Comme plus haut, Gallicane, p
barbares ', faute d'être rachetés à un écu par tête *. On voit, incontinent après, les remords du bon empereur ; la prière qu'il fait à Dieu de le punir en ce monde plutôt qu'en l'autre; la révolte de Phocas (602), qui égorge à ses yeux toute sa famille; Maurice tué le dernier, et ne disant autre chose, parmi tous ses maux, que ce verset du Psalmiste : « A^ous êtes juste, ô Seigneur 1 et tous vos (( jugements sont droits '\ » Phocas, élevé à l'empire par une action si détestable, tâcha de gagner les peuples en honorant le saint-siége, dont il confirma les privilèges (600). Mais sa sentence était prononcée*. Héraclius, proclamé empereur par l'armée d'Afrique (010), marcha contre lui. Alors Phocas éprouva que souvent les débauches nuisent plus aux princes que les cruautés; et Photin, dont il avait débauché la femme, le livra à Héraclius, qui le lit tuer.
La France vit un peu après une tragédie bien plus étrange. La reine Brunehaut, hvrée à Clotaire II, fut immolée à l'ambition de ce prince (613) : sa mémoire fut déchirée; et sa vertu, tant louée par le pape saint Grégoire, a peine encore à se défendre ^
L'empire cependant était désolé. Le roi de Perse Chosroès II, sous prétexte de venger Maurice, avait entrepris de perdre Phocas. Il poussa ses conquêtes sous Héraclius. On vit l'empereur battu, et la vraie croix * enlevée par les infidèles ; puis , par un retour admirable, Héraclius cinq fois vainqueur; la Perse pénétrée'' par les Romains (6-25), Chosroès tué par son fils, et la sainte croix reconquise.
Pendant que la puissance des Perses était si bien ré-
1. Des barbares. Des Avares, redoutables voisins de l'empire grec.
2. V. ce que dit l'Iiistorien Gibbon , lies «vertus rigides et parcimonieuses ■ de cet empereur. Décad. de l'emp. rom.,