CHAPITRE XXIV
Circonstances mémorables de la chute des Juifs fausses interprétations.
suite de leurs
Et pour achever de les convaincre , remarquez deux circonstances qui ont accompagné leur chute et la venue du Sauveur du monde : l'une , que la succession des pontifes, perpétuelle et inaltérable depuis Aaron, finit alors; l'autre, que la distinction des tribus et des familles, toujours conservée jusqu'à ce temps, y périt *, de leur aveu propre.
Cette distinction était nécessaire jusques au temps du Messie. De Lévi devaient naître les ministres des choses sacrées. D'Aaron devaient sortir les prêtres et les pontifes. De Juda devait sortir le Messie même. Si la distinction des familles n'eût subsisté jusqu'à la ruine de Jérusalem et jusqu'à la venue de Jésus-Christ, les sacrifices judaïques auraient péri devant le temps, et David eût été frustré de la gloire d'être reconnu pour le père du Messie. Le Messie est-il arrivé? le sacerdoce nouveau, selon l'ordre deMelchisédech, a-t-il commencé en sa personne, et la nouvelle royauté, qui n'était pas de ce monde, at-elle paru ? on n'a plus besoin d'Aaron, ni de Lévi, ni de Juda, ni de David, ni de leurs familles. Aaron n'est plus nécessaire dans un temps où les sacrifices devaient cesser, selon Daniel *. La maison de David et de Juda a accompli sa destinée lorsque le Christ de Dieu ^ en est sorti; et, comme si les Juifs renonçaient eux-mêmes à leur espérance, ils oublient précisément en ce temps la succession des familles, jusques alors si soigneusement et si religieusement retenue *.
1 . Y PÉRIT. Cet emploi figuré de -périr est très-commun chez notre auteur, comme chez les Latins, ses constants modèles. Cf. p. 196, n. 1. Uu peu plus bus : « Les saciifices judaïques auraient péri devant le temps... >