Gea., m, 7. B
8. CouvRia s'offre souvent aux lecteurs de Bossuet avec le 83ns Aecacher.
SUR L'HISTOIUE UNIVERSELLE.
core plus insupportable. Ce grand Dieu, qui l'avait fait à sa ressemblance, et qui lui avait donné des sens comme un secours nécessaire à son esprit, se plaisait à se montrer ;\ lui sous une forme sensible : l'homme ne peut plus soulfrir sa présence. 11 cherche le fond des forêts \ pour se dérober à celui qui faisait auparavant tout son bonheur. Sa conscience l'accuse avant que Dieu parle. Ses malheureuses excuses achèvent de le confondre. II faut qu'il meure* : le remède d'immortalité lui est ôté ; et une mort plus affreuse, qui est celle de l'âme, lui est figurée par cette mort corporelle à laquelle il est condamné.
Mais voici notre sentence prononcée dans la sienne. Dieu, qui avait résolu de récompenser son obéissance dans toute sa postérité, aussitôt qu'il s'est révolté le condamne, et le frappe, non-seulement en sa personne, mais encore dans tous ses enfants, comme dans la plus vive et la plus chère partie de lui-môme: nous sommes tous maudits dans notre principe, notre naissance est gâtée et infectée dans sa source.
N'examinons point ici ces règles terribles de la justice divine, par lesquelles la race humaine est maudite dans son origine. Adorons les jugements de Dieu, qui regarde tous les hommes comme un seul homme dans celui dont il veut tous les faire sortir. Regardons-nous aussi comme dégradés dans notre père rebelle, comme flétris à jamais par la sentence qui le condamne, comme bannis' avec lui, et exclus du Paradis où il devait nous faire naître.
Les règles de la justice humaine nous peuvent aider h entrer dans les profondeurs de la justice divine*, dont
« De fous les méchants, celui-là serait le plus méchant, qui saurait si bieu couvrir sa malice... » Part. II, c. xix. — « Il y a pour les hérétiques un fait malheureux, qu'ils n'ont jamais pu couvrir... Il Ibid., c. ixïi, etc. De même Pascal : « L'homme met tous ses soins à couvrir ses défauts aux autres et à soi-n^éme. » Pensées, Ed. Havct, t. I, p. U.