Psalm., Vni, 6. B
6. Ce qui suit, jusqu'à Ecoutons, va^nque dans les textes publiés par Bossuet. Cf. l'éd. de 1700 avec celle do Versailles.
SUR L'HISTOIRE UNIVERSFJ,!,!'.
qu'il leur parlât sous la forme d'un serpent, comme la plus convenable à représenter la malignité avec le supplice de cet esprit malfaisant, ainsi qu'on le verra dans la suites II ne craint point de leur faire horreur sous cette figure. Tous les animaux avaient été également amenés aux pieds d'Adam pour en recevoir un nom convenable, et reconnaître le souverain que Dieu leur avait donné '. Ainsi aucun des animaux ne causait de l'horreur à l'homme, parce que, dans l'état où il était, aucun ne lui pouvait nuire.
Écoutons maintenant comment le démon lui parla, et pénétrons le fond de ses artifices. Il s'adresse à Eve, comme à la plus faible : mais en la personne d'Eve, il parle à son mari aussi bien qu'à elle : « Pourquoi Dieu vous a-t-il fait cette défense'? » S'il vous a faits raisonnables, vous devez savoir la raison de tout : ce fruit n'est pas un poison ; «vous n'en mourrez pas *. » Yoilà par où commence l'esprit de révolte. On raisonne sur le précepte, et l'obéissance est mise en doute ^ « Vous serez comme des dieux ^, » libres et indépendants, heureux en vous-mêmes, sages par vous-mêmes : a vous saurez le bien et le mal; » rien ne vous sera impénétrable. C'est par ces motifs que l'esprit s'élève contre l'ordre du Créateur, et au-dessus de la règle. Eve, à demi gagnée, regarda le fruit, dont la beauté promettait wn goût excellenf . Voyant que Dieu avait uni en l'homme l'esprit et le corps, elle crut qu'en faveur de l'homme il pourrait bien encore avoir attaché aux plantes des vertus surnaturelles, et des dons intellectuels aux objets sensibles *. Après
1. Dans la suite. V. ce qui est dit, deux pages plus \o\a,<lnrampement tortueux du serpent.