Ils NOUS ont fougé un Agrippa
Familiarité sarcastique. Bossuet, on l'a déjà vu, attaque sur tous les tons, combat par toutes les armes l'advei^sairp a^ec lequel il est ici aux prise;.
cet Agrippa, Christ par son titre de roi, soit le Christ dont il est parlé dans Daniel : nouvelle preuve de leur aveuglement. Car, outre que cet Agrippa ne peut être oi le Juste, ni le Saint des saints, ni la fin des prophéties, tel que devait être le Christ que Daniel marquait en ce lieu ; outre que le meurtre de cet Agrippa, dont les Juifs étaient innocents, ne pouvait pas être la cause de leur désolation, comme devait être la mort du Christ de Daniel: ce que disent ici les Juifs est une fable. Cet Agrippa, descendu d'Hérode, fut toujours du parti des Romains : il fut toujours bien traité par leurs empereurs, et régna dans un canton de la Judée longtemps après la prise de Jérusalem, comme l'attestent Josèphe et les autres contemporains *.
Ainsi tout ce qu'inventent les Juifs, pour éluder les prophéties, les confond. Eux-mêmes ils ne se fient pas à des inventions si grossières; et leur meilleure défense est dans cette loi qu'ils ont établie de ne supputer plus les jours du Messie. Par là ils ferment les yeux volontairement à la vérité, et renoncent aux prophéties où le Saint-Esprit a lui-même compté les années : mais, pendant qu'ils y renoncent, ils les accomplissent, et font voir la vérité de ce qu'elles disent de leur aveuglement et de leur chute ^.
Qu'ils répondent ce qu'ils voudront aux prophéties : la désolation qu'elles prédisaient leur est arrivée dans le temps marqué; l'événement est plus fort que toutes leurs subtilités ; et si le Christ n'est venu dans cette fatale * conjoncture, les prophètes, en qui ils espèrent, les ont trompés *.
l.Jo5e|.h.,ZJeèe//o;uc?.,libVn,cap. 24, al. 5; Justus Tiber., Bibliolh. l'Iwt., cod. xuiii, p. 19. B.
2 C'tsl ainsi que dans ces Pensées sur le peuple juif, où il semble fournir à Bossuct une première et forte ébauche de cette partie de ['Histoire universelle, Pascal iiioulre, en cette nation, d'admirables témoins de la vérité de ces prophéties, où. leur misère et leur aveuglement même est prédit. Y. Pensées, éd.
Havet, ♦.. I, p. 214. - « S'ils le renon-
cent (le Messie), a dit le même écrivain un peu plus haut, ils le prouvent pjir leur renonciation, t P. 210.
3. FiTiLE. Marquée par les arrêts du ciel. Fala'.is. Comme plus haut : • C'est ici le moment fatal oxx l'histoire marque la première cause de la ruine des Juifs. • P. 283. — ' Mais \e iour fatal était venu: c'était le diiicme d'août... • P. 336.
4. Ce dilemme final conclut dignement la pressante argumentation de ce chapitre.