Il y a daus ce rapide coup d'œil tantes Galliœ, etc
jeté sur l'état de rempue, c'est-à-dire, 4. Matth., ixit, 6, 8; Marc, iiii, 7, du monde, au lendemain de la chute i 8; Luc, xxi, 9. B. de Néron, quelque chose de reffrayante 5. Matth., xiiv, 9; Marc, xiii, 9; grandeur du spectacle que nous déroule ' Luc, ixi, li. U.
La venue des faux Christs et des faux prophètes semblait être un plus prochain acheminement à la dernière ruine : car la destinée ordinaire de ceux qui refusent de prêter l'oreille à la vérité est d'être entraînés à leur perte par des prophètes trompeurs. Jésus-Christ ne cache pas à ses apôtres que ce malheur arriverait aux Juifs. « Il « s'élèvera, dit-il *, un grand nombre de faux prophètes « qui séduiront beaucoup de monde. » Et encore : «Donnez-vous de garde des faux Christs et des faux « prophètes. »
Qu'on ne dise pas que c'était une chose aisée à deviner à qui connaissait l'humeur de la nation ; car, au contraire, je vous ai fait voir que les Juifs, rebutés de ces séducteurs' qui avaient si souvent causé leur ruine, et surtout dans le temps de Sédccias, s'en étaient tellement désabusés, qu'ils cessèrent de les écouter. Plus de cinq cents ans se passèrent sans qu'il parût aucun faux prophète en Israël. Mais l'enfer, qui les inspire, se réveilla à la venue de Jésus-Christ; et Dieu, qui tient en bride autant qu'il lui plaît les esprits trompeurs, leur lâcha la main % afin d'envoyer dans le même temps ce supplice* aux Juifs, et cette épreuve à ses fidèles. Jamais il ne parut tant de faux prophètes que dans les temps qui suivirent la mort de Notre- Seigneur. Surtout vers le temps de la guerre judaïque, et sous le règne de Néron qui la commença, Josèphe nous fait voir une infinité de ces imposteurs^ qui attiraient le peuple au désert par de vains prestiges et des secrets de magie, leur promettant une prompte et miraculeuse délivrance. C'est aussi pour cette raison
l.Malth., xiiv, U, 23, 24; Marc, 1111,22, 2J; Luc, ïxi, 8. B.
2. Rebctgs.... a ce participe, signifiant lassé de, dégoûté de, l'usage donne plutôt pour conipli5ment un nom de ihose qu'un nom de personne. Rebuté d'une longue guerre. — Rebuté des difficultés d'une entreprise.
3. Rien de plus juste que cette image, familièrement empruntée au langage de l'équitation. Lâcher la main à, rendre la main à, se dit, au propre, du cheval, qu'on veut bien, pour un temps,
laisser courir, s'él.incer d'une course libre, mais duquel dispose toujours la volonté du cavalier. Ainsi Dieu lâche pour quelque temps o les esprits trompeurs. »
4. SuppLicE.Ausensde, punition. Cette séduction des Juifs par les esprits trompeurs était déjà une grande peine, avant leur ruine totale, qu'elle précédait de peu.
5. Joseph., Ant., lib. XX, c. 6, al. 8; De bello jud., lib. H, c. 12, al. »3. B.
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que le désert est marqué dans les prédictions de Notrc- Seigneur ' comme un des lieux où seraient cachés ces faux libérateurs que vous avez vus à la fin entraîner le peuple dans sa dernière ruine. Vous pouvez croire que le nom du Christ, sans lequel il n'y avait point de délivrance parfaite pour les JuifS; était môle dans ces promesses imaginaires; et vous verrez dans la suite de quoi vous en convaincre.
La Judée ne fut pas la seule province exposée à ces illusions : elles furent communes dans tout l'empire. Il n'y a aucun temps où toutes les histoires nous fassent paraître un plus grand nombre de ces imposteurs qui se vantent de prédire l'avenir, et trompent les peuples par leurs prestiges. Un Simon le Magicien, un Élymas, un Apollonius Tyaneus^, un nombre infini d'autres enchanteurs, marqués dans les histoires saintes et profanes, s'élevèrent durant ce siècle, où l'enfer semblait faire ses derniers efforts pour soutenir son empire ébranlé. C'est pourquoi Jésus-Christ remarque en ce temps, principalement parmi les Juifs, ce nombre prodigieux de faux prophètes. Qui considérera de près ses paroles, verra qu'ils devaient se multiplier devant et après la ruine de Jérusalem, mais vers ces temps; et que ce serait alors que la séduction, fortifiée par de faux miracles et par de fausses doctrines, serait tout ensemble si subtile * et si puissante, que « les élus mêmes, s'il était possible, y se- « raient trompés *. »
Je ne dis pas qu'à la fin des siècles il ne doive encore arriver quelque chose de semblable et de plus dangereux, puisque même nous venons de voir que ce qui se passe dans Jérusalem est la figure manifeste de ces derniers temps : mais il est certain que Jésus Christ nous a donné cette séduction comme un des effets sensibles de la colère de Dieu sur les Juifs, et comme un des signes de leur perte. L'événement a justifié sa prophétie : tout est ici attesté par des témoignages irréprochables. Nous lisons
1. Malth., XXIV, 26. B. i 3. Si subtile Si déliée cl insinuante.
2.C.-à-J.,deTjane,villedeCappacloc<'. | 4. Matth., xsiv, 24 jMarc.,xia,-ii2. B.
la prédiction de leurs erreurs dans l'Évangile ; nous en voyons l'accomplissement dans leurs histoires, et surtout dans celle de Josèphe.
Après que Jésus-Christ a prédit ces choses, dans le dessein* qu'il avait de tirer les siens des malheurs dont Jérusalem était menacée, il vient aux signes prochains de la dernière désolation de cette ville.
Dieu ne donne pas toujours à ses élus de semblables marques. Dans ces terribles châtiments qui font sentir sa puissance à des nations entières, il frappe souvent le juste avec le coupable; car il a de meilleurs moyens de les séparer, que ceux qui paraissent à nos sens. Les mêmes coups qui brisent la paille séparent le bon grain : l'or s'épure dans le même feu où la paille est consumée '; et, sous les mêmes châtiments par lesquels les méchants sont exterminés, les fidèles se purifient ^ Mais dans la désolation de Jérusalem, afin que l'image du jugement dernier fût plus expresse, et la vengeance divine plus marquée sur les incrédules, il ne voulut pas que les Juifs qui avaient reçu l'Évangile fussent confondus avec les autres; et Jésus-Christ donna à ses disciples des signes certains auxquels ils pussent connaître quand il serait temps de sortir de cette ville réprouvée. 11 se fonda, selon sa coutume, sur les anciennes prophéties, dont il était l'interprète aussi bien que la fin; et, repassant sur l'endroit où la dernière ruine de Jérusalem fut montrée si clairement à Daniel, il dit ces paroles * : « Quand vous « verrez l'abomination de la désolation que Daniel a pro- (; phétisée, que celui qui lit entende; quand vous la ver- (( rez établie dans le lieu saint, » ou, comme il est porté dans saint Marc, « dans le Heu où elle ne doit pas être,
1. Daws le dessein. — Complément du verbe qui suit (il vient), et non de celui qui précède (a prédit).