‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 174 sur 583 · Gen., xii, 3 ; xviii, 18. B · texte numérisé non relu

Gen., xii, 3 ; xviii, 18. B

6. Seraient bbnites. On a diîjà vu, p. 80, que, pour notre auteur, le verbe

bénir n'avait pas, comme pour nous, suivant le sens, deux formes difféientes de participe passé. Bossuet écrivait, au masculin, béni (un germe béni) ; au féminin, le plus souvent, 6enîVe(rfe« nattons bénites, une semence bénile\sans songer à la disiinclion qu'ont établie depuis nos grammaires. Au mascu in, quand le participe précédait un nom commençant par une voyelle, le ( n paraissait. « Ce bénit enfant. » V. p. 205. 7. Gcu , xva. B.

que ce saint homme appartenait à Dieu avec toute sa famille.

Abraham était sans enfants quand Dieu commença à bénir sa race. Dieu le laissa plusieurs années sans lui en donner. Après il eut Ismaël, qui devait être père d'un grand peuple, mais non pas de ce peuple élu, tant promis à Abraham '. Le père du peuple élu devait sortir de lui et de sa femme Sara, qui était stérile. Enfin, treize ans après Ismaël, il vint, cet enfant tant désiré^ : il fut nommé Isaac ^ c'est-à-dire m, enfant de joie, enfant de miracle, enfant de promesse, qui marque par sa naissance que les vrais enfants de Dieu naissent de la grâce.

Il était déjà grand, ce bénit enfant, et dans un âge oti son père pouvait espérer d'en avoir d'autres enfants, quand tout à coup Dieu lui commanda de l'immoler *. A quelles épreuves la foi est-elle exposée! Abraham mena Isaac à la montagne que Dieu lui avait montrée, et il allait sacrifier ce fils en qui seul ^ Dieu lui promettait de le rendre père et de son peuple et du Messie. Isaac présentait le sein à l'épée que son père tenait toute prête à frapper. Dieu, content de l'obéissance du père et du fils, n'en demande pas davantage. Après que ces deux grands hommes ont donné au monde une image si vive et si belle de l'oblation volontaire de Jésus-Christ, et qu'ils ont goûté en esprit les amertumes de sa croix, ils sont jugés vraiment dignes d'être ses ancêtres. La fidélité d'Abraham fait que Dieu lui confirme toutes ses promesses ®, et bénit de nouveau non-seulement sa famille, mais encore par sa famille toutes les nations de l'univers.

En effet, il continua sa protection à Isaac, son fils, et

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