Is., XXIX, 14; xxxiii, 18. B
« connu par les ouvrages de la sagesse, » c'est-à-dire par les créatures qu'il avait si bien ordonnées, il a pris ' une autre voie, et o a résolu de sauver ses fidèles par la fo- (I lie de la prédication *, » c'est-à-dire par le mystère de la croix, où la sagesse humaine ne peut rien comprendre.
Nouveau et admirable dessein de la divine Providence! Dieu avait introduit l'homme dans le monde, où, de quelque côté qu'il tournât les yeux , la sagesse du Créateur reluisait ^ dans la grandeur, dans la richesse et dans la disposition d'un si bel ouvrage. L'homme cependant l'a méconnu : les créatures, qui se présentaient pour élever notre esprit plus haut, l'ont arrêté* : l'homme aveugle et abruti les a servies * ; et, non content d'adorer l'oeuvre des mains de Dieu , il a adoré l'œuvre de ses propres mains. Des fables, plus ridicules que celles que l'on conte aux enfants, ont fait sa religion : il a oublié la raison; Dieu la lui veut faire oublier d'une autre sorte. Un ouvrage dont il entendait la sagesse ne l'a point touché; un autre ouvrage lui est présenté, où son raisonnement se perd, et où tout lui paraît folie : c'est la croix de Jésus-Christ. Ce n'est point en raisonnant qu'on entend ce mystère; c'est «en captivant son intel- « Hgence sous l'obéissance de la foi ; » c'est « en détrui- « sant les raisonnements humains , et toute hauteur qui « s'élève contre la science de Dieu *. »
En effet, que comprenons-nous dans ce mystère, où le Seigneur de gloire '' est chargé d'opprobres; où la sagesse