Act., XII, J, 2, 3. B
mains', comme ils avaient fait Jésus-Christ*; et le vœu sacrilège de leurs faux zélés, qui jurèrent de ne boire ni ne manger ^ jusques à ce qu'ils eussent tué ce saint apôtre, montre assez qu'ils se croyaient déchus dd pouvoir de le faire mourir juridiquement. Que s'ils lapidèrent saint Etienne *, ce futtumultuairement, et par un effet de ces emportements séditieux que les Romains ne pouvaient pas toujours réprimer dans ceux qui se disaient alors les zélateurs ^. On doit donc tenir pour certain, tant par ces histoires ® que par le consentement des Juifs, et par l'état de leurs affaires, que vers les temps de Notre- Seigneur, et surtout dans ceux où il commença d'exercer son ministère, ils perdirent entièrement l'autorité temporelle. Ils ne purent voir cette perte sans se souvenir de l'ancien oracle de Jacob, qui leur prédisait que dans le temps du Messie il n'y aurait plus parmi eux ni puissance, ni autorité, ni magistrature. Un de leurs plus anciens auteurs le remarque "^ ; et il a raison d'avouer que le sceptre n'était plus alors dans Juda, ni l'autorité dans les chefs du peuple, puisque la puissance publique leur était ôtée, et que le sanhédrin étant dégradé, les membres de ce grand corps n'étaient plus considérés comme juges, mais comme simples docteurs. Ainsi, selon euxmêmes, il était temps que le Christ parût. Comme ils voyaient ce signe certain de la prochaine arrivée de ce nouveau roi, dont l'empire devait s'étendre sur tous les peuples, ils crurent qu'en effet il allait paraître. Le bruit