Remarquez la suite et le progrès éloge inspiré
de cet éloge. Qui était plus digne, en | 5. V. Il' partie, c. 4, et Politique saelTet, de chanter les merveilles de la crée. L. IX, art. 4.
faiblesses. Il s'abandonne à l'amour des femmes ; son esprit baisse, son cœur s'affaiblit, et sa piété dégénèreen idolâtrie*. Dieu, justement irrité, l'épargne en mémoire de David son serviteur ; mais il ne voulut pas laisser son ingratitude entièrement impunie : il partagea son royaume après sa mort, et sous son fils Roboam. L'orgueil brutal ^ de ce jeune prince lui fit perdre dix tribus, que Jéroboam sépara de leur Dieu et de leur roi (97o- 96-2). De peur qu'ils ne retournassent au roi de Juda, il défendit d'aller sacrifier au temple de Jérusalem, et il érigea ses veaux d'or ^, auxquels il donna le nom du dieu d'Israël, afin que le changement parût moins étrange. La même raison lui fit retenir la loi de Moïse, qu'il interprétait à sa mode ; mais il en faisait observer presque toute la police, tant civile que religieuse *, de sorte que le Pentateuque demeura toujours en vénération dans les tribus séparées.
Ainsi fut élevé le royaume d'Israël contre le royaume de Juda. Dans celui d'Israël triomphèrent l'impiété et l'idolâtrie. La religion, souvent obscurcie dans celui de Juda, ne laissa pas de s'y conserver.
En ces temps, les rois d'Egypte étaient puissants. Les quatre royaumes ' avaient été réunis sous .celui de Thèbes. On croit que Sésostris, ce fameux conquérant des Égyptiens, est le Sésac, roi d'Egypte, dont Dieu se servit pour châtier l'impiété de Roboam^ (971-938).
Dans le règne d'Abiam, fils de Roboam, on voit la fa-
1. Quelle déchéance pour le Sage elle châtierai avec des fouets garais de poln- Justel Bossuet, par la franchise de ces tes. > Rois, 1. UI, c. m.
quelques mots empreints de pitié et 3. Ils étaient bien à lui, puisque, le même de mépris, nous fait mesurer premier des nois, il imagina d'élever toute la rapidité et toute la profondeur ces idoles : le pronom ses lui en renvoie de la chute. j ironiquement l'honneur.
2. Brutal. Plus près qu'aujourd'hui 4. 111 Reg., xii, 32. B. du sens de brulus : bruta animalia, Aa- \ 5. L'auteur a signalé plus haut.
cun mot ne convenait mieux pour caractériser ici, en passant, le prince qui répondait aux justes réclamations de son peuple : « Mon père a mis sur vous un joug pesant, et moi je le rendrai encore plus pesant : mon père vous a châtiés avec des fouets, et moi je vous
I. 29, les dynasties simultanées deThè- 165, de Thin, de Memphis et de Tanis.
6. Sésostris (1650 ou 1350 av. J.-C.) n'est sans doute pas le même que Sésac. — Bossuet ne dit ici qu'un mot de Sésostris. V. dans la UI* partie, c. ui. le tableau des conquêtes et du règne de ce prince.
sua L'HISTOIRE UNIVERSELLE.
meuse victoire que la piété de ce prince lui obtint sur les tribus schismatiques. Son fils Asa, dont la piété est louée dans l'Écriture, y est marqué comme un homme qui songeait plus, dans ses maladies, au secours de la médecine qu'à la bonté de Dieu. De son temps, Amri, roi d'Israël, bâtit Samarie (924-914), où il établit le siège de son royaume.
Ce temps est suivi du règne admirable de Josaphat (914-904), où fleurissent la piété, la justice, la navigation et l'art militaire. Pendant qu'il faisait voir au royaume de Juda un autre David, Achab et sa femme Jézabel, qui régnaient en Israël, joignaient à l'idolâtrie de Jéroboam toutes les impiétés des Gentils. Ils périrent tous deux misérablement (899-89U). Dieu, qui avait supporté leurs idolâtries, résolut de venger sur eux le sang de Naboth qu'ils avaient fait mourir, parce qu'il avait refusé, comme l'ordonnait la loi de Moïse \ de leur vendre à perpétuité l'héritage de ses pères. Leur sentence leur fut prononcée par la bouche du prophète Élie. Achab fut tué quelque temps après (897-888)', malgré les précautions qu'il prenait pour se sauver.
Il faut placer vers ce temps la fondation de Carthage (892-860), que Didon, venue de Tyr, bâtit en un lieu où, à l'exemple de Tyr, elle pouvait trafiquer avec a%^antage, et aspirer à l'empire de la mer. Il est malaisé de marquer le temps où elle se forma en république ; mais le mélange des Tyriens et des Africains ^ fit qu'elle fut tout ensemble guerrière et marchande. Les anciens historiens, qui mettent son origine devant la ruine de Troie, peuvent faire conjecturer que Didon l'avait plutôt augmentée et fortifiée, qu'elle n'en avait posé les fondements.
1. CovxB l'ordonnait... V. Lévitique, XIV, 23 : • La terre ne se vendra point à perpétuité, parce qu'elle est à moi, et que vous y êtes comme des étrangers, a qui je la loue. » — « La loi, dit Bossuet (Pol. sacr., liv. VUl, art. 3], voulait que chacun gardât l'héritage de ses
pères, pour la conservation des biens des tribus. »