‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 127 sur 583 · PÉniiTBEKT l'bmpmi. Y, p. 6t, D. 7, p. 156, n · texte numérisé non relu

PÉniiTBEKT l'bmpmi. Y, p. 6t, D. 7, p. 156, n

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que, en état d'en faire bientôt une de leurs provinces (647) : l'île de Chypre leur obéit; et ils joignent, en moins de trente ans, toutes ces conquêtes à celles de Mahomet K

L'Italie, toujours malheureuse et abandonnée ^, gémissait sous les armes des Lombards. Constant désespéra de les chasser, et se résolut fi ravager ce qu'il ne put défendre. Plus cruel que les Lombards mêmes, il ne vint à Rome que pour en piller les trésors (063); les églises ne s'en sauvèrent pas : il ruina la Sardaigne et la Sicile ; et, devenu odieux à tout le monde, il périt de la main des siens. Sous son fils Constantin Pogonat, c'està-dire le Barbu, les Sarrasins s'emparèrent de la Cilicie et de la Lycie (671). Constantinople assiégée ne fut sauvée que par un miracle. Les Bulgares , peuples venus de l'embouchure du Volga, se joignirent à tant d'ennemis dont l'empire était accablé , et occupèrent cette partie de la Thrace appelée depuis Bulgarie, qui était l'ancienne Mysie (678)'. L'Eglise anglicane enfantait de nouvelles églises ; et saint Wilfrid, évcque d'York, chassé de son siège, convertit la Frise.

Toute l'Église reçut une nouvelle lumière par le concile de Constantinople, sixième général (680), où le pape saint Agathon présida par ses légats, et expliqua la foi catholi(iue par une lettre admirable. Le concile frappa d'analhème un évêque célèbre par sa doctrine , un patriarche d'Alexandrie, quatre patriarches de Constantinople, c'est-à-dire tous les auteurs de la secte des Monolhélitcs, sans épargner le pape Honorius, qui les avait ménagés '. Après la mort d'Agathon, qui arriva durant le concile, le pape saint Léon II en confirma les déci-

1. « Jamais on ne vit des progrès si 1 3. L'ANciiîîiNB Mysie. Bossiiet coufoiid rapides. • Montesquieu, Grand, et Dé- | par inadvertance la Afij^i", ré^jioii de cuil., c. ixii- Uussuel ne dit rien sur ces l'Asie Mineure, avec la Mésie Mœsia), proj^rés extraordinaires de la conquête comprise entre la Save et le Danube, arabe; mais, par ce récit de quelques li- Cette leçon a été respectée dans toutes iiiies, il les montre. les édiijons.

2. ADA^■D0N^ÉB. C.-à d., abandonnée 4. Qui les avait ménagés. V. p. 157, ce parles empereurs do Constantinople. quedil l'auteurdelacoiiduite de cepape.

sions, et en reçut tous les anathèmes*. Constantin Pogonat, imitateur du grand Constantin et de Marcien, entra au concile, à leur exemple ; et comme il y rendit les mêmes soumissions*, il y fut honoré des mêmes titres d'orthodoxe, de religieux, de pacifique empereur, et de restaurateur de la religion. Son fils Justinien II lui succéda, encore enfant (685). De son temps, la foi s'étendait et éclatait * vers le Nord. Saint Kilien, envoyé par le pape Conon, prêcha l'Évangile dans la Franconie (G86). Du temps du pape Serge, Geadual, un des rois d'Angleterre, vint reconnaître'^ en personne l'Église romaine, d'où la foi avait passé en son île; et, après avoir reçu le baptême par les mains du pape, il mourut selon qu'il l'avait lui-même désiré.

La maison de Clovis était tombée dans une faiblesse déplorable : de fréquentes minorités avaient donné occasion de jeter les princes dans une mollesse dont ils ne sortaient point étant majeurs. De là sort une longue suite de rois fainéants qui n'avaient que le nom de roi, et laissaient tout le pouvoir aux maires du palais. Sous ce titre. Pépin Héristel ^ gouverna tout (693), et éleva sa maison à de plus hautes espérances ®. Par son autorité, et après le martyre de saint Vigbert, la foi s'établit dans la Frise, que la France venait d'ajouter à ses conquêtes. Saint Swibert, saint Willebrod, et d'autres hommes apostoliques , répandirent l'Évangile dans les provinces voisines (695).

Cependant la minorité de Justinien s'était heureuse-

1. En reçut lks anathèmes. Sur cet emploi du mot recevoir, V. p. 153, n. 2,

1. Les mêmes soumissions. C.-àd., les même* marques <ie respect et les mOmes gag^i'S d'obéissance quant aux ( h^ises de la foi. — Rendre des soumissions, expression du temps.

3. ËcLiTAiT. C.-à-d., se manifestait avec éclat {erumpebut in lucem). Cf.

4. Reconnaître. C.-à-d., reconnaître l'autoWté, la primauté de cette église.

Cf. p. 87, n. 1; p 148, n. 2. Plus loin Bossuet dira de même : • Tous recininaissaient Charles Martel. •

5. Pépin Héristei.. Ou mieux, d'Héristel, uu d'Hénstal, ce nom étant celui d'une petite ville des environs de Liège, résidence du célèbre duc.

6. Â DE PLUS HAUTES ESPERANCES. Annonce expressive laprès avoir dit que déjà Pépia gouvernait tout' de l'avénemeut pi'ocbam de cette famille à la rovauté.

SUR L'HISTOIRE UNIVERSKLLK .

ment passée : les victoires de Léonce avaient abattu les Sarrasins, et rétabli la gloire de l'empire en Orient (694). Mais ce vaillant capitaine, arrêté injustement et relâché mal à propos, coupa le nez à son maître, et le chassa. Ce rebelle souffrit un pareil traitement de Tibère, nommé Absimare, qui lui-même ne dura guère *. Justinien rétabli (702) fut ingrat envers ses amis ; et, en se vengeant de ses ennemis, il s'en fît de plus redoutables *, qui le tuèrent (711). Les images de Philippique, son successeur, ne furent pas reçues dans Rome, à cause qu'il favorisait les Monothélites, et se déclarait ennemi du concile sixième. On élut à Constantinople Anastase II, prince catholique, et on creva les yeux à Philippique.

En ce temps, les débauches du roi Roderic ou Rodrigue firent livrer l'Espagne aux Maures : c'est ainsi qu'on appelait les Sarrasins d'Afrique. Le comte Julien, pour venger sa fille, dont Roderic abusait, appela ces infidèles ^ Ils viennent avec des troupes immenses : ce roi périt; l'Espagne est soumise, et l'empire des Goths y est éteint. L'Église d'Espagne fut mise alors à une nouvelle épreuve; mais comme elle s'était conservée* sous les ariens, les Mahométans ne purent l'abattre. Ils la laissèrent d'abord avec assez de liberté; mais, dans les siècles suivants, il fallut soutenir de grands combats^; et la chasteté eut ses martyrs, aussi bien que la foi*, sous la tyrannie d'une nation aussi brutale qu'infidèle.

L'empereur Anastase ne dura guère. L'armée força Théodose III à prendre la pourpre (7 1 G). Il fallut combattre : le nouvel empereur g^gna la bataille, et Anastase fut mis dans un monastère.

Les Maures, maîtres de l'Espagne, espéraient s'étendre

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