‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 220 sur 583 · IV neg., IV, 23. B · texte numérisé non relu

IV neg., IV, 23. B

bien à demeurer fermes dans l'alliance. Plusieurs d'eux ont souffert la mort ; et on a vu à leur exemple, dans les temps les plus mauvais, c'est-à-dire dans le règne * môme de Manassès^, une infinité de fidèles répandre laur sang pour la vérité, en sorte qu'elle n'a pas été un seul moment sans témoignage.

Ainsi la société du peuple de Dieu subsistait toujours : les prophètes y demeuraient unis : un grand nombre de fidèles persistait hautement dans la loi de Dieu avec eux, et avec les pieux sacrificateurs, qui persistaient dans les observances que leurs prédécesseurs, à remonter jusqu'à Aaron, leur avaient laissées. Dans les règnes les plus impies, tels que furent ceux d'Achaz et de Manassès, Isaïe et les autres prophètes ne se plaignaient pas qu'on eût interrompu l'usage de la circoncision, qui était le sceau de l'alliance ^ et dans laquelle était renfermée, selon la doctrine de saint Paul, toute l'observance de la loi.

On ne voit pas non plus que les sabbats et les autres fêles fussent abolis ; et si Achaz ferma durant quelque temps la porte du temple \ et qu'il y ait eu ^ quelque interruption dans les sacrifices, c'était une violence qui ne fermait pas pour cela la bouche de ceux qui louaient et confessaient publiquement le nom de Dieu ; car Dieu n'a jamais permis que cettevoix fût éteinte parmi son peuple : et quand Aman entreprit de détruire l'héritage du Seigneur, changer ses promesses * et faire cesser ses louanges"', on sait ce que Dieu fit pour l'empêcher. Sa

1. Dans lk nÈoTtE. Dans, et non pas, i tatif. Or nul doute qu'Achaz n'ait fermé

sous le règne : déjà remarqué, p. 57. le temple durant un temps, et que qucl-

?. IV lleg., XXI, 16. B. I que interruption dans les sacrifices n'en

3. Le sceau de l'alliance. — On a vu ^ ait été la suite. Nous écririons donc, et plus haut, p. 20 1 : o Abraham reçut la s'il y eut.

marque de l'alliance dans la circoiici- ' 6. Par une négligence de construction, sien. i> Ailleurs Bossuet appelle la cir- ! alors tolérée, la répétition de la préposiconcision. Le gage et le sacrement de tion de, nécessaire dans une telle phrase, l'alliance. Elévations sur les mystères, ! a été omise. — Tout ce passage, depuis VUl"^ Sem., 9° c. | les mots et avec les pieux sacrificateurs,

4. II Par., XXVIII, 24. B. jusqu'à la fin de 1 alinéa, a été trouvé

5. Et qu'il y ait eh- Le que, suivi du i par les éditeurs de Versailles parmi les subjonctif, ne peut remplacer si, au dé- notes préparées par Bossuetpour une noubut d'un second membre do phrase, que ' \olle édition, et ajouté par eux au texte, dans le cas où si est réellement dubi- | 7. Esth., xiv, 9. B.

puissance ne parut pas moins lorsque Anliochus voulut abolir la religion. Que ne dirent point les prophètes à Achaz et à Manassès, pour soutenir la vérité de la religion et la pureté du culte ? Les paroles des voyants qii leur parlaient au nom du Dieu d'Israël étaient écrites, comme remarque le texte sacré, dam r histoire de ces ms^ Si Manassès en fut touché, s'il fit pénitence, on ne peut douter que leur doctrine ne tînt un grand nombre de fidèles dans l'obéissance de la loi ; et le bon parti* était si fort, que dans le jugement qu'on portait des rois après leur mort, on déclarait ces rois impies indignes du sépulcre de David et de leurs pieux prédécesseurs. Car, encore qu'il soit écrit qu'Achaz fut enterré dans la cité de David, l'Écriture marque expressément qu'on ne le reçut pas dans le sépulcre des rois d'Israël'^. On n'excepta pas Manassès de la rigueur de ce jugement, encore qu'il eût fait pénitence, pour laisser un monument éternel de l'horreur qu'on avait eue de sa conduite. Et afin qu'on ne pense pas que la multitude de ceux qui adhéraient publiquement au culte de Dieu avec les prophètes fût destituée de la succession légitime de ses pasteurs ordinaires, Ézéchiel marque expressément, en deux endroits*, les sacrificateurs et les lévites enfants de Sadoc, qui y dans les temps d'égarement, avaient persisté dans l'observance des cérémonies du sanctuaire.

Cependant, malgré les prophètes, malgré les prêtres fidèles, et le peuple uni avec eux dans la pratique de la loi, l'idolâtrie qui avait ruiné Israël entraînait souvent, dans Juda même, et les princes et le gros du peuple ^ Quoique les rois oubliassent le Dieu de leurs pères, il supporta longtemps leurs iniquités, à cause de David son serviteur. David est toujours présent à ses j^eux. Quand

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