On dit encore, Le gros (la plus
forte partie) d'une aimée, d'une troupe. Un gros de soldats. Ce terme s'appliquait autrefois à une plus grande variété d'objet.s. Même Partie, c. xx :
• L'Eglise est .'ondée parmi les Juifs, malgré l'incrédulité du gros de la nation. •
les rois enfants de David suivent les bons exemples de leur père, Dion fait des niiî-acles surprenants en leur faveur : mais ils sentent, quand ils dégénèrent, la force invincible de sa main, qui s'appesantit sur eux. Les rois d'Egypte, les rois de Syrie, et surtout ies rois d'Assyrie et de Babylonc, servent d'instrument à sa vengeance. L'impiété s'augmente , et Dieu suscite en Orient un roi plus superbe et plus redoutable que tous ceux ((ui avaient paru jusqu'alors : c'est Nabuchodonosor, roi de Babylone, le plus terrible des conquérants. 11 le montre de loin aux peuples cl aux rois comme le vengeur destiné à les punir '. Il approche ', et la frayeur marche devant lui. Il prend une première fois Jérusalem, et transporte à Babylone une partie de ses habitants \ Ni ceux qui restent dans le pays, ni ceux qui sont transportés, quoique avertis, les uns par Jérémie et les autres par Ézéchiel, ne font pénitence. Ils préfèrent à ces saints prophètes des propLctes f/ui leiw prèchaienl des illusions'', et les ûattaient dans leurs crimes. Le vengeur revient en Judée, et le joug de Jérusalem est aggravé ; mais elle n'est pas tout ;\ fait détruite. Enfin, l'iniquité vient à son comble ; l'orgueil croît avec la faiblesse, et Nabuchodonosor met tout en poudre'.
Dieu n'épargna pas son sanctuaire. Ce beau temple, l'ornement du m.onde, qui devait être éternel, si les enfants d'Israël eussent persévéré dans la piété ^ fut consumé par le feu des Assyriens. C'était en vain que les Juifs disaient sans cesse : Le temple de Dieu, le temple de Dieu le temple de Dieu est pay^mi nous ', comme si ce tem-
1. Jéiém., xiv, etc.; Ezcch., mvi, , 3. IV Rcg., xiiv, I; H Par., uxvi, etc B. 5, 6. B.
2. Hcraarqucz ces soudains moiive- | 4. Jdr., iiv, 14. B. — Bossuet reviendra mcnts du récit, comparables aui vives plus loin sur cet aTreuglcmcnt des Juifs et impétueuses saillies de la parole des presses par le roi d'Assyrie. V. dans prophètes. Xabuchodonosor vient d'être montré de loin à l'incrédule Judi, comme le futur auteur de sa ruine ; et tout à coup, le voilà : il marche sur Jérusalem, précédé,comme le vengeur d'E-
ie c. XXI de cette Partie, la comparaison des deux chutes de Jérusalem, sous Xabuchodonosor et sous Titus.
5. IV Rc>ç., XIV. B. — Met tout kh POUDRE. -Mot extrême, mais exact, en
téc\iit\, de l'épouvante. — Bussuetavait | parlant du dernier coup porté par le déjàdit dans un sermon 'sur les devoirs I terrible conquérant à une yille déjà des Rois) : « Quand Dieu veut faire des j deux fois plus qu'à demi détruite, conquérants, il fait marcher devant eux 6. lll Reg., ix, 3; IV Reg., m, 7, 8. B. ion esprit de terreur.... » I T. III Jér., tu, 4. B.
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pie sacré eût dû les protéger tout seul. Dieu avait résolu de leur faire voir qu'il n'était point attaché à un édifice de pierre, mais qull voulait trouver des cœurs fidèles. Ainsi il détruisit le temple de Jérusalem, il en donna le trésor au pillage ; et tant de riches vaisseaux, consacrés par des rois pieux, furent abandonnés à un roi impie *.
Mais la chute du peuple de Dieu devait être l'instruction de tout l'univers. Nous voyons en la personne de ce roi impie, et ensemble victorieux, ce que c'est que les conquérants. Ils ne sont pour la plupart que des instrumenis de la vengeance divine '^ Dieu exerce par eux sa justice, et puis il l'exerce sur eux-mêmes. Nabuchodonosor, revêtu de la puissance divine ^ et rendu invincible par ce ministère, punit tous les ennemis du peuple de Dieu. 11 ravage les Iduméens, les Ammonites et les Moabites; il renverse les rois de Syrie : l'Egypte, sous le pouvoir de laquelle la Judée avait tant de fois gémi, est la proie de ce roi superbe, et lui devient tributaire * : sa puissance n'est pas moins fatale à la Judée même, qui ne sait pas profiter des délais que Dieu lui donne. Tout tombe, tout est abattu par la justice divine, dont Nabuchodonosor est le ministre: il tombera à son tour ^; et Dieu, qui emploie la main de ce prince pour châtier ses enfants et abattre ses ennemis, le ré^^erve à sa main toute-puissante.
1. Détails pénibles, sur lesquels Thistoilen insiste comme à regret ; mais il y avait à tirer du spectacle de cette ruine du sanctuaire, ordonnée par Dieu môme, une haute ei pure leçon, celle qu'il a développée ailleurs, dans le IIK' S. sur le jour de Pâques, Exorde et l»' point : Que L'homme est le vrai temple de Dieu.
2. Cf. 0. F. de Condé : « Dieu nous a révélé que seul il fait les conquérants... i> 1" p.; Politique tirée de l'Ecriture, L. l.X, art. ii, 4^ prop in-
pare un châtiment rigoureux ; et S. sur les devoirs des Rois, !<:'■ p.
3. Revêtu dr la puissance... Comme l'ambassadeur ou le ministre d'un roi, auquel celui-ci délègue ses pouvoirs.