale. Quoique les trois instincts sympathiques doivent partout se développer simultanément, rattache*nadnt et la \rénération conviennent surtout aux âmes po*pulaires, en réservant aux chefs, théoriques et pratiqués, le principal essor du dévouement, qui suppose de gran* des forces.

Tandis que la religion positive doit ainsi rectifier, de cœur et d*esprit, l'appréciation de l'avenir normal , son influence se fera pareillement sentir envers la transition quMl exige aujourd'hui. Les vrais philosophes auront bientôt convaincu les dignes prolétaires combien il importe de renoncer, dans l'avénement des améliorations quelconques, à tout emploi d'une violence qui n*a jamais servi que des ambitions vicieuses. Aucun programme légitime ne pouvant être maintenant repoussé, toute la sollicitude des sages novateurs doit se diriger vers la libre élaboration d'une opinion publique, dont la suprématie se trouve déjà reconnue, et même invoquée, par les gouvernements occidentaux. Chaque appel à la force est directement contraire au régime fondé sur l'activité pacifique, et dans lequel la résistance devra toujours se borner au refus de concours, comme l'indiquent spontanément les moeurs industrielles. Quoique la modération populaire soit moins facile aujourd'hui que dans l'état normal, son importance est maintenant augmentée par le double besoin d'éviter des troubles qui disposent ^ rétrograder et d'élaborer un progrès, mental et moral , impossible sans le calme politique.

Ces divenies réactions du positivisme sur le principal éiiment du parti révc^tiûnnairesetrouverratgraduellef-

n APPJSL AUX GONSËaVATfiOB&«

mentseéondées, d'aprèslaconformitéDÀtureUe,demœars et même de situation, entre les philosophes et les {prolétaires. Vu Tabnégation fondamentale du clergé positif envers le commandement et la richesse, son existence, longtemps précaire, d'après les libres subsides émanés des vrais croyants, le fera spécialement sympathiser avec la vie populaire, sans altérer la dignité sacerdotale. Les prolétaires et les philosophes se trouveront ainsi conduits à mieux sentir leur concours nécessaire au but général de la réorganisation spirituelle : apprécier le mérite personnel à travers la position sociale, mais en respectant la hiérarchie des oflSces spéciaux. Un tel classement convient surtout aux plébéiens, dont les travaux laissent le cœur et Fesprit assez disponibles pour développer la valeur individuelle, dissimulée, chez les patriciens^ par rimportance des services. Mais le sacerdoce peut seql régler une tendance qui deviendrait aisément subversive : il est exclusivement apte h fournir les principes d^une appréciation destinée à perfectionna Tharmonie universelle diaprés un contraste continu.

L'aiBnité spontanée qui doit toujours seconder Tinfluence des philosophes sur les prolétaires, et surtout pendant la transition organique, se trouvera ^dalement prononcée au début, où Télimination des lettrés exigera plus d'efforts. Car, le positivisme, quoiqu'il doive finalement obtenir Tascendant politique, ne peut d'abord aspirer qu'à la prépondérance philosophique, jusqu'à ce que le sacerdoce de l'Humanité puisse avoir assez préparé l'opinion publique et régénéré les hommes d'État. Pendant ce préambule déciâf, tous les vrais serviteurs du Grand-Être, tant pratiques que théoriques, se tenant sdgneusement éloignés de toute domination

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