II
L’art est long, très-long, Messieurs, parce qu’il recommence pour chacun de ceux qui l’étudient avec un succès proportionné à ses facultés , et relatif aux circonstances dans lesquelles il se trouve placé. C’est donc avec raison qu’Hippocrate commence ses Aphorismes révérés de tous les siècles, en proclamant l’étendue de Tart, ars lojiga , la brièveté de la vie,i>ûa hrevis y l’impuissance de nos facultés, judicmm difficile, experimentum pericidosum. En'
effet , chacun de nous , échappé des bancs d’une Facttké et de la tutelle d’un maître , observe dans la sphère de son activité : malheur a celui qui n’en sort jamais pour entrer dans celle des autres ; en comparant ses observations aux leurs , il risque de généraliser des faits qui ne sont que particuliers , et de faire reposer toute sa doctrine, et, qui pis. est, toute sa pratique, sur des suppositions purement chimériques , qui le resserrent et l’arrêtent dans le cercle étroit de ses conceptions particulières ; heureuse encore la société , lorsque la vanité de quelques idées prétendues nouvelles et un entêtemem opiniâtre ne rendent pas incurables ces sortes de mélancolies médicales.