Tract. Voc. magna Gen., seu Comm. in Gen. B
SUR L'HISTOllŒ UNIVERSELLE.
B*en répandit aux environs, et on fut persuadé dans tout l'Orient qu'on ne serait pas longtemps sans voir sortir de Judée ceux qui régneraient sur toute la terre.
Tacite et Suétone rapportent ce bruit comme établi par une opinion constante, et par un ancien oracle qu'on trouvait dans les livres sacrés du peuple juif*. Josèphe récite* cette prophétie dans les mômes termes, et dit comme eux qu'elle se trouvait dans les saints livres '. L'autorité de ces livres, dont on avait vu les prédictions si visiblement accomplies en tant de rencontres, était grande dans tout l'Orient ; et les Juifs, plus attentifs que les autres à observer des conjonctures qui étaient principalement écrites pour leur instruction, reconnurent le temps du Messie que Jacob avait marqué dans leur décadence. Ainsi les réflexions qu'ils firent sur leur état furent justes ; et, sans se tromper sur les temps du Christ, ils connurent qu'il devait venir dans le temps qu'il vint en effet. Mais, ô faiblesse de l'esprit humain, et vanité *, source inévitable d'aveuglement M L'humilité du Sauveur cacha à ces orgueilleux les véritables grandeurs qu'ils devaient chercher dans leur Messie. Ils voulaient que ce fût un roi semblable aux rois de la terre. C'est pourquoi les flatteurs du premier Hérode, éblouis de la grandeur et de la magnificence de ce prince, qui, tout tyran qu'il était, ne laissa pas d'enrichir la Judée, dirent qu'il était lui-même ce roi tant promis ^ C'est aussi ce qui donna lieu àla secte desHérodiens, dont il est tant parlé dans l'Évangile '', et que les païens ont connue, puisque Perse et son scoliaste nous apprennent * qu'encore du temps de
1. Suef., Vespas., n. 4 ; Tacil., //tsf., lib. V, cap. 13. B.
2. lltciTE. C.-à-d., cite. Ce sens était un de ceux du latin recitare. l'iiis loin, c. xivi : « Porphyre récite l'oracle de la déesse Hécate.. »
3. Joseph., De ù'I'ojtid , lib. VU.c. 12, at lib. VI, c. b; Hegesip., De excid. Je,:, lib. V, c. 44. B.
4. Vamtk. Attachemcat aux choses vaincs, aux faux biens, aux fausses gsandeur$.
5. L'insistance même avec laquelle le religieux écrivain vient de marquer celte unanimité des Juifs à attendre un Messie dans le temps désigné, rend plus naturelle et plus touchaute cette exclamation de douleur et d'elonnemcnt.
6. Epiph , lib. I, l/œr. xi, fJerodiaiK, ), toni. 1, p. 45. B.