Brouillée avec. .Mél.5e, confondue
avec. De même, dans les Elév. sur les
mysti-res : o Aujouid'hui, cette idée de
Dieu, brouillée avec les images des sens,
se recule pour ainsi dire, quand nous la
cherchons. » Vile sem., c. 3. Nouvelle
application de ce verbe brouiller, dont
la Vogue au xvii» siècle est attestée pat
de SI nombreux exemples. Cf. p. 127,
toutes les choses où il paraissait quelque activité et quelque puissance. Ainsi le soleil et les astres, qui se faisaient sentii" de si loin, le feu et les éléments, dont les effets étaient si universels, furent les premiers objets de l'adoration publique. Les grands rois, les grands conquérants qui pouvaient tout sur la terre, et les auteurs des inventions utiles à la vie ^humaine, eurent bientôt après les honneurs divins. Les hommes portèrent la peine de s'être soumis à leurs sens : les sens décidèrent de tout, et firent, malgré la raison, tous les dieux ^ qu'on adora sur la terre.
Que l'homme parut alors éloigné de sa première institution % et que l'image de Dieu y était gâtée! Dieu pouvait-il l'avoir fait avec ces perverses inclinations qui se déclaraient tous les jours de plus en plus? et cette pente prodigieuse qu'il avait à s'assujettir à toute autre chose qu'à son seignem* naturel, ne montrait-elle pas trop visiblement la main étrangère par laquelle l'œuvre de Dieu avait été si profondément altérée dans l'esprit humain, qu'à peine pouvait-on y en reconnaître quelque trace? Poussé par cette aveugle impression*, qui le dominait, il s'enfonçait dans l'idolâtrie, sans que rien le pût retenir. Un si grand mal faisait des progrès étranges. De peur qu'il n'infectât tout le genre humain et n'éteignît tout à fait la connaissance de Dieu, ce grand Dieu appela d'en haut son -serviteur Abraham, dans la famille duquel il voulait établir son culte, et conserver l'ancienne croyance tant de la création de l'univers que de la
i. Les sens... firent les dieux. Bosauel excelle dans ces figures soudaines qui substituent un être agissant, une sorte de personne, à une cause abstraite. On se rappolle ce beau trait rencontré plus haut : « Ce n'est plus ce premier ouvrage du Créateur..; le péché a fait un nouvel ouvrage, qu'il faut cacher. • p. 188. Comparer avec tout ce passage les belles considérations sur l'origine de l'idolitrie, que renferme le Panégyrique de S. Victor, 1" p.