Jos^'ph., Aiit., iib. XVIII, c. 7, al. 5. B
3i8 DISCOURS
exterminer. Ainsi, quand Jérusalem fut assiégée, elle était environnée d'autant d'idoles qu'il y avait d'enseignes romaines ; et l'abomination ne parut jamais Vài\[ où elle ne devait pas ètre^ c'est-à-dire dans la terre sainte et autour du temple.
Est-ce donc là, dira-t-on, ce grand signe que Jésus- Christ devait donner ? Était-il temps de s'enfuir quand Tite assiégea Jérusalem, et qu'il en ferma de si près les avenues, qu'il n'y avait plus moyen de s'échapper ? C'est ici qu'est la merveille de la prophétie. Jérusalem a été assiégée deux fois en ces temps : la première, par Cestius, gouverneur de Syrie, l'an 68 de Notre- Seigneur*; la seconde, par Tite, quatre ans après, c'està-dire l'an 72^. Au dernier siège, il n'y avait plus moyen de se sauver. Tite faisait cette guerre avec trop d'ardeur : il surprit toute la nation renfermée dans Jérusalem durant la fête de Pâque, sans que personne échappât; et cette effroyable circonvallation qu'il fît autour de la ville ne laissait plus d'espérance à ses habitants. Mais il n'y avait rien de semblable dans le siège de Cestius : il était campé à cinquante stades, c'est-à-dire à six milles de Jérusalem *. Son armée se répandait tout autour, mais sans y faire de tranchées ; et il faisait la guerre si négligemment, qu'il manqua l'occasion de prendre la ville, dont la terreur, les séditions, et même ses intelligences lui ouvraient les portes. Dans ce temps, loin que la retraite fût impossible, l'histoire marque expressément que plusieurs Juifs se retirèrent *. C'était donc alors qu'il fallait sortir ; c'était le signal que le Fils de Dieu donnait aux siens. Aussi a-t-il distingué très-nettement les deux sièges : l'un, où la ville servait entourée de fosses et de forts ^ ; alors il n'y aurait plus que la mort pour tous ceux qui y étaient enfermés: l'autre, où elle serait seulement enceinte de l'armée ®, et plutôt investie qu'assiégée dans
) . Joseph., De leHo jud., lib. Il, . 23, 24, al. 18, 19. B.