‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 290 sur 583 · Nh posséder qds Dieu seul. Ou · texte numérisé non relu

Nh posséder qds Dieu seul. Ou

sent la sublime fierté de ce tour, appliqué à un tel objet. Rien, n'avoir rien — que Dieu.

4. La loi de porter. Pour l'obligation de porter. y oici, entre autres exemples de cette construction, une phrase du Sermon sur la nécessité des souffrances: 0 Jésus établit la loi de souffrir ; il en couronne le droit usage; il en condamne l'abus. » Exorde. On lit aussi dans l'O. F. de la Princesse palatine, dernière partie: o L'esprit accablé par la rude loi de souffrir... •

5. Ce mot d'un rare usage, mcnie au siècle de Bossuet, n'a pas été admis par l'Académie dans la dernière édition de son Dictionnaire. On le trouve deux fois dans Corneille:

Qu'un tel épurement demande un grand courajel Qu'il est, même aux plus grands, d'un dilfi- [cile usage J Othon, V, 5.

Ce digne épurement Je le' inloilions.

Imitation, III, 38.

SUR L'HISTOIRE UiNIVERSELLE.

la croix qu'il veut qu'on le suive, et il met la vie éternelle à. ce prix. Le premier à qui il promet en particulier le repos du siècle futur, est un compagnon de sa croix : « Tu seras, lui dit- il*, aujourd'hui avec moi en paradis. » Aussitôt qu'il fut à la croix, le voile qui couvrait le sanctuaire fut déchiré de haut en bas, et le ciel fut ouvert aux âmes saintes. C'est au sortir de la croix, et des horreurs de son supplice, qu'il parut à ses apôtres, glorieux et vainqueur de la mort, afln qu'ils comprissent que c'est par la croix * qu'il devait entrer dans sa gloire, et qu'il ne montrait point d'autre voie à ses enfants.

Ainsi fut donnée au monde, en la personne de Jésus- Christ, l'image d'une vertu accomplie, qui n'a rien et n'attend rien sur la terre; que les hommes ne récompensent que par de continuelles persécutions; qui ne cesse de leur faire du bien, et à qui ses propres bienfaits attirent le dernier supplice. Jésus-Christ meurt sans trouver ni reconnaissance dans ceux qu'il oblige, ni fidélité dans ses amis, ni équité dans ses juges. Son innocence, quoique reconnue, ne le sauve pas ; son Père même, en qui seul il avait mis son espérance, retire toutes les marques de sa protection : le juste est livré à ses ennemis, et il meurt abandonné ^ de Dieu et des hommes.

Mais* il fallait faire voir à l'homme de bien que dans les plus grandes extrémités il n'a besoin ni d'aucune consolation humaine, ni même d'aucune marque sensible du secours divin ; qu'il aime seulement, et qu'il se confie *, assuré que Dieu pense à lui sans lui en donner aucune marque, et qu'une éternelle félicité lui est réservée.

Le plus sage des philosophes, en cherchant l'idée de la vertu *, a trouvé que comme de tous les méchants

Page 1