‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 149 sur 583 · Gen., II, 7. B · texte numérisé non relu

Gen., II, 7. B

5. Charnels. Dont les pensées et le eœur sont attachés à la chair. Spirituel

se disait, se dit encore, dans le sens opposé.

6. Toutes les vérités sont intellectuelles. L'auteur désigne ici par ce mol celles qui sont l'objet propre de l'iuteiligence, de la raison; qui échappent tout à fait à ces opérations de I àme que, dans son Traité de In conn. de Dieu et de soi-même, il appelle les opérations sensibles .

1. DÉLIÉE. Dégagée, légère, chargée le moins possible de matière. De même ailleurs : • On peut bien subtiliser les corps, les rendre plus déliés, les réduire en vapeurs et eu esprits... mais... > De la conn. de Dieu et de soi-même,

portion de la nature divine, comme l'ont rôvé quelques philosophes '. Dieu n'est pas un tout qui se partage. Quand Dieu aurait des parties, elles ne seraient pas faites; carie Créateur, l'être incrcé, ne serait pas composé de créatures. L'âme est faite, et tellement faite, qu'elle n'est rien de la nature divine ; mais seulement une chose faite à l'image et ressemblance de la nature divine ; une chose qui doit toujours demeurer unie * à celui qui l'a formée : c'est ce que veut dire ce souffle divin, c'est ce que nous représente cet esprit de vie.

Voilà donc l'homme formé. Dieu forme encore de lui la compagne qu'il lui veut donner. Tous les hommes naissent d'un seul mariage, afin d'être à jamais, quelque dispersés et multipliés qu'ils soient, une seule et même famille.

Nos premiers parents, ainsi formés, sont mis dans ce jardin délicieux qui s'appelle le Paradis : Dieu se devait tt lui-même de rendre son image heureuse.

11 donne un précepte à l'homme, pour lui faire sentir qu'il a un maître ; un précepte attaché à une chose sensible ', parce que l'homme était fait avec des sens ; un précepte aisé, parce qu'il voulait lui rendre la vie con?mode tant qu'elle serait innocente.

L'homme ne garde pas un commandement d'une si facile observance : il écoute l'esprit tentateur, et il s'écoute lui-même*, au Ueu d'écouter Dieu uniquement; sa perte est inévitable; mais il la faut considérer dans son origine aussi bien que dans ses suites.

Dieu avait fait au commencement ses anges, esprits purs et séparés de toute matière. Lui, qui ne fait rien que de bon, les avait tous créés dans la sainteté ; et ils

Page 1