DÉGRADÉS, FLÉTRIS, BANNIS. Tfois
peines distinctes en une seule. Chacun de ces mots est nécessaire pour donne»
l'idée précise et totale du châtiment,
4. Ailleurs, Bossuet ose développer, mais toujours toute proportion gardée, cette comparaison qu'il se borne à in-
elles sont une ombre: mais elles ne peuvent pas nous découvrir le fond de cet abîme. Croyons que la justice aussi bien que la miséricorde de Dieu ne veulent pas être mesurées sur celles des hommes, et qu'elles ont toutes deux des effets bien plus étendus et bien plus intimes ^
Mais pendant que les rigueurs de Dieu sur le genre humain nous épouvantent, admirons comme il tourne nos yeux vers un objet plus agréable, en nous découvrant notre délivrance future dès le jour de notre perte. Sous la figure du serpent % dont le rampement tortueux était une vive image des dangereuses insinuations' et des détours fallacieux* de l'esprit malin, Dieu fait voir à Eve, notre mère, le caractère odieux, et tout ensemble le juste supplice de son ennemi vaincu. Le serpent devait être le plus haï de tous les animaux, comme le démon est la plus maudite de toutes les créatures. Comme le serpent rampe sur sa poitrine, le démon, justement précipité du ciel où il avait été créé, ne se peut plus relever. La terre, dont il est dit que le serpent se nourrit, signifie les basses pensées que le démon nous inspire : lui-même il ne pense rien que de bas, puisque toutes ses pensées ne sont que péché. Dans l'inimitié éternelle entre toute la race humaine et le démon, nous apprenons que la victoire nous sera donnée, puisqu'on nous y montre une semence ^ bénite ^ par laquelle
diquer ici. Traité de la conn. de Dieu et de soi-même, c. iv, et Eleo. sur les myst., \'ll^ sera., c. 2.
1. Plcs intimes. Ce mot se rapporte exactement à ce qui a été dit un peu plus haut; que le premier liomnie a du être puni dans la plus vive et la plus chère partie de lui-même, etc.