‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 252 sur 583 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Interruption et rétablissement de la paix : division dans ce peuple saint : persécution d'Antiochus : tout cela prédit.

Elle semblait devoir être éternelle \ s'ils ne l'eussent eux-mêmes troublée par leurs dissensions. Il y avait trois cents ans qu'ils jouissaient de ce repos tant prédit parleurs prophètes, quand l'ambition et les jalousies qui se mirent parmi eux les pensèrent " perdre. Quelques-uns des plus puissants trahirent leur peuple pour flatter les rois ; ils voulurent se rendre illustres à la manière des Grecs, et préférèrent une vaine pompe à la gloire solide que leur acquérait parmi leurs citoyens l'observance des lois de leurs ancêtres. Ils célébrèrent des jeux comme les Gentils ^ Cette nouveauté éblouit les yeux du peuple, et l'idolâtrie, revêtue de cette magnificence, parut belle à beaucoup de Juifs. A ces changements se mêlèrent les disputes pour le souverain sacerdoce, qui était la dignité principale de la nation. Les ambitieux s'attachaient aux rois de Syrie pour y parvenir, et cette dignité sacrée fut le prix de la flatterie de ces courtisans. Les jalousies et les divisions des particuliers ne tardèrent pas à causer, selon la coutume, de grands malheurs à tout le peuple et à la ville sainte. Alors arriva ce que nous avons remarqué qu'avait prédit Zacharie *: Juda même combattit contre Jérusalem, et cette ville fut trahie par ses citoyens. Antiochus l'Illustre, roi de Syrie, conçut le dessein de

t. Cette phrase par laquelle s'ouvre le chapitre xiv, commence comme si elle touchait celle par laquelle finit le précédentj ou n'en était séparée que par un aliuea. Plus d'un chapitre de \' Histoire universelle débute de cette manière, (.'est que dans les éditions publiées du -vivant de Bossuet la division en chapitres était simplement marquée p ir des indications marginales abrégées . On passait ainsi, comme de plain pied, d'un chapitre à un autre; rien ne rompait la suite du Discours depuis le commencement du livre jusqu'à la fin.

2. Cette acception du verbe penser, dont la conversation fait aujourd'hui plus grand usage que le style soutODu, n'est pas rare étiez Bossuet. o Les Carthaginois pensèrent périr par le soulèvement de leur armée. » p. 92. — « Childéric pensa périr par ses débauches. « p. )49. 0 Cet homme qui s'est pensé perdre dans une intrigue dangereuse...» s. sur la pénitence, I»;' p. Etc.

3. 1 Mach., I, 12, 13, etc.; H Mach., III, IV, I, etc. ; 14, 15, 16, etc. B.

Page 1