‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 320 sur 583 · i\Iattli.,xxiY;Marc.,xiii; Luc.,xxi.D · texte numérisé non relu

i\Iattli.,xxiY;Marc.,xiii; Luc.,xxi.D

4. Des promesses, et non, aux promesses. On a déjà noté plusieurs exemples de la préposition de employée après le mot foi, contrairement à l'usage qui a prévalu depuis : La foi du Messie, p. 274; La foi des Écritures, p. 266; La foi de la résurrection, p. 191 ; La foi des mystères, p. 326.

et ingrate envers son Sauveur, devait être l'image de l'enfer : ses perfides citoyens devaient représenter les damnés ; et le jugement terrible que Jésus-Christ devait exercer sur eux était la figure de celui qu'il exercera sur tout l'univers, lorsqu'il viendra à la fin des siècles, en sa majesté, juger les vivants et les morts. C'est une coutume de l'Écriture, et un des moyens dont elle se sert pour imprimer les mj'stères dans les esprits, de mêler pour notre instruction la figure à la vérité. Ainsi Notre- Seigneur a mêlé l'histoire de Jérusalem désolée avec celle de la fin des siècles ; et c'est ce qui paraît dans le discours dont nous parlons.

Ne croyons pas toutefois que ces choses soient tellement confondues, que nous ne puissions discerner ce qui appartient à l'une et à l'autre. Jésus-Christ les a distinguées par des caractères certains, que je pourrais aisément marquer, s'il en était question. Mais il me suffit de vous faire entendre ce qui regarde la désolation de Jérusalem et des Juifs.

Les apôtres (c'était encore au temps de la Passion), assemblés autour de leur maître, lui montraient le temple et les bâtiments d'alentour ; ils en admiraient les pierres, l'ordonnance, la beauté, la solidité ; et il leur dit * : « Voyez-vous ces grands bâtiments ? il n'y restera a pas pierre sur pierre. » Étonnés de cette parole, ils lui demandent le temps d'un événement si terrible ; et lui, qui ne voulait pas qu'ils fussent surpris dans Jérusalem lorsqu'elle serait saccag(''e (car il voulait qu'il y eût dans le sac de cette ville une image de la dernière séparation des bons et des mauvais), commença à leur raconter tous les malheurs comme ils devaient arriver l'un après l'autre.

Premièrement, il leur marque « des pestes, des fa- « mines, et des tremblements de terre * ; » et les histoires font foi que jamais ces choses n'avaient été plus fré-

1. Jlatth., XXIV, I, 2; Marc, xiii, 1, 1 ?. Maltli.,xxiVj 7 j Marc.,xiii, 8 ; Luc. S; Luc, XII, 5, 6. B. l xxi, U.C.

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quentes ni plus remarquables qu'elles le furent durant ces temps. Il ajoute qu'il y aurait par tout l'univers « des troubles, des bruits de guerre, des guerres san- (( glantes ; que toutes les nations se soulèveraient les « unes contre les autres', » et qu'on verrait toute la terre dans l'agitation. Pouvait-il mieux nous représenter les dernières années de Néron, lorsque tout l'empire romain, c'est-à-dire tout l'univers, si paisible depuis la victoire d'Auguste et sous la puissance des empereurs, commença à s'ébranler, et qu'on vit les Gaules, les Espagnes, tous les royauuîes dont l'empire était composé, s'émouvoir* tout à coup; quatre empereurs s'élever presque en même temps contre Néron et les uns contre les autres; les cohortes prétoriennes, les armées de Syrie, de Germanie, et toutes les autres qui étaient répandues en Orient et en Occident, s'enlre-choquer, et traverser, sous la conduite de leurs empereurs, d'une extrémité du monde à l'autre^ pour décider leur querelle par de sanglantes batailles ? Voilà de grands maux, dit le Fils de Dieu*, « mais ce ne sera pas encore la fm. » Les Juifs souffriront comme les autres dans cette commotion universelle du monde ; mais il leur viendra bientôt après des maux plus particuliers, « et ce ne sera ici que le « commencement de leurs douleurs. »

Il ajoute que son Église, toujours affligée depuis son premier établissement, verrait la persécution s'allumer contre elle plus violente que jamais durant ces temps \ Vous avez vu que Néron, dans ses dernières années, entreprit la perte des chrétiens, et fit mourir saint Pierre et saint Paul. Cette persécution, excitée par les jalousies et les violences des Juifs, avançait leur perte, mais elle n'en marquait pas encore le terme précis.

1. Matth , IXI7, 6, 7; Marc, xui, 7; 1 en quelques mots le grave Tacile au d.5- Luc, XXI, 9, 10. B. but de ses Histoires.— Opus aggredior

2. SÉMouvoiR. Se soulever. Cf. p. 315. optmum casibus, atrox prœliis... nu-

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