‹ Discours sur l'esprit positif (volume 2)Chapitre 24 sur 37 · TROISIÈME PARTIE, M · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE, M

temporelle, ils devront mieux obtenir du prolétariat une confiance spirituelle qu'il refusera de plus en plus à r ambition des lettrés.

Mais, quelle que soit l'aptitude directe du positivisme h rectifier les tendances populaires, il ne pourrait y suf-« fire sans une sage participation des conservateurs qui doivent continuer à gouverner jusqu'à ce que le sacer* doce ait suscité les chefs pratiques de la transition finale. La politique provisoire ne saurait se borner à maiatennr avec énergie Tordre matériel, ni même à seconder avec prudence le développement industriel. Ces deux conditions, dont les conservateurs empiriques ont assez senti la connexité, doivent être complétées par une troi* sième, non moins nécessaire, quoique plus méconnue jusqu'ici : respecter scrupuleusement le mouvement intellectuel, quelque déréglé qu'il devienne. Sans un tel complément, directement relatif à l'issue d'une révolution plus philosophique que politique, la transition organique ne pourrait jamais être assez instituée. Il est spécialement exigé par l'obligation universelle de proclamer, comme base nécessaire de l'ordre et du progrès, la séparation, d'abord spontanée, puis systématique, entre l'influence théorique et Tautorité pratique. Puisque les conservateurs reprochent, avec raison, aux révolutionnaires de chercher des remèdes politiques h des maux uniquement susceptibles de guérison morale, ils deviennent inconséquents en refusant le libre essor de la solution spirituelle. Une telle contradiction n'aboutit qu'à seconder l'ambition subversive des lettrés , seuls adversaires réels de la séparation normale entre le comman* dément et le conseil.

Rien ne justifie le pouvoir temporel de comprimer la

M APPEL Atni COffSÉnVATEURS.

Mter téii*ej(pOBition et même de Hê^mâM^ difj^ que les dangers qu'elle suscite en un temps d'anordiie n)en^ taie et morale peuvent être assez surtâontés par le pmi* voir spirituel, d'après une dooUlnè complète et dérâsive. Quoique le sacerdoce positif reste encore réduit à son fonditeur^ il peut d^à remplir un office dont les cou* ditiws fondamentates sont entièrement satisfaites. Son extension doit naturellement résulter du développemeilt lie ce service^ qui suppose le Hbre cours de la maliKliê, essentiellement inteUectuelle4 que la religion unirersette est maintenant desUnée à guérir» pour inaugurer le règne é» rHumanité. Toutes les divagations théoriques doivent pouvoir se produire sans obstacles, sauf la répression spéciale des perturbations pratiques qu'elles susciteraient* Mieux on apprécie le besoin d'une âisci^piine spirituelle» plus oti dcit sentiir Timpc^lance d'une liberté nécessaire à son avénemeni, soit pdur dt^ aux anarchistes le prestige de la persécution $ Sôit afin de prouver au peuple que les bases de la société ne redou>tefii aucun examen.

tJns telle ëdndiMon ne sera bien fémpfig qu'en réduisant toute la police de la presse à la stri<^e obligatiM de lAigrm m écrit qoi^conque, plus l'indlMtiofl du d&mi^ die dé l^autitt-f avec la date et le lieu de sa âftiSMiiCê. La responsabilité personnelle n'étant jatâidë coAtestable, la législation pi^ut être sévère contre quiconque rôudf ait 1^ éluder; malgré l'anarchie actuelle, les mo^rs occfdentalesf surtout diest les prolétaires^ seconderont toujours, à est égard, la sollicitude officielle.

Pour compléter TiMtallation de la liberté sj^ritudle, sans laquelle la révolution moderne ne saurait se t^miner^ il faut que les conservateurs ôtent autant aux onto-

logistés qu'aux théologieted la pfébidâncé éé VééuoBtàoa universelle, en éuppriiddant tout budget théorique» Quoi» qttè celui du cfttholidsme soit le plus onéreia^ il n'est pte le plus niiteiblei eou abolition, oi^eBsus motivée^ serait tioû moins insuffisante qu^lnjuste^ si les métaphy-* aicietls, et mémo les savants^ gai'daieâtlèWB subrentieBS officielles. Le dernier chapitre de ma P^lUkfUé poiiti»8 expliqué l'ensemble de» mesures qu^ exige la triple éman* ôipatlon^ Boit pour indemniser les personses, soit afin de remplacer les services, suivant les modes propres à Ift transition organique. 6i le sacerdoce apte à terminer la révolution doit longtemps rester dâpoifirvu de tout âubside ofiteieU les doctrines qui tendent à la perpé^ taér ne sauraient conserver leurs budgets sans une in-** conséquence aussi nuisible & Tordre qu'au prôgrèSé 11 faut espén^ que les hommes d'État Sentiront bientôt la contradiction qu'ils i»résentent quand ils déplorent rinfluence des lettrés^ tout en protégeant des classes que la liberté rendrait bientôt impuissantes* Je ne dois pas négliger d'étendre spécialement cette appréciaticm jus^ qu'aux corporations scientifiques» dont le budget^ quoique le mmns dispendieux» est» au fond^ le plus perni«« cieux, parce qu'il entretient unedégénâraticm directement nuisible à la source théorique de la réorganisation oo cidentale« Également anarchiques et rétrc^rades» ces corps» heureusement détruits par l'ébranlement français» ont assez prouvé» depuis leur restauration» combien fut sage» quoique empirique» leur première abolition » quand il& avaient déjà rempli leur dfice passager.

Je n'aurais point assez caractérisé la conduite des nispogmons conservateurs envers les révolutioânaires si son appré-* *^ ^***®^* ciation générale n'était pas suivie» comme pour les ré-

M APPEL MIS GOHfiiftTAXBIJRS.

trogradeB, de rindication des dtepositims Bpécicdes qui doiv^t compléter une telle politique. Les deux modes cmmexes de ce c(Huplément exigent d'abord une commune explication, quant à la modification nécessaire du vote universel qui constitue la consécration officielle de la maladie occidentale. Quoiqu'il importe de restreindre» autant que possible, un usage toujours subversif, il ne saurait entièrement cesser que quand la réorganisation spirituelle aura transformé Tétat anornuLl dont il fomnit le symptôme légal.

Néanmoins, sans attendre Tavénement direct de la sociocratie, on peut mamten wt faciliter la prépi^ation qu'il exige en apportant au vote deux modifications générales, qui seront bientôt acceptées par tous les dignes démocrates. La première consiste dans Tentière publicité des suffrages,^ afin d'assurer une responsabilité que les âmes corrompues ^u timides peuvent seules refuser. Secondement, il faut autoriser la libre délégation de chaque vote, pour que l'influence officielle se proportionne à l'ascendant réel.

La moralité des suffrages et leur concentration graduelle étant ainsi garanties, l'état démocratique se trouvera bientôt modifia de noanière à permettre les deux développements connexes qui doivent caractériser la conduite des conservateurs envers les révolutionnaires.

i" Système d'épuraiion. Dès son| début, au quatorzième siècle, la révolution occidentale fit spontanément surgir une distinction, de plus en plus marquée dans tout son cours, entre les deux écoles qui concoururent au mouvement moderne, l'une par la liberté, l'auti^e pour l'égalité. Leur incompatibilité se trouva dissimulée tant que le progrès politique dut surtout consister à dé-

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