‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 105 sur 583 · La gloire qu'ii. cherchait trop · texte numérisé non relu

La gloire qu'ii. cherchait trop

Ce reproche n'est pas d'un juge trop sévère : ce qui a été dit plus haut du gouvenienieiit de Julien, est d'un juge impartial. Bossuel dirait volontiers de ce»

s'était engagé témérairement. Jovien, son successeur, zélé dirétien, trouva les affaires désespérées et ne vécut que pour conclure une paix honteuse.

Après lui, Valenlinien fit la guerre en grand capitaine : il y mena son fils Gratien dès sa première jeunesse, ïnaintint la discipline militaire, battit les barbares, fortifia les frontières de l'empire, et protégea en Occident la foi de Nicée (366-371). Valens, son frère, qu'il fit son collègue, la persécutait en Orient ; et, ne pouvant gagner ni abattre saint Basile et saint Grégoire de Nazianze, il désespérait de la pouvoir vaincre'. Quelques ariens joignirent de nouvelles erreurs aux anciens dogmes de la secte. Aërius, prêtre arien, est noté dans les écrits des saints Pères comme l'auteur d'une nouvelle hérésie ^, pour avoir égalé la prêtrise à l'épiscopat, et avoir jugé inutiles les prières et les oblations que toute l'Église faisait pour les morts. Une troisième erreur de cet hérésiarque était de compter parmi les servitudes de la loi * l'observance de certains jeûnes marqués, et de vouloir que le jeûne fût toujours libre. Il vivait encore, quand saint Épiphane se rendit célèbre par son Histoire des hérésies, où il est réfuté avec tous les autres. Saint Martin fut fait évêque de Tours, et remplit tout l'univers du bruit de sa sainteté et de ses miracles, durant sa vie et après sa mort. Valentinien mourut après un discours violent qu'il fit aux ennemis de l'empire * : son impétueuse colère, qui le faisait redouter des autres, lui fut fatale à lui-même (375). Son successeur Gratien vit sans

empereur ce que dirent un jour à Julien lui-nièrae les deux martyrs chrétiens, Juventm et Maximin. o Ces deux hommes de guerre, d'une grande distinction, tourmentés jusqu'à la mort par les ordres de Julien, moururent en lui reprochant ses idolâtries, et lui disant en même temps, qu'il n'y avait que cela qui reur déplût dans son empire. » V<-' avertissement aux protestants.

1 . C'est dire fortement , quoique d'une manière détournée, quels remparts étaient à l'Église ces saints et savants hommes.

2. Epiph., lib. III, Hœr. lixv ; t. I, p. 90b; Aug., Hœr. lui; t. VIIl, col. 18. B.

3. Les servitddbs de la loi. Les pre-criptions ab lies de l'ancienne loi.

4. Ces ennemis de l'empire étaient les Quades, dont Valentinien recevait à Cregetio, sur le Danube, les députés suppliants : l'empereur, honiiiie violent, s'emporta tellement, en leur répondant, qu'un vaisseau se rompit dans sa poitrine : il mourut peu après, tué, à la lettre, par un accès de colère.

Ul

envie l'élévalion de son jeune frère Valontinien II, qu'on fit empereur, encore qu'il n'eût que neuf ans. Sa mère Justine, protectrice des ariens, gouverna durant son bas âge.

On voit ici en peu d'années de merveilleux événements : la révolte des Goths contre Valens ; ce prince quitter* les Perses pour réprimer les rebelles; Gratien accourir à lui après avoir remporté une victoire signalée sur les Allemands. Valens, qui veut vaincre seul, préci« pite le combat, où il est tué auprès d'Andrinople (378) : les Goths victorieux le brûlent dans un village où il s'était retiré. Gratien, accablé d'affaires, associe à l'empire le grand Théodose, et lui laisse l'Orient (379), Les Goths sont vaincus : tous les barbares sont tenus en crainte ^ ; et, ce que Théodose n'estimait pas moins, les hérétiques macédoniens, qui niaient la divinité du Saint-Esprit, sont condamnés au concile de Constantinople (381). Il ne s'y trouva que l'Église grecque : le consentement de tout l'Occident, et du pa^e saint Damase, le fit appeler second concile général.

Pendant que Théodose gouvernait avec tant de force et tant de succès, Gratien, qui n'était pas moins vaillant ni moins pieux, abandonné de ses troupes, toutes composées d'étrangers, fut immolé au tyran Maxime (383). L'Église et l'empire pleurèrent ce bon prince. Le tyran régna dans les Gaules, et sembla se contenter de ce partage. L^mpératrice Justine publia, sous le nom de son fils, des édits en faveur de l'arianisme. Saint Ambroise, évoque de Milan, ne lui opposa que la saine doctrine, ies prières et la patience, et sut, par de telles armes, non-

1. Ca PRINCE QUITTER. Plirasc peu suivie : mais, entraîné par le mouvement même des choses, l'historien abamlonne l'énumération de faits commencée [la révolte des Goths. . .), pour une aiilre forme d'expositi-on plus explicite et plus vive: Ce prince quitter.... Gratien accourir.... — Un moment après il se rejette i';i médias res: Vglens, gui veut vaincre seul.,.

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