‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 286 sur 583 · V. plus haut, p · texte numérisé non relu

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7. Celte sorte de comparaison entre l'espèce de trinilé qui s'olfre dans l'âme humaine, et la Triiiité divine, est de saint Augustin. Elle remplit toul un livre du traité De Trinitate. Bossuol, en l'abrégeant, l'a éclaircie. L'analyse qu'il fait du processus de riutelligence humaine sous le regarJ do la coiiscii!iice, est un chef-d'œuvre de précision philosophique.

nous nous renfermions pour un peu de temps au fond de notre âme, c'est-à dire dans cette partie où la vérité se fait entendre, nous y verrons quelque image * de la Trinité que nous adorons. La pensée, que nous sentons naître comme le germe de notre esprit, comme le fils de notre intelligence, nous donne quelque idée du Fils de Dieu conçu éternellement dans l'intelligence du Père céleste. C'est pourquoi ce Fils de Dieu prend le nom de Verbe, afin que nous entendions qu'il naît dans le sein du Père, non comme naissent les corps, mais comme naît dans notre âme cette parole intérieure que nous y sentons quand nous contemplons la vérité ^

Mais la fécondité de notre esprit ne se termine pas ^ à cette parole intérieure, à cette pensée intellectuelle * , à cette image de la vérité qui se forme en nous. Nous aimons et cette parole intérieure, et l'esprit où elle naît ; et en l'aimant nous sentons en nous quelque chose qui ne nous est pas moins précieux que notre esprit et notre pensée, qui est le fruit de l'un et de l'autre, qui les unit, qui s'unit à eux, et ne fait avec eux qu'une même vie.

Ainsi, autant qu'il se peut trouver de rapport entre Dieu et l'homme, ainsi, dis-je, se produit en Dieu l'Amour éternel qui sort du Père qui pense, et du Fils qui est sa pensée, pour faire avec lui et sa pensée une même nature également heureuse et parfaite.

En un mot, Dieu est parfait; et son Verbe, image vivante d'une vérité infinie, n'est pas moins parfait que lui; et son Amour, qui, sortant de la source inépuisable du bien, en a toute la plénitude, ne peut manquer

1. Bossuet avait d'abord dH, l'image de ce mystère : il se reprend heureusement en disant, quelque image, quelque idée de ce mystère.

2. Greg. Naz., Ôrat.,ixxyï, nunc m, n. 20; t. I, p. 55i, éd. Bened. ; Aug., De Trinit., lib. IX, cap. it, et seq.; t.VIlI,col. 880, etseq.,etin Joan. Evans. Tract. I, etc. ; T. ni, p. î , col Î9 -', et seq"^; De Civ. Dei, iib. XI, cap. xivi, xivii, tom. VII, col. 292, et seq. B.

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