CHAPITRE IV
David, Salonion, les rois, et les prophètes.
Ici le peuple de Dieu prend une forme plus auguste. La royauté est afi"ermie dans la maison de David. Cette maison commence par deux rois de caractère différent, mais admirables tous deux. David, belliqueux et conquérant, subjugue les ennemis du peuple de Dieu, dont il fait craindre les armes par tout l'Orient; et Salomon, renommé par sa sagesse au dedans et au dehors, rend ce peuple heureux par une paix profonde. Mais la suite de la religion nous demande ici quelques remarques particulières sur la vie de ces deux grands rois.
David régna d'abord sur Juda, puissant et victorieux, et ensuite il fut reconnu par tout Israël. Il prit sur les Jébuséens la forteresse de Sion, qui était la citadelle de Jérusalem. Maître de cette ville, il y et bht, par ordre de
dcnce. Mais ici, en raison de ce qui sui t, le mot foi parait répondre à un autre sons du \a.ûn fides, et signifier la Gdélité de la Providence à tenir ses promesses.
1. C.-à-d., préparait de plus grands exemples de sa lidélilé à sa parole et de la vérité des prédictions de Moïse.
ï. I Reg., XVI. B.
3. Ce cliapitre, dont Moïse presque seul a fourni le sujet (|o cause et objet
de sa divine mission; 2» sources el matériaux de son œuvre historique ; 3° caractère de sa loi ; 4° caractères de son inspiration et de son génie), est uu des plus beaux de V Histoire universelle. Si, comme le dit Bossuet avec vérité, a aucun législateur n'a eu un plus grand nom parmi les hommes, » il est vrai d'ajouter qu'aucun homme n'a parlé de Moïse aussi magnifiquement que Bossuet.
Dieu, le siège de la royauté et celui de la religion. Sion fut sa demeure : il bâtit autour, et la nomma la cité do David *. Joad, fils de sa sœur ^ bâtit le reste de la ville; et Jérusalem prit une nouvelle forme. Ceux de Juda ^ occupèrent tout le pays; et Benjamin, petit en nombre, y demeura mêlé avec eux.
L'arche d'alliance, bâtie par Moïse, où Dieu reposait sur les chérubins *, et où les deux tables du Décalogue étaient gardées, n'avait point de place fixe. David la mena en triomphe dans Sion ^ qu'il avait conquise par le tout-puissant secours de Dieu, afin que Dieu régnât dans Sion, et qu'il y fût reconnu comme le protecteur de David, de Jérusalem, et de tout le royaume. Mais le Tabernacle, où le peuple avait servi Dieu dans le désert, était encore à Gabaon ®; et c'était là que s'offraient les sacrifices, sur l'autel que Moïse avait élevé. Ce n'était qu'en attendant qu'il y eût un temple où l'autel fût réuni avec l'arche, et où se fît tout le service. Quand David eut défait tous ses ennemis, et qu'il eut poussé les conquêtes du peuple de Dieu jusqu'à l'Euphrate '; paisible et victorieux, il tourna toutes ses pensées à * l'établissement du culte divin ®; et sur la même montagne où Abraham, prêt à immoler son fils unique, fut retenu par la main d'un ange *", il désigna par ordre de Dieu le lieu du temple.
Il en fit tous les desseins "; il en amassa les riches et