La cBAnDB âsib. C'est le mot par
lequel les anciens désignaient le continent asiatique au delà du Taurus; Asia major, par opposition à l'Asie mineure.
Ailleurs, YIII» Époque, Bossuet dira, d'après une autre manière de parler des anciens, la haute Asie, et l'A-ie inférieure.
6. Considérables. Au sens propre : se rendirent dignes de considération, se mirent en état d'être respectés et craints. Plus loin : • Les Mècles avant Cyrus, quoique puissants et considérables... •
dans le livre de Judith, fonda la superbe ville d'Ecbatane, et jeta les fondements d'un grand empire. Ils l'avaient mis sur le trône pour couronner ses vertus, et mettre fin aux désordres que l'anarchie causait parmi eux. Conduits par un si grand roi, ils se soutenaient contre leurs voisins, mais ils ne s'étendaient pas.
Rome s'accroissait, mais faiblement. Sous Tullus Hostilius, son troisième roi (671), et par le fameux combat ' des Horaces et des Curiaces, Albe fut vaincue et ruinée : ses citoyens, incorporés à la ville victorieuse, l'agrandirent et la fortifièrent. Romulus avait pi'atiqué le premier ce moyen d'augmenter la ville, où il reçut les Sabins et les autres peuples vaincus. Ils oubliaient leur défaite, et devenaient des sujets affectionnés. Rome, en étendant ses conquêtes, réglait sa milice; et ce fut sous Tullus Hostilius * qu'elle commença à apprendre cette belle discipline qui la rendit, dans la suite, maîtresse de l'univers ^.
Le royaume d'Egypte, affaibli par ses longues divisions, se rétablissait sous Psammitique (670-671). Ce prince, qui devait son salut aux Ioniens et aux Cariens, les établit dans l'Egypte, fermée jusqu'alors aux étrangers. A cette occasion, les Égyptiens entrèrent en commerce avec les Grecs ; et, depuis ce temps aussi, l'histoire d'Egypte, jusque-là mêlée de fables pompeuses * par l'artifice des prêtres, commence, selon Hérodote, à avoir de la certitude ' .
1. Par le fameux combat. . fut vain- 2. • Hic (Tullias) omnem mililarera
eue. — Par le moyen du combat. Cet disciplinam aj^emque bellandi condi-
emploi de la préposition par se retrouve dit. • Florus, I, 3.
dans plus d'une phrase concise de cet 3. • La discipline militaire est la chose
abrégé. « Il se fit alors de grands mou- qui a paru la première dans leui- État, et
yements par l'intempérance d'App. Clo- la dernière qui s'y est perdue. • Ill« par-
djus. • Par suite de, à cause de (VIIl* tie, Les Empires, c. vi.
Epoque.) • Par la vertu des deux kn- 4. Pompecscs. Ce mot paraît faire al-
toniiis, ce nom d^eviut les délices des lusion à l'antiquité exagérée que les
Romains. » (X^ Epoque.) Montesquieu prêtres égyptiens donnaient à Thistoire
écrit de la même manière : t Les Ro- de leur pays, aux 341 rois qu'ils comp-
mains avaient perdu la coutume de for- taient depuis Menés jusqu'à Séthonseu-
tifier leur camp, tt, par cette négligence, lement, et surtout à ce règne des dieui
leurs armées furent enlevées parla ca- qu'ils disaient avoir précédé dans l'E-
valerie des barbares. » Gr. et Dec. des gypte celui des rois. V. Hérod., II, 142.
homains, c. xviu. 5- Hérod., lib. Il, c. 154. B.
Cependant les rois d'Assyrie devenaient de plus en plus redoutables à tout l'Orient. Saosduchin, lils d'Asaraddon, qu'on croit être le Nabuchodonosor du livre de Judith, défit en bataille rangée Arphaxad, roi des Mèdes (656-653), quel qu'il soit K Si ce n'est pas Déjocès lui-même, premier fondateur d'Ecbatane, ce peut être Phraorte ou Aphraarte, son fils, qui en éleva les murailles. Enflé de sa victoire, le superbe roi d'Assyrie entreprit de conquérir toute la terre. Dans ce dessein, il passa l'Euphrate, et ravagea tout jusqu'en Judée.
Les Juifs avaient irrité Dieu, et s'étaient abandonnés à l'idolâtrie, à l'exemple de Manassès; mais ils avaient fait pénitence avec ce prince : Dieu les prit aussi en sa protection. Les conquêtes de Nabuchodonosor et d'Holopherne, son général, furent tout à coup arrêtées parla main d'une femme ^
Déjocès, quoique battu par les Assyriens, laissa son royaume en état de s'accroître sous ses successeurs. Pendant que Phraorte, son fils, et Cyaxare, fils de Phraorte, subjuguaient la Perse, et poussaient leurs conquêtes dans l'Asie Mineure jusques aux bords de l'Halys, la Judée vit passer le règne détestable d'Amon, fils de Manassès; et Josias, fils d'Amon, sage dès l'enfance, travaillait à réparer les désordres causés par l'impiété des rois ses prédécesseurs (641-639).
Rome, qui avait pour roi Ancus Martius, domptait quelques Latins sous sa conduite, et, continuant à se faire des citoyens de ses ennemis ', elle les renfermait dans ses murailles. Ceux de Véies*, déjà affaiblis par Romulus, firent de nouvelles pertes. Ancus poussa ses con-
1. Quel qu'il soit. S'explique par la rum,quiremroraanamaiixerunthostibus
phrase suivante : Que cet Arphaxad, in civitatem accipienJis, multitudinem
dont parle l'Écriture, soit Déjocès ou omnem Romam traduxit (Ancus), etc. •
bien Phraorte... I, 33.
i. La »ain d'une femme. Ce qu'il y 4. Ceux de Véies. De même, plus loin,
avait d'inouï, de merveilleux dans cette ceux d'Antioche, ceux de Juda. Cette
délivrance de Juda, ces deux mots, ainsi locution, qui rappelle certaines manie-
placés, le font entendre aussi bien ou res de parler grecques (01 toû IHiaTûvo^
mieux que les plus éloquentes réflexions. Oi il î;jiwv, 01 Toxe, etc.), n'était pas rare
3. vif résumé d'une phrase de Tite- au temps de Bossuet. Live : • ... Sequutus morem regum prio- .
quêtes jusqu'à la mer voisine, et bâtit la ville d'Ostie, à rembouckcure du Tibre (626).
En ce temps, le royaume de Babylone * fut envahi par Nabopolassar. Ce traître, que Chinaladan, autrement Sarac, avait fait général de ses armées contre Cyaxare, roi des Mèdes, se joignit avec Astyage *, fils de Cyaxare, prit Chinaladan dans Ninive, détruisit cette grande ville si longtemps maîtresse de l'Orient, et se mit sur le trône de son maître. Sous un prince si ambitieux, Babylone s'enorgueillit *. La Judée, dont l'impiété croissait sans mesure, avait tout à craindre. Le saint roi Josias suspendit pour un peu de temps, par son humilité profonde, le châtiment que son peuple avait mérité ; mais le mal s'augmenta sous ses enfants. Nabuchodonosor II, plus terrible que son père Nabopolassar, lui succéda. Ce prince, nourri dans l'orgueil et toujours exercé à la guerre, fit des conquêtes prodigieuses en Orient et en Occident; et Babylone menaçait toute la terre de la mettre en servitude. Ses menaces eurent bientôt leur effet à l'égard du peuple de Dieu. Jérusalem fut abandonnée à ce superbe vainqueur, qui la prit par trois fois : la première, au commencement de son règne, et à la quatrième année du règne de Joakim, d'où commencent les soixante-dix ans de la captivité de Babylone, marqués parle prophète Jérémie* ; la seconde, sous Jéchonias, ou Joachin fils de Joakim; et la dernière, sous Sédécias, où la ville fut renversée de fond en comble, le temple réduit en cendres, et le roi mené captif à Babylone, avec Saraïa, souverain pontife, et la meilleure partie ^ du peuple. Les plus illustres de ces captifs furent les prophètes Ézéchiel
1. Le hotaume de Babtloxe. Entendez le second empire d'Assyrie, qui, à sa première capitale, Ninive, venait d'ajouter Babylone, prise et réunie, depuis l'an 680, par Asaraddon.