‹ Discours sur l'étude et les progrès de diverses branches des sciences médicales. [Discours prononcé dans la séance publique de la Faculté de Médecine de Montpellier, du 23 novembre 1820]Chapitre 2 sur 2 · Affections de l’arachnoïde · texte numérisé non relu

Affections de l’arachnoïde

3.° Affections du cerveau et de l’arachnoïde compliquées entr’elles \

4*° Maladies de la moelle vertébrale et de ses membranes.

Dans ce cadre étendu, il n’a point négligé deludier l’influence réci-& proque des maladies des divers organes du corps entier, les unes sur les antres , de manière à établir les bases du traitement.

Les maladies épidémiques et contagieuses auxquelles les médecins s’exposent courageusement , sont, parla répétition et la fréquence des mêmes formes sous lesquelles elles se reproduisent , aussi essentielles à observer pour s’opposer à leur naissance, que pour diminuer leurs ravages quand elles se déclarent.

Ces maladies font aujourd’hui , plus que jamais , le sujet des discussions qui portent par degrés la lumière sur les causes et sur la véritable nature de tant de détériorations de l’organisme , qui font l’objet de la pathologie.

On met en doute si les maladies regardées généralement comme contagieuses le sont réellement ; et, sans en nier les dangers , les médecins, jaloux de servir i’iiumanité et de repousser des craintes qui peuvent être mal fondées , cherchent à déterminer quels sont les véritables caractères contagieux des maladies épidémiques les plus meurtrières, telles que la peste et la fièvre jaune.

Les distinctions qui commencent à être reçues sur les différens modes de propagation de l’essence de ces maladies , par contagion ou par infection , tourneront certainement à l’avantage de la société.

La fièvre jaune , maladie si meurtrière , a fréquemment régné aux États-Unis , et il est rare , aujourd'hui , qu’il n’en paraisse pas quelques cas sporadiques presque chaque année dans les principales villes maritimes. Cette maladie parut en 1791, à New-York , en attaquant d’abord les liabiians d’un quartier bas et mal aéré ; elle a été plusieurs fois , depuis 1732, observée à Charleston $ elle se déclara avec violence à Philadelphie en 1790, et à New-York en 1795. Une foule de détails qui la concernent se trouvent dans les relations de ces fièvres, par M. Devèze, ancien chirurgien du Cap-Français (1 ) ,

(1) Voyez Traité de la fièvre jaune, par Jean Devèze, docteur en médecine de la Faculté de Paris. Paris, 1820»

par Rush, professeur à l’Université de Pensylvanie (i) , et dans un écrit du docteur Bayley , de New-York, en 1790 (2), Les Français résidant à Philadelphie, et la plupart habitués au climat des Antilles, résistèrent à la frayeur que causa d’abord cette maladie ; ils la considéraient comme un fléau dépendant plutôt de la nature du climat que du transport d’un principe contagieux. C’est au sujet de la fièvre jaune que commença à s’établir , aux États-Unis, la distinction des maladies susceptibles d’être propagées , les unes par contagion , les autres par infection. Il suffirait , pour prouver que cette distinction a été puisée dans la langue anglaise , de faire remarquer que les mots infection et contagion sont synonymes dans cette langue ; et comme elle ne possède pas plus que les autres langues des synonymes parfaits, on a restreint, par degrés , le nom de contagion aux maladies transportables d’individus à individus par contact , soit médiat , soit direct des personnes , ou par inoculation d'un virus ; tandis que l’on a appelé du terme de maladie par infection , celles produites par les émanations putrides des substances végétales ou animales en décomposition , et qui , assure t-on , ne être transportées d’individus à individus par aucune adhérence des émanations dont peuvent être imprégnées les personnes on les choses qui sortent du foyer de corruption. Il s’ensuit que , dans l’infection , la maladie , hors du foyer de putridité , s’éteint avec ou sur les personnes qui en sont sorties infectées ; tandis que , dans la contagion , les hardes des malades , les marchandises , et à plus forte raison les personnes elles-mêmes chargées des miasmes de la maladie , la communiquent hors du foyer où est né le germe de cette contagion. Il est difficile de ne point citer l’École de Mont-

(1) Voyez les œuvres de Rush intitulées : Medical in qui ries and observa** lions h j Benjamin Rush , M. D. Prof essor in the university of Pennsylvania s 4 vol. 8.0 Philadelphia y 1 8o5.

(2) An account of the épidémie feve.r winch prevailcd in the cily of New-York du ring part of the summer and fait 0/1795, By Richard Bayley > ]$ew- York } 1 79 6.

peuvent

pellier , lorsqu’il s’agit de travaux importans sur les parties de la médecine que l’expérience peut éclairer le plus. Il résulte deâ argumens solides établis par feu le professeur Berthe , que la propagation de la fièvre jaune , telle qu elle régna dans l’Andalousie en 1800, doit être attribuée à la contagion. A l’occasion de cette fièvre , le Gouvernement français fit choix de plusieurs Professeurs de l’Ecole de Montpellier, et en composa une Commission pour aller en Andalousie examiner la nature et les causes de la maladie qui s’y était déclarée, pour en déterminer le traitement, et faire connaître les moyens les plus propres à maintenir la salubrité publique.

Le Précis historique de la maladie qui régna dans l’Andalousie, par feu M. Berthe , est le fruit des observations que recueillit la Commission , composée de ce Professeur , et de deux de ses collègues MM.Lafabrie et Broussônnet (1). Dans cette circonstance, déjà féconde en résultats , parut le Mémoire sur la contagion de la fièvre jaune , par M. Caizergues , Pun des trois secrétaires adjoints à la Commission, et qui établit les preuves de la contagion , c'est-à-dire , du transport de la maladie hors des lieux où règne un air putride et qui ont pu l’engendrer une première fois (2).

Cependant, l’opinion presque unanime des médecins Américains, est que la fièvre janne se répand par infection et non par contagion.

En vain lira-t-on que les mesures à l’aide desquelles on parvint à éteindre la fièvre jaune en Andalousie et à en préserver le reste de l’Espagne , furent prises en imitation de celles qui réussissent contre la peste , maladie si fatale , et dont le virus présente des analogies avec celui de la fièvre jaune ; on ne se convaincra pas universellement de la nature tout-à-fait contagieuse de ces deux

(1) Voyez le Précis delà maladie qui a régné dans l’Andalousie, en 1800, par J. N. Berthe , Professeur de l’École de Médecine de Montpellier. 1 vol* 8.° , à Paris et à Montpellier. An XI. = 1802.

(1) Voyez le Mémoire sur la contagion de la fièvre jaune, par F. C* Caizergues , D. M. , 1 vol. in-8.°, à Paris et à Montpellier, 1817.

maladies. Bien pins , d’habiles médecins nient absolument la contagion de l’une et de l’autre de ces maladies, et reconnaissent également , dans toutes deux , l’infection , qu’ils ne définissent point tous d’ailleurs d’une manière uniforme et satisfaisante. Quelques - uns pensent que la nature de ces épidémies a pu varier suivant les cas , au point de se montrer sous les différentes formes de contagion ou d’infection qui ont servi de base à l’opinion que chacun a adoptée en diiférens temps. Habitué à vivre, l’espace de quatre années, dans lune ou l’autre des principales villes des Etats-Unis, ou presque chaque année la fièvre jaune a paru sporadiquement, et étant surtout précisément arrivé a New-York dans l’automne de i8o3, époque à laquelle la fièvre jaune venait de faire déserter la ville d’une grande partie de ses habitans , je fus surpris de voir les médecins nier la contagion de la maladie ; ils me semblaient se contredire par le fut, en me recommandant tous également, avec les personnes que je voyais dans la ville, de ne point fréquenter les quartiers où dominait la maladie. Le docteur Hosack, professeur de l’Université de New-York, regardait la fièvre jaune comme contagieuse (À(r) )* J’étais souvent questionné sur* les mesures préservatrices que j’avais pu prendre en Egypte dans les temps de peste.

Tous les faits que je citais , comme établissant la contagion ^ étaient rejetés comme insufifisans pour en démontrer l'évidence, et n’étaient attribués qu’à l’infection telle que je fai pu définir, après que le temps et la réflexion m’en ont eu donné une idée assez précise»

Les médecins de l’armée d’Egypte, et, à leur tête, M. Desgeuettes , visitaient^ les malades atteints de la peste , et retournaient chaque jour dans le cercle de leurs amis , sans leur communiquer la maladie» Le docteur Desge nettes , « pour rassurer les imaginations et le coûte rage ébranlé de l’armée, au milieu de l’hôpital de St. -Jean d’Aere, » trempa une lancette dans le pus d’un bubon appartenant à uiï « convalescent , atteint de la maladie au premier degré , et se fit une « légère piqûre dans l’aîne et au voisinage de Faisselle, sans prendre

(i) Voyez les notes rapportées à k lia de ce Discours»

<t d’autre précaution que celle de se laver avec de l’eau et du savon « qui lui furent offerts- Il eut, pendant plus de trois semaines , deux « petits points d’inflammation correspondans aux deux piqûres..... ..

« Cette expérience incomplète , dit M. Desgenettes, n’infirme point « la transmission de la contagion démontrée par mille exemples; « elle fait seulement voir que les conditions nécessaires pour qu’elle « ait lieu , ne sont pas bien déterminées » (i).

J’ai été témoin des soins que donna M. Desgenettes à deux personnes de la commission des sciences et arts d’Egypte ; l’une , M. Chain py qui en mourut , et l’autre , M. Pottier qui en fut guéri.

Lorsque les membres de la commission sortirent du Caire pour se retirer à Alexandrie , ils se séparèrent de l’un d’eux , M. Coquebert , avec lequel iis avaient communiqué; celui ci était malade de la peste, et il succomba peu après. M. Le Rouge , atteint de la même maladie et qui les accompagna , mourut au milieu du voyage , sans communiquer la maladie à personne : elle était cependant tellement grave chez lui, qu’au rapport de M. Fourrier qui l’approcha, il découvrait son corps couvert de taches noires , et annonçait luimême qu’il allait périr. Dans tous ces cas , on ne peut inférer d’autre cause de la propagation de la maladie , que celle que l’on désigne sous le nom d’infection. Les faits admis comme les plus concluons , parmi plusieurs médecins, pour prouver la conîagion de la peste et de la fièvre jaune, ne donnent, suivant d’autres, que la certitude de l’existence d’un virus transmissible par inoculation et par infection. On compte aujourd’hui plusieurs exemples de médecins intrépides qui , depuis M. Desgenettes , se sont inoculéf la peste

pour en apprécier les effets , et qui les ont éprouvés à leur plus haut degré, tellement que l’un d’eux, le docteur White, de l’armée anglaise devant Aboukir, fut pris de la maladie quatre jours après se l’être inoculée au poignet et s’être frotté du pus d’un bubon pestilentiel , ce qui causa rapidement sa mort. Le docteur Vaily ,

” ( i ) Histoire médicale de l’armée d’Orient , par le médecin en chef R. De sgenettes ; part. i.re , pag- 88 , Paris ? an X — 1802.

iB

€|ui consacra son existence à des expériences répétées d’inoculations de virus contagieux , pour essayer d'en neutraliser lés effets , contracta deux fois la peste en Orient , dont les effets l'accablèrent au point de lui faire perdre une portion de l’un des talons ulcéré. 11 ne renonça pas à ses épreuves , et alla périr victime de son zèle , à la Havanne où il se frotta le corps , à son arrivée , avec les vètemens de matelots morts de la fièvre jaune. Les détails de cette scène de dévouement à la mort nous effraient. Quel plus grand sacrifice pouvait-on exiger de la part de ce généreux philanthrope, que d’avoir affronté si souvent la douleur de plusieurs inoculations et de plusieurs convalescences. Vally n'était soutenu que par l’espoir de reculer les bornes de l’Art , s'il fut parvenu à démontrer l’efficacité des remèdes expérimentés sur lui-même (i).

Aujourd’hui , les débats entre les médecins , sur la question de la contagion et de l’infection des maladies , sont à leur comble, il ne manque aux expériences que j’ai rapportées * que d’avoir été faites loin du foyer de l’infection , pour détruire les objections sans cesse renaissantes des médecins qui nient la contagion.

Ce sont des expériences sur le même sujet , à faire dans les lazarets , que propose aujourd’hui au Gouvernement , M. Devèze , médecin infatigable , qui a laissé aux États-Unis un nom glorieux par ses soins , dans l’épidémie de 1798. Sa demande, accueillie par l'Académie des Sciences, est parvenue au Ministre de l’intérieur, avec la recommandation de M. Hyde-Neuville , homme cFEtat distingué , ambassadeur au Brésil , et dont le savoir s’est éclairé de lumières acquises sur la fièvre jaune , pendant une résidence de sept années dans l’Amérique septentrionale.

Nous pouvons donc espérer de voir résoudre , de nos jours , une question long-temps débattue, propre à déterminer l’étendue des

(1) Voyez l’éloge d’Eusèbe Vally, par M. Caillau , Secrétaire-général àe la Société Royale de Médecine de Bordeaux , inséré dans les Annales Cliniques de la Société de Médecine - pratique de Montpellier, Gabier de novembre et décembre 1818 , pag. 281 et suiv.

précautions que Fa réflexion et la prudence, et non îa frayeur* doivent dicter contre la propagation des maladies nommées contagieuses. Aguerris contre les dangers , les médecins de tous pays ont envisagé le mal , et en ont avancé la cure par le traitement antiphlogistique reconnu le meilleur.

De funestes épidémies , si elles venaient à reparaître , ne présenteraient plus , comme à l’époque de la peste de Londres , des* milliers de serviteurs chassés hors des maisons, errans, repoussés même des villages environnons , à une époque oti la frayeur faisait reculer les hommes à l’aspect les uns des autres. Déjà , aux temps de ces désastres , des médecins illustres et des hommes supérieurs par leur rang et par l’élévation de leur âme , l Évêque de Marseille *, et le Lord Maire de Londres * se consacrèrent aux soins des pestiférés, et par leurs efforts ils parvinrent à ravir à la mort une parlie de la population. Leur noble exemple trouverait aujourd’hui de dignes imitateurs.

Les différentes voies par lesquelles le corps est susceptible de contracter la contagion ou un principe de maladie , sont aussi celles par lesquelles l’administration des médicamens peut être variée lorsque les organes l’exigent.

C’est une découverte utile et récente que celle de l’ernploi du maria le d’or , d’après le procédé du docteur Chrestieii (i) , pour imiter celui de Clarke, relatif aux frictions du mercure doux dans la bouche* La préparation délicate du muriate d’or atteste aussi le degré de perfection de la Chimie-pratique entre les mains des Pharmaciens de Montpellier (2).

(1) Le titre de l’ouvrage est: De la méthode latraleptique , ou Obser¬

vations pratiques sur l’efficacité des remèdes administrés par la voie de l’absorption cutanée, dans le traitement de plusieurs maladies internes et externes , et sur un nouveau remède dans le traitement des maladies vénériennes et lymphatiques 5 par J. A. Chrestien. Paris, 18 11. 1 vol. 111-8.°* 3.e éd. /

(2) Voyez Observations sur les préparations dfor ; propose'es par M*

Tiff cours que suivent les particules absorbées pou* se mêler a nos humeurs et agir sur nos solides , sera souvent un objet de contestation auquel des expériences positives pourront seules répondre.

John H noter , Gruiekshank et Mascagny , sont les autorités les plus grandes pour faire admettre l’unique voie d’absorption par les vaisseaux lymphatiques. Cependant, quelques-unes des assertions de Hunter peu fondées , et les résultats d’expériences nouvelles (B) , mènent à des conclusions opposées. Nombre d'expériences prouvent l’absorption par les veines , et, dans le grand nombre de celles qui ont été faites , je ne rapporterai que les plus évidentes.

MM. Fr. Tudemann, professeur d’Anatomle, et Léopold Gonelin, professeur de Chimie , à Heidelberg en Bavière , ont introduit les substances les plus colorantes et les plus odoriférantes dans les estomacs d’animaux. La rhubarbe et la garance , très -faciles à reconnaître au moyen des agens chimiques, et plusieurs autres substances, ïi’ont jamais communiqué de couleur au chyle du conduit thoracique ; tandis que les traces de la matière colorante de la rhubarbe, au moyen des agens chimiques , ont été trouvées dans le sérum du sang (i).

J’insisterais moins sur ces expériences, si je ne pouvais les appuyer par des faits que j’ai moi-même expérimentés , et aussi par quelques-uns dont M. Magendie , habile Physiologiste, a entretenu trèsrécemment l’Académie Royale des Sciences.

On reconnaît que les substances colorées injectées dans le tissu cellulaire sous-cutané , ou dans les grandes cavités membraneuses , sc répandent dans tous les tissus environnans qui en paraissent teints

Chrestien; par feu M. Figuier , Professeur à l’École spéciale de Pharmacie de Montpellier, dans le bulletin de Pharmacie , Cahier de mars 1811.

El Procédé pour obtenir le muriate trisule d’or et de soude cristallisé $ par M. Figuier, pharmacien , à Montpellier, dans le Journal de Pharmacie, Cahier de février 1820.

(ij Extrait d’une note qui m’a été communiquée par nion ami M. Breschet, chef des travaux anatomiques de là Faculté de Médecine de Paris.

jusqu’à répaîssetir de plusieurs lignes , d’où la matière colorante est expulsée ensuite , sans parcourir le canal thoracique ou réservoir des absorbans.

Les veines , les canaux sécréteurs des veines et ceux du foie , sont les voies par lesquelles le système se délivre de ces matières étrangères ; il est vrai que toutes les substances colorantes ne sont point pompées et enlevées par les veines d’une manière sensible. J’ai éprouvé que le suc des fruits du Phy toiacca (C) dont la couleur pourpre-violette est l’une des plus brillantes de la nature, teignait plus profondément qu’aucune autre , soit la plèvre et le tissu cellulaire environnant , soit le tissu même des intestins, et passait par les reins et les uretères jusqu’à la vessie , en conservant la teinte violette du vin. Le chyle du canal thoracique , dans cette expérience , n’est nullement altéré, quant à l’apparence lactée qui lui est propre.

La considération de la teinture que ces substances colorées communiquent aux tissus , n’est que très-secondaire dans le travail fort curieux de l\I. Magendie. Il a pour objet d’établir que l’absorption se fait en raison directe du rétrécissement qui rapproche les vaisseaux de la capillarité , et qu’elle n’a point lieu lors de la grande distension de ces vaisseaux. îl en déduit l’explication de Futilité des saignées r dans les cas de congestions séreuses , et F efficacité de toutes sortes de remèdes dont on fait précéder l’usage par celui des dépléiifs.

L’absorption cutanée reconnue par les frictions de mercure , celles de l’émétique (D) , et Fusage de l’emplâtre sédatif de thériaque ou d’opium , est sur-tout prouvée par les matières colorantes. Ce sujet a été approfondi expérimentalement, à Philadelphie , par de jeunes médecins qui, après avoir pris des bains , soit locaux, soit généraux ? d’infusion de garance , ont trouvé que la matière colorante absorbée et charriée dans la circulation s’évacuait par le secours des reins et de la vessie (E).

L’analogie fait penser que le même phénomène doit se reproduire sur les animaux, qui transpirent par la surface extérieure du corps ; mars on ne 1 obtient point en faisant baigner dans la teinture de garance des animaux qui ne transpirent point ? et chez lesquels Fexha-

If

lation pulmonaire supplée à cette fonction de la peau. La matière colorante de la rhubarbe et de la garance n’a d’autre voie , chez plusieurs animaux soumis aux expériences , que celles du système sanguin, et celle des reins et de la vessie , pour passer du canal intestinal hors des voies sécrétoires*

L’action du principe colorant de la garance se porte aussi beaucoup sur la bile , ce que la physiologie explique facilement au moyen du retour du Sang des intestins dans le torrent de la circulation à travers le foie qui élabore la bile. L’action de la garance sur les os persiste uniquement dans leur substance calcaire , les pénètre dans toute leur épaisseur , et s’y dépose ou est enlevée en proportion de la continuation ou de la privation d’alimens auxquels est mêlée la garance. Jamais elle ne colore le chyle ni le lait sur un chien ou sur une chienne, mais elle colore quelquefois le lait des vaches , comme on Va remarqué à la manufacture de Jouy , lorsque les vaches avaient brouté le fourrage recouvert du résidu des cuves de garance.

Personne n’a contesté l’utilité des expériences faites sur les animaux, pour en déduire des conséquences propres à servira la gué>rison des maux chez l'homme. Plusieurs fois la médecine vétérinaire* nous a éclairés sur remploi des rnédicamens efficaces contre les maladies internes , ou contre les ravages des plaies extérieures^

A ce sujet , je citerai remploi intérieur de la térébenthine , du sulfate de fer , et l’application des sétons , du feu r de l’acide sulfurique et de divers escarrotiques. On sait que les animaux , par l’abondance des sucs des plantes printanières , sont débarrassés de certains calculs biliaires que l’on attribue aux fourrages secs et grossiers de l’hiver. On s’est fondé avec raison sur cette observation , pour administrer aux personnes atteintes d’obstructions et d’engorgemens des viscères, une diète végétale et des sucs d’herbes convenables.

Peu de parties de la Chirurgie-pratique ont fait plus de progrès que l’opération des anévrismes. Ces maladies consistent dans la division ou la simple distension des canaux artériels ., d’où résultent les tumeurs sanguines les plus dangereuses. Souvent ces tumeurs accompagnent des plaies pénétrantes jusque dans le tisssu même des parois

artérielles. Ces parois étant blessées et ouvertes , laissent pénétrer le sang dans le tissu cellulaire des parties environnantes. Quelquefois aussi les tuniques artérielles sont simplement déchirées ou distendues par suite de violentes contusions sur un membre. On a nommé anévrismes vrais, les seules tumeurs artérielles produites par la distension des tuniques , et anévrismes faux , celles produites par le déchirement ou la coupure accidentelle de ces tuniques. Ces dénominations ne pèchent pas moins dans le langage ordinairement correct de la Chirurgie , que tant d'autres dénominations arbitraires , usitées en diverses branches des sciences naturelles , et qu’une étude approfondie fait corriger chaque jour.

Les anévrismes vrais ou faux réclament le même traitement , et se reconnaissent aux pulsations isochrones à celles du cœur et des artères. Le danger de ces tumeurs est occasionné par les efforts continuels que l’impulsion du sang dirige contre les parois qui le retien*nent , et qu’il tend sans cesse à écarter et à rompre.

Le mode opératoire consiste principalement , pour les anévrismes de l’une ou de l’autre espèce , à interrompre , par une ligature , le cours du sang pour empêcher qu’il n’arrive à la tumeur et pour en obtenir la cure, en la laissant se réduire et disparaître par degrés.

Les méthodes d’opérer cette ligature sont très-variées, et le choix dépend de la sagacité du chirurgien. Le professeur Philippe Ucceîli de Florence (i) , dans un cas d’anévrisme , commença, avant tout, par agir sur un animai , et lier l’artère crurale d’un mouton , pour essayer le mode opératoire qui devait être pratiqué sur un homme, et qui ; non suffisamment expérimenté , paraissait cependant supérieur à un autre mode plus en usage. Il s’agissait de reconnaître l’effet plus ou moins prompt de la ligature capable d’oblitérer le tube artériel , sans que cette ligature y fut demeurée pendant assez de temps' pour tomber d’elle-même, comme il arrive dans les méthodes

(i ) Voyez le Journal universel des Sciences médicales , Cahier de Décembre 1820 , tome XX , page 33o.

de lier les artères lors clés amputations. La ligature , faite suis l’artère crurale d’un mouton, fut retirée au bout de trois jours, et, cinq jours plus tard , le mouton ayant été tué , on observa que les parois artérielles avaient été soudées à l’endroit de la ligature.

Les expérimentateurs furent dès-lors convaincus que le procédé qu’ils venaient de tenter d’après les observations de Scarpa , ainsi confirmées , pouvait être pratiqué avec succès. On fit par le même procédé cette opération , avec les précautions et les soins nécessaires , sur un malade qui portait une tumeur anévrismale au jarret. La ligature de l’artère crurale fut faite et retirée quatre jours après. On continua de soigner le malade qui allait bien , lorsque la corn- .plication de plusieurs maladies le fit succomber vingt - sept jours après l’opération. On reconnut, à l’ouverture du corps, une maladie générale des artères ; mais l’affection locale contre laquelle l’opération avait été spécialement dirigée montra les résultats semblables , c’est-à-dire, l’oblitération du canal artériel par la simple pression de la ligature pendant seulement quatre jours.

Ce n’est point ici le lien de discuter l’avantage ou les défauts des procédés opératoires des anévrismes ; il suffit de proclamer que la Chirurgie a fait, sous ce rapport, les plus grands progrès, attestés par ïe succès complet d’opérations d’anévrisme des artères carotides et inguinales, qui précédemment étaient regardées comme au-dessus de la puissance de l’art. Le cas particulier que j’ai cité n’est que pour choisir une preuve , entre beaucoup d’autres, de l’utilité des expériences sur les animaux , quoiqu’elles soient pénibles et qu elles doivent toujours être rares.

On cherche utilement , dans les relations des voyages , l’histoire des médicamens tirés des pays lointains.

Le voyageur Kempfer , médecin d une ambassade Hollandaise au Japon , fit connaître l’espèce de laurier qui produit le camphre si employé en médecine. Après avoir décrit cet arbre , il indique que l’extraclion du camphre se fait dans plusieurs lies , et dans une des provinces du Japon, par sublimation, dans des vases de fer couverts de chapiteaux de terre. On remplit les récipiens des mo *~r

céaiix déracinés ef débranchés du camphrief , mêlés arec de l’eaü',' et on les distille jusqu’à ce qu’on obtienne le camphre qui se fixe à des pailles qui remplissent les chapiteaux. Cet ancien observateur ajoute , qu’un autre camphre rare et précieux , en morceaux Cristallins naturels , est le produit d’un arbre de Sumatra et de Bornéo, différent des lauriers (i).

Roxburg , médecin de la Société de Calcutta , fit , pour se procurer cet arbre , des recherchés qui furent continuées par M. Colebrooke , Président de cette Société. Ce savant a obtenu de Sumatra les graines de l’arbre qui y donne le camphre , et a reconnu qu’elles appartenaient à l’espèce de fruit appelé par Gaertner fils , Dryoba îanops aromatica et Pterygium teres , par M. Corréa ( Voy. les Annales du Muséum d’Histoire naturelle). Gaertner avait vu ce fruit à Londres, dans la collection de sir Joseph Banks, où l’on supposait qu’il venait de Ceylan, et qu’il produisait la cannelle , comme l’a écrit Gaertner fils; mais ce fruit n’est nullement celui d’un arbre qui donne la cannelle produite réellement par le Laurus Cinnamomum.

Le nouveau genre Dryobalanops est caractérisé par son fruit , qui est une capsule su père monosperme, uniloculaire et à trois valves, dontl’embryon est renversé, sans endospernie. La capsule est retenue, à sa base, dans un calice monophylle , persistant, à cinq divisions qui deviennent des ailes écartées recourbées.

L’arbre , qui jusqu’ici n’a été obtenu, à Calcutta, que de graine, est fort petit , a des feuilles entières ovales , aiguës ; il croît au nord de Sumatra , sur une étendue de deux cent cinquante milles. C’est un des plus grands arbres de cette côte ; il acquiert six et sept pieds de diamètre , et peut donner du camphre lorsque le tronc n’est encore épais que de deux pieds à deux pieds et demi.

Les gens occupés à la récolte de ce camphre vont dans les bois faire des entailles aux arbres camphriers , jusqu’à ce qu’ils découvrent le camphre fluide à l’état d’huile , ou entièrement formé et concret dans le cœur des arbres ; ils mutilent quantité d’arbres pour cette

(i) Koempferi 9 amœnitates eocoticœ , pag. ^^3.

découverte ; et lorsqu’ils sont parvenus à un arbre productif , ih en retirent î’huile par une petite ouverture , ou abattent l’arbre et le coupent par tronçons pour avoir le camphre concret ; ils le trouvent clans des cavités, d'une largeur assez grande pour admettre le bras d’un homme ? qui répondent à la trace du canal médullaire. Un arbre de moyenne taille produit environ onze livres de camphre ou le double sur de gros arbres (i).

On compare ordinairement l’action du camphre à celle de l’opium, et l’on insiste trop sur la ressemblance qu’il peut y avoir dans l’action de ces deux médicamens. Le camphre excite une contraction et des secousses violentes des muscles ; cette contraction se renouvelle par attaques ; une forte agitation et de grands mouvemens des membres succèdent à l’invasion des attaques.

L’opium produit des effets contraires ; il engourdit , il cause une ivresse pendant laquelle le système musculaire est très - relâché ; il procure un état de stupeur qui laisse long-temps le corps sans mouvement. Cette différence de l’action du camphre et de celle de l’opium dans les voies digestives et à haute dosé chez les animaux, est plus frappante encore lorsque l’on introduit , même à petite dose , ces substances dans les canaux immédiats de la circulation.

L’opium injecté dans une veine assoupit à l’instant un animal. Le corps demeure souple si on le soulève. Les seuls mou vemens que cause l’opium , et que l’on appelle quelquefois convulsions , ne diffèrent point de ceux qui se manifestent chez les animaux près de périr , et chez lesquels le cerveau , trop faiblement excité , ne coordonne plus l’action volontaire des muscles.

Le camphre réveille par accès l’action musculaire , elle devient susceptible de se renouveler avec énergie pendant des attaques consécutives.

J’ai tenu pendant plusieurs jours un animal engourdi toutes les fois que je renfermais de l’opium sec* en poudre ou en morceaux *

{i) Extrait de Asiaück resçarchçs printed at Calcutta , U KII} p . (>35#

dans une plaie profonde qui avait été faite à la partie latérale du cou. Ce topique rendait la plaie livide et arrêtait la suppuration. L’application du camphre , au lieu d’opium , rendait celte plaie vermeille ; mais le camphre ne s’absorbait point et ne produisait qu’un effet local.

Je me suis borné à quelques expériences , qui , réunies à celles Variées consignées dans les ouvrages de matière médicale , seront propres à faire reconnaître les effets qui dépendent réellement de Faction de l’une ou de l’autre des deux substances médicamenteuses végétales dont je viens de parler.

La Botanique , si souvent auxiliaire de la Médecine , ne s’est jamais exilée des bords de la Médite rrannée. Théophraste , disciple d’Aristote , en posa les premiers fondemens dans la Grèce , d’où

elle vint accompagner la Médecine , en France , à l’ombre des

oliviers, précieux jadis pour Athènes, et qui entourent ici cette École , nouveau temple d’Hippocrate (i).

Après la renaissance des lettres, nous voyons sortir de Montpellier les auteurs qui , par leurs découvertes , Axent les époques véritablement classiques, de la science. Fuehs et Gesner , en i54i 9 reviennent à l’observation de la nature et reconnaissent la fleur et le fruit des plantes pour les parties qui oflVent les caractères les plus importans. L’Écluse , en 1070 , donne les premiers modèles exacts de l’art descriptif des plantes. Les Rauhin , dix ans plus tard, entreprennent de débrouiller la synonymie des livres anciens ; ils réunissent de toutes parts les renseignemens propres à déterminer quelles sont les plantes dont divers auteurs ont parlé , sans s’être astreints à des noms uniformes.

Bientôt Magnol fait pressentir les règles méthodiques de l’ùniois

(i) Ce Discours a été prononcé dans une vaste salle appelée Salle des Actes , et où la chaire du Professeur est située en avant et au-dessous d’un buste antique d’Hippocrate , élevé sur une colonne de marbre P couronné d étoiles d or. Plus haut on lit sur le mur cette inscription £ OlimCouSf nunc Monspeliensis P Hippocrates»

des plantes par familles naturelles ; enfin , Tournefort, les Jussieu, et Gouan , nous conduisent par degrés à Tétât actuel, qui est celui de la philosophie de la science.

Aux noms à jamais célèbres de Boerhaave , Haller , Sauvages, qui excellèrent dans la Botanique , s'allient ceux de Nissole , Séguier , Âüblet , Cusson , Commerson , Dombey . qui , par la persévérance de leurs travaux 9 ont enrichi la science.

Payons un juste tribut d'éloges à la mémoire de Richer de Rélleval , qui , malgré les troubles du temps, institua à Montpellier le premier jardin public de Botanique établi en France en 1698, par la protection de Henri IY. .

Nous avons vu depuis, Auguste Rroussonnet, dévoué a la science, agrandir le jardin de Montpellier , le peupler de végétaux nouveaux découverts dans ses voyages.

Ce serait ici le lieu de parler des travaux récens et nombreux, dont ce jardin a fourni le sujet , et des découvertes nouvelles en tout pays. Je réserve l'exposition de letat présent de la science pour l’introduction du cours de botanique de cette année.

Nous voyons dans le jardin de Montpellier , les plantes portées au nombre de près de 5, 000 dans le catalogue de i8i3 de M. De Candolle , ouvrage que les descriptions de 3oO plantes rares ou nouvelles feront toujours rechercher.

M. De Candolle a fait admirer , par l’étendue de la flore Française et par le fruit de ses voyages en France, les ressources de notre sol et de notre climat. Il s’est récemment acquis des droits à la reconnaissance de tous les naturalistes , en exposant dans des élémens , fruits de longues méditations , la théorie et les applications utiles de la méthode naturelle végétale. Capable de communiquer avec facilité et élégance les conceptions justes de son esprit, il a formé , dans cette École , des hommes distingués par leur savoir et qui se glorifient d’avoir reçu ses leçons. Nous comptons parmi eux les auteurs de plusieurs dissertations botaniques , recherchées par la nouveauté du plan et des détails. De ce nombre sont : TTIistoire naturelle et médicale des Valérianes de Dufrêne , l’Histoire des

llenonculacées de Bîrîa , celle des Casses de Colîadon , celle de® Papaveracées de Viguier et les belles Monographies des Solanée® et des Anonacées par Dunal , Correspondant de l’Académie des sciences , et qui sont empreintes des marques d’une supériorité réelle.

Dans le vaste faisceau des connaissances médicales, et parmi les hommes éclairés dont les travaux s’y rattachent , je n’ai pu choisir qu’un petit nombre d’exemples pour les resserrer dans les limites du temps pendant lequel je devais chercher à mériter votre attention. Je m’estimerai heureux, si j'ai réussi à produire , en présence de mes collègues , une impression qui nous est si familière à tous en les écoutant , savoir , celle d’une satisfaction profitable 7 telle qu’elle est généralement sentie à la lecture de leurs ouvrages par tous les amis des sciences. A cette occasion, je serais ingrat d’oublier le fruit que j’ai souvent recueilli du travail d’anciens maîtres , et de ne pas leur adresser mes remercîmens publics , lorsque je partage avec eux l’honorable mission de contribuer à l’enseignement dan& cette École çélèbrç*

(A) r jE professeur Hosack , dans un Mémoire fort étendu inséré daU% le recueil de la Société littéraire et philosophique de New-York , année i8i5, a établi trois classes ou trois différens degrés de maladies contagieuses, savoir: i.° celles qui 11e se communiquent que par contact ou inoculation, et point par l’atmosphère , telles que la gale , la syphilis, l’hydrophobie , etc» 2.0 Celles qui se communiquent à la fois par le contact et par l’atmosphère , savoir: la petite-vérole , la rougeole , la petite-vérole volante , la coqueluche, la scarlatine , le mal dégorgé malin.

3.° Les maladies qui^se communiquent par les individus dans un^ atmosphère impurj , savoir : la peste , la fièvre jaune , le typhus des prisous , des vaisseaux , des hôpitaux , des marais , et la dysenterie.

Ce Mémoire est précieux par l’expérience de l’auteur , par ses savantes recherches et par les notes extraites de sa correspondance avec les praticiens des États-Unis , des Antilles et de l’Angleterre : on y trouve l’exposition de plusieurs faits produits par le docteur Chisolm , pour réfuter l’opiniod particulière à l’auteur , au sujet de la contagion des maladies de sa troisième ou dernière classe.

(B) William Hunter s’exprime ainsi dans les Medical commentâmes , png. 4* • «Quiconque a ouvert des animaux vivans , a du voir que la bile passe à travers les tuniques de la vésicule du fiel , pénètre le tissu des parties voisines qui en sont imbibées , non pas par l’action des vaisseaux exhalans ou inhalans , mais par transsudation manifeste. »

Cette transsudation est contraire à ce que démontre l’expérience jour-:

nalière chez les animaux vl van s ou sur ceux qui viennent d’être tués. Quelques physiologistes pensent que cette transsudation est très - rarement sensible , parce que la hile est absorbée par les vaisseaux presque aussitôt qu’elle vient de teindre les parties vivantes ou de les pénétrer.

Pour prouver que les veines sanguines 11’absorbent point , William. Hunter cite diverses expériences qui furent faites par John Hunier, et dont une , entre autres , consista à introduire du musc , mêlé avec de l’eau , dans une anse d’intestin sur un âne ; quelques momens après , les vaisseaux lactés , dont le chyme fut recueilli par une ouverture faite avec une lancette , présentèrent ce chyme imprégné d’une forte odeur de musc , tandis que le sang d’une veine voisine ne présenta nullement l’odeur du musc. Medic. comment, pag. 47*

J’ai fait des expériences semblables avec du musc sur des chiens, et j’ai trouvé non-seulement le chyle et le sang, dans leurs vaisseaux, imprégnés de l’odeur du musc, mais même cette odeur était répandue dans toutes les parties les plus éloignées. J’ai reconnu que l’éther , l’opium , le café , communiquaient , dans de pareilles expériences, leur odeur à toutes les parties du corps ; enfin , pour faire la même expérience que John Hunter avait faite, nous nous procurâmes , M. Magendie et moi , une ânesse , sur laquelle nous injectâmes une émulsion de 4 gros de camphre dans une anse d’intestin; ce qui nous présenta, au bout de peu d’instans , tous

les fi u Me s et la chair de l’animal imprégnés de l’odeur du^ camphre.

Voilà les faits qui m’autorisent à regarder comme peu fondées les assertions de Hunter , que je viens de citer.

(G) Le Phytolacca decandra , plante vivace, indigène de l’Amérique Septentrionale , et naturalisée dans les bosquets des parcs de France et dans les jardins de botanique , est un médicament fort employé aux Ét ats-Unis. On prescrit communément , contre les affections rhumatismales , la teinture des fruits infusés dans le vin ou l’eau-de-vie- Le suc de ces fruits , épaissi à la consistance d’extrait , a été administré , avec succès, dans quelques maladies scrophuîeuses. Voyez B. Shuîtz, Inaugural dissertation. Philadelphia , 1795 ; Barton , Collections for a matériel

medica of the united States. Philadelphia , 180 r.

(D^On trouve , dans les Mémoires de la Société de Médecine de Londres,

"fille lettre du docteur Sherwen au docteur Lettsom, sur l’absorption du tartre émétique par les' tégumens , et qui produisait, à la dose de 5 et de i o grains , des nausées, une transpiration abondante , des évacuations alvines et une sécrétion abondante d’urines.

Les expériences répétées par M. John Hahn , à Philadelphie , en 1^98 , avec la même quantité de tartre émétique en frictions , 11e produisirent point les effets annoncés par M. Sherwen , mais de plus fortes doses et des applications réitérées les produisirent.

Voici une des expériences faites par le docteur Hahn. Une femme souffrait de rhumatisme et de gonflement à l’estomac ; elle se frotta sur une cuisse et sur la région épigastrique, avec une cuillerée à bouche de solution saturée de tartre émétique dans de l’eau. Le lendemain elle recommença avec une dose de deux cuillerées , et continua tous les soirs, pendant cinq ou six jours , les frictions qui lui occasionnèrent souvent des vomissemens. J* Hahn , Observations and experiments. Philadelphia ,

(E) Le docteur Mussey , de l’état de Massachusetts , éprouva , après être resté pendant quatre heures dans un bain d’infusion de garance , que l’urine qu’il rendit , acquérait , par un mélange de quelques gouttes de solution de potasse caustique , une couleur rouge qui dénotait la présence du principe colorant de la garance. Extrait du Medical and physical journal by prof essor Barton. Philadelphia, 1809.

M. Bradner Stuart se baigna dans des infusions de garance , de rhubarbe et de curcuma ; il restait dans le bain deux heures et demie , et il éprouva, constamment , que l’urine , émise après être sorti du bain depuis quatre à cinq heures jusqu’à vingt-six et vingt-huit heures, contenait la matière colorante des racines dont nous venons de parler, ainsi que l’addition de quelques gouttes de potasse caustique le faisait reconnaître. Mais , lorsqu’il 11’avait pris de bain d’aucune de ces infusions , l’urine 11e changeait point de couleur par la potasse caustique. Extrait de Y Inaugural essay contaming experiments in defencc of the doctrine of cutaneous absorption. Albany , 1810.

MM. S mith et Rousseau donnent, ainsi qu’il suit, le résultat de quelques-unes de leurs expériences dans le Philadelphia medical muséum ± mars 1810. « La rhubarbe et la garance communiquent leur couleur à

û burine des personnes qui ont plongé certaines parties de leur corps dan» a des décoctions chaudes de ces substances.

« La coloration de l’urine en un rouge vineux , au moyen de la garance a ou de la rhubarbe , n'est sensible qu’autant qu’on y ajoute une solution a alcaline.

« La rhubarbe et la garance , prises par la bouche , colorent toujours le a sérum du sang, d’un rouge de vin Mais le sérum du sang des personnes a qui se sont baignées dans les décoctions de garance ou de rhubarbe , « n’en prend aucunement la couleur, quoique burine, chez ces personnes , « rougisse par l’addition des alcalis , etc. »

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