Conc. Nie. Can. VI ; ubi sup. B
— Régla les autres sur celui-là... — r.-à-d., les rangea à la suite de co siéjje.
connue. Quand le concile était formé, on proposait l'Écriture * sainte ; on lisait les passages des anciens Pères témoins de la tradition qui interprétait l'Écriture : on croyait que son vrai sens était celui dont les siècles passés étaient convenus, et nul ne croyait avoir droit de l'expliquer autrement. Ceux qui refusaient de se soumettre aux décisions du concile étaient frappés d'anathème. Après avoir expliqué la foi, on réglait la discipline ecclésiastique, et on dressait Mes canons, c'est-à-dire les règles de l'Église. On croyait que la foi ne changeait jamais, et qu'encore que la discipline pût recevoir divers changements, selon les temps et selon les lieux, il fallait tendre, autant qu'on pouvait, à une parfaite imitation de l'antiquité. Au reste, les papes n'assistèrent que par leurs légats aux premiers conciles généraux; mais ils en approuvèrent expressément la doctrine, et il n'y eut dans l'Église qu'une seule foi.
Constantin et Irène firent religieusement exécuter les décrets du septième concile (787) : mais le reste de leur conduite ne se soutint pas. Le jeune prince, à qui sa mère fit épouser une femme qu'il n'aimait point, s'emportait à ' des amours déshonnêtcs ; et, las d'obéir aveuglément à une mère impérieuse, il tâchait de l'éloigner des affaires, où elle se maintenait malgré lui.
Alphonse le Chaste régnait en Espagne (793). La continence perpétuelle que garda ce prince lui mérita ce beau titre, et le rendit digne d'afiVanchir l'Espagne de l'infâme tribut * de cent filles, que son oncle Mauregat avait accordé aux Maures. Soixante et dix mille de ces infidèles tués dans une bataille, avec Mugait leur général, firent voir la valeur d'Alphonse.
1. On proposait l'Écriture. C.-à-d., on mettait en avant les testes de l'Ecriture relatifs aux questions de fo-i qu il s'agissait d'examiner.
a. On DRESSAIT. On réJigeait dans la forme prescrite.
3. On dit plutôt aujourd'hui, se laisser emporter à une passion, à un excès. Mais pourquoi renoncerait-on à cette Igoution plus vive, aulonsée par de
bons exemples? — o Ne croyons pas qu'ils (les Anglais) soient capables de s'emporter à de; procédés si barbares. • 0. l'. de la reine d'Angleterre.
Mai! lous deui s'emportanl à plus d'irrévérenct. Polycucte, 111, 2.
4. I. 'infâme tbidlt. L'authenlicité de cette histoire n'est pas bien établie.
SUR L'HISTOIRE UiMVERSELLE.
Constantin tâchait aussi de se signaler contre les Bulgares ; mais les succès ne répondaient pas à son attente. Il détruisit à la fin tout le pouvoir d'Irène ; et, incapable de se gouverner lui-même autant que de souffrir l'empire d'autrui, il répudia sa femme Marie, pour épouser Théodote, qui était à elle^. Sa mère irritée fomenta les troubles que causa un si grand scandale. Constantin périt par ses artifices. Elle gagna le peuple en modérant les impôts, et mit dans ses intérêts les moines ' avec le clergé par une piété apparente. Enfin elle fut reconnue seule impératrice.
Les Romains méprisèrent ce gouvernement, et se tournèrent à Charlemagne ', qui subjuguait les Saxons, réprimait les Sarrasins, détruisait les hérésies, protégeait les papes, attirait au christianisme les nations infidèles, rétablissait les sciences et la discipline ecclésiastique, assemblait de fameux conciles où sa profonde doctrine* était admirée, et faisait ressentir non seulement à la France et à l'ItaUe, mais encore à l'Espagne, à l'Angleterre, à la Germanie, et partout, les effets de sa piété et de sa justice \