‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 33 sur 583 · C. VII · texte numérisé non relu

C. VII

-. Dans le TRÔriE. Cette locution (nous dirions sur le trône) était ordinaire au xvii"! siècle.

S il n'est pas daru le trine, il a droit d'y pré- [teodre.

Co»NEn.i.iî, Œdipe, II. i.

• Si le roi venait à ne pas «e main-

tenir dans le trône, il faudrait... > (Bussy, Mém., 1663). Etc., etc.

3. D'après une autre opinion accréditée, le règne de ce Pul ou Phul, allié du roi d'Israël, Manahem, aurait suivi la chute de Sardanapale ; et ce Phul ou Phalasar, roi de Ninive, serait le père du belliqueux Theglatli-Phalasar. V. sur cette question l'Histoire ancienne des peuples d'Orient de M. Robiou, p. 184.

11 est difficile de savoir quel roi de Ninive Gt pénitence à la voix de Jonas.

4. Son humedr. Voir cette humeur admirablement décrite, Ille partie, c. v.

5. L'Etat populaire. C'est le mot en usage au xvii» siècle pour désigner ce que nous appelons gouvernement démocratique, démocratie.

dée sur la fin de la troisième année de la sixième olympiade, 430 ans environ après la prise de Troie , de laquelle les Romains croyaient que leurs ancêtres étaient sortis , et 7o3 ans devant Jésus-Christ K Romulus , nourri ' durement avec les bergers, et toujours dans les exercices de la guerre, consacra cette ville au dieu de la guerre, qu'on croyait son père.

Vers les temps de la naissance de Rome, arriva, par la mollesse de Sardanapale, la chute du premier empire des Assyriens (748-759). Les Mèdes, peuple belliqueux, animés par les discours d'Arbace, leur gouverneur, donnèrent à tous les sujets de ce prince efféminé l'exemple de le mépriser. Tout se révolta contre lui, et il périt enfin dans sa ville capitale, où il se vit contraint à se brûler lui-même avec ses femmes , ses eunuques et ses richesses.

Des ruines de cet empire on voit sortir trois grands royaumes. Arbace ou Orbace , que quelques-uns appellent Pharnace, affranchit les Mèdes, qui, après une assez lon^^ue anarchie, eurent des rois très-puissants. Outre cela, incontinent après Sardanapale, on voit paraître un second royaume des Assyriens, dont Ninive demeura la capitale, et un royaume de Babylone. Ces deux derniers royaumes ne sont pas inconnus aux auteurs profanes, et sont célèbres dans l'histoire sainte '. Le second royaume de Ninive est fondé par Thilgath ou Theglath, fils de Phalasar *, appelé pour cette raison Theglathphalasar, à qui on donne aussi le nom de Ninus le Jeune. Baladan, que les Grecs nomment Bélésis, éta-

1. Suivant les Bénédictins, 515 ans après la prise de Troie, et 754 av. J.-C.

2. Nonnm. Ce mot s'est déjà rencontré (p. 45), et se rencontrera souvent dans notre texte avec ce sens tout semblable à celui du latin educatus, nutritus. • Ses capitaines nourris dans la guerre, sous un si grand conquérant... » Vin« époque.

Vont, nourri dans lei camps du samlroi Josaphat.

Alltalie, I, i.

Kt Bci qui, jnaqo'ici, nourri dan» la Satire. BouiAu, Art poétique, iV

3. Y. quelques pages plus loin comment Bossuet établit lui-même cette assertion.

4. Ce n'est pas ce roi, c'est Phul, ou Pul, qui passe généralement pour le fondateur du second royaume de Ninive. Theglath-Phalasar se place le second sur la liste de ces rois ninivites. — Bélésis, confondu par Bossuet avec Nabonassar, en est distingué par d'autres : i) serait le père du roi de ce nom.

riO DISCOURS

blit le royaume de Babylone, où il est connu sous le nom de Nabonassar. De là l'ère de Nabonassar, célèbre chez Ptolomée ^ et les anciens astronomes , qui comptaient leurs années par le règne de ce prince. Il est bon d'avertir ici que ce mot d'ère signifie un dénombrement d'années commencé à un certain point que quelque grand événement fait remarquer.

Acliaz, roi de Juda, impie et méchant, pressé par Razin, roi de Syrie, et par Phacée, fils de Romélias, roi d'Israël, au lieu de recourir à Dieu , qui lui suscitait ces ennemis pour le punir, appela (740-735) Theglathphalasar, premier roi d'Assyrie ou de Ninive, qui réduisit à l'extrémité le royaume d'Israël, et détruisit tout à fait celui de Syrie : mais en même temps il ravagea celui de Juda, qui avait imploré sou assistance. Ainsi les rois d'Assyrie apprirent le chemin de la terre sainte, et en résolurent la conquête. Ils commencèrent par le royaume d'Israël, que Salmanasar, fils et successeur de Theglathphalasar, détruisit entièrement (721-718). Osée, roi d'Israël, s'était fié au secours de Sabacon , autrement nommé Sua ou Soiis, roi d'Ethiopie ^, qui avait envahi l'Egypte. Mais ce puissant conquérant ne put le tirer des mains de Salmanasar. Les dix tribus, où le culte de Dieu s'était éteint, furent transportées à Ninive, et, dispersées parmi les Gentils, s'y perdirent tellement, qu'on ne peut plus en découvrir aucune trace '. Il en resta quelques-uns, qui furent mêlés parmi les Juifs *, et firent une petite partie du royaume de Juda.

En ce temps arriva la mort de Romulus (715). Il fut toujours en guerre, et toujours victorieux; mais, au milieu des guerres, il jeta les fondements de la reli-

1. C'est le célèbre astronome çrec, I Sevechos ou Sevekowtph, de Sew o'i contemporain des Antouins, parmi les Sevk {nom d'une divinité égyptienne), ouvrages duquel se trouvent des ta- suivant M. ChampoUion-Figeac.

blés chronologiques, intitulées Canon 3. On ne pouvait exprimer en termes

royal. Y. plus loin, même chapitre. plus nets et plus forts cet anéautisse-

2. Le Sua de rEcriture (c'est le nom ment complet d'un peuple, amené par qu'elle donne à l'Ethiopien, allié d'O- l'émigration forcée et la dispersion. 8ée) se rapporterait aussi bien, ou peut- 4. Lbs Jdifs. Les Juifs propremevl ètr« mieux, au successeur de Sabacon, dit?, ceux de Juda.

SUR L'HISTOIRB UNIVERSELLE.

gion et des lois. Une longue paix donna moyen à Numa, son successeur, d'achever l'ouvrage. Il forma la religion , et adoucit les mœurs farouches du peuple romain *. De son temps, les colonies venues de Corinthe, et de quelques autres villes de Grèce, fondèrent Syracuse en Sicile, Grotone , Tarente, et peut-être (luelques autres villes dans cette partie de l'Italie, à qui de plus anciennes colonies grecques répandues dans tout le pays avaient déjà donné le nom de Grande-Grèce.

Cependant Ézéchias, le plus pieux et le plus juste de tous les rois après David , régnait en Judée. Sennachérib, fils et successeur de Salmanasar, l'assiégea dans Jérusalem avec une armée immense (710-707) : elle périt en une nuit, par la main d'un ange. Ézéchias, délivré d'une manière si admirable , servit Dieu avec tout son peuple,plus fidèlement que jamais. Mais, après la mort de ce prince (698-694), et sous son fils Manassès, le peuple ingrat oublia Dieu, et les désordres s'y multiplièrent*.

L'État populaire se formait alors parmi les Athéniens, et ils commencèrent à choisir les archontes annuels, dont le premier fut Créon (687-684).

Pendant que l'impiété s'augmentait ^ dans le royaume de Juda, la puissance des rois d'Assyrie, qui devaient en être les vengeurs *, s'accrut sous Asaraddon, fils de Sennachérib. Il réunit le royaume de Babylone à celui de Ninive (681-680), et égala dans la grande Asie ^ la puissance des premiers Assyriens. Les Mèdes commençaient aussi à se rendre considérables*. Déjocès, leur premier roi, que quelques-uns prennent pour l'Arphaxad nommé

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