L> MoNCMEi^T. Au sens dCjavis, gage
souvenir. — Un monument... qui... Y.
4. Cet alinéa a paru pour la première fois dans l'édition de Versailles.
■''. Selon quelques-uns. Leucippe, Épicure. — {.m premiers cor/5S ne sont au Ire chose que les atomes; Lucrèce, pour désigucr ceux ci, se sert à chaque iustanl des mots corpora prima.
fortuit des premiers corps ; ou qui, selon les plus sages, a fourni sa matière à son auteur; qui par conséquent n'en dépend, ni dans le fond de son être, ni dans son premier état, et qui l'astreint à certaines lois que lui-même ne peut violer*.
Moïse et nos anciens pères, dont Moïse a recueilli les traditions, nous donnent d'autres pensées. Le Dieu qu'il nous a montré a bien une autre puissance : il peut faire et défaire ainsi qu'il lui plaît; il donne des lois à la nature, et les renverse quand il veut.
Si pour se faire connaître, dans le temps que la plupart des hommes l'avaient oublié, il a fait des miracles étonnants, et a forcé la nature à sortir de ses lois les plus constantes, il a continué par là à montrer qu'il en était le maître absolu, et que sa volonté est le seul lien qui entretient l'ordre du monde.
C'est justement ce que les hommes avaient oublié : la stabilité d'un si bel ordre ne servait plus * qu'à leur persuader que cet ordre avait toujours été, et qu'il était de soi-même ^ ; par où * ils étaient portés à adorer ou le monde en général, ou les astres, les éléments, et enfin tous ces grands corps qui le composent. Dieu donc a témoigné au genre humain une bonté digne de lui, en renversant dans des occasions éclatantes cet ordre, qui nonseulement ne les frappait plus, parce qu'ils y étaient accoutumés, mais encore qui les portait, tant ils étaient
1. Bossuet revient, pour les confirmer et les compléter, sur les idées que, d'après les Lettres saintes et la raison, il a données tout à l'heure du premier être. La notion d'un Dieu absolu et indépendant S'achève par les traditions sacrées, qui le montrent interveuaut, à volonté, dans son œuvre, et renversant, quand il lui plaît, pour l'instruction delà créature intelli^'eute, ces lois de la nature, dont il est l'auteur. Toi est l'objet de la dernière partie de ce chapitre.
2. iCes merveilles, dit saint Augustin, se sont avilies par leur répétition continuelle. » Assiduitate viluerunt. Tract.
X.VIV J« Joan. — «Ce qui devrait le plus ouvrir les yeui aux hommes, ne sert qu'à les leur fermer davantage : je
veux dire, la constance et la régularité des mouvements que la suprême sagesse a mis dans l'univers... 0 mon Dieu, l'ordre et la beauté que vous répand z sur -vos créatures, sont comme un voile qui vous dérobe à leurs yeux malades. • Fénelon. De l'existence de Dieu, I" p.
3. Qo IL ÉTAIT DE SOI-MEME. Qu'il existait par lui-même (a se, per se), et allait tout seul. On a d'5jà rencontré plus haut, p. 179, cette expression consacrée dans l'École : <■ Si la matière est d'ellemême, elle n'a pas dû attendre sa perfection d'une main étrangère. «
4. Pab 00. Sur cette locution adverbiale, employée eu manière de locutioB conjonctive, V. p. 55, n. 4,
aveuglés, à imaginer hors de Dieu l'éternité et l'indépendance.
L'histoire du peuple de Dieu, attestée par sa propre suite, et par la religion tant de ceux qui l'ont écrite que de ceux qui l'ont conservée avec tant de soin, a gardé comme dans un fidèle registre* la mémoire de ces miracles, et nous donne par là l'idée véritable de l'empire suprême de Dieu, maître tout-puissant de ses créatures, soit pour les tenir sujettes aux lois générales qu'il a établies, soit pour leur en donner d'autres, quand il juge qu'il est nécessaire de réveiller par quelque coup surprenant le genre humain endormi ^
Voilà le Dieu que Moïse nous a proposé dans ses écrits comme le seul qu'il fallait servir; voMà le Dieu que les patriarches ont adoré avant Moïse ; en un mot, le Dieu d'Abraham, d'isaac et de Jacob; à qui notre père Abraham' a bien voulu immoler son fils unique ; dont Melchisédech, figure de Jésus-Christ, était le pontife; à qui notre père Noé a sacrifié en sortant de l'arche; que le juste Abel avait reconnu en lui oQ"rant ce qu'il avait de plus précieux; que Seth, donné à Adam à la place d'Abcl, avait fait connaître à ses enfants, appelés aussi les enfants de Dieu ; qu'Adam môme avait montré à ses descendants comme celui des mains duquel il s'était vu récemment sorti, et qui seul pouvait mettre fin aux maux de sa malheureuse postérité.
La belle philosophie* que celle qui nous donne des
1. Tes mots, comme dans un fidèle registre, insistent sur le caractère d'exactitude que l'auteur s'attache à signaler dans cette liisloire. C'est dire que les miracles les plus éloiinanls ont été comme enregstrés à mesure.
2. Fortes images, avec lesquelles nous a déjà familiarisés la lecture des Oraisons funèbres. • S'il faut des coups de surprise à nos cœurs enchantés de l'amour du monde, celui-ci est assez frrand... ■> 0. F. de Madame. — ■ Dieu détermine jusques à quand doit durer l'assoupissement, et quand aussi se doit réveiller le monde. » 0. F. de Henriette de France,