‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 362 sur 583 · l'hil., II, 6, 7. B · texte numérisé non relu

l'hil., II, 6, 7. B

7. cf. c. III, p. 297. V. aussi comment l'auteur explique, dans les Sermons sur la Xativité et sur TAnnoncialion, l'appauvrissement du Verbe fait chair, le dépouillement du Verbe incarné.

ne fût pas du premier dessein , elle était le juste supplice du péché, et en cette qualité elle était l'œuvre de la justice divine. Aussi Dieu n'a-t-il pas dédaigné de la prendre; et, en prenant la peine du péché sans le péché même, il a montré qu'il était, non pas un coupable qu'on punissait, mais le juste qui expiait les péchés des autres '.

De cette sorte, au lieu des vices que les hommes mettaient dans leurs dieux, toutes les vertus ont paru dans ce Dieu-homme; et, afin qu'elles y parussent dans les dernières épreuves, elles y ont paru au milieu des plus horribles tourments. Ne cherchons plus d'autre Dieu visible après celui-ci : il est seul digne d'abattre toutes les idoles; et la victoire qu'il devait remporter sur elles est allachée à sa croix.

C'est-à-dire qu'elle est attachée à une folie apparente. « Car les Juifs, poursuit saint Paul *, demandent des « miracles, » par lesquels Dieu, en remuant avec éclat toute la nature"', comme il fit à la sortie d'Egypte, il * les mette visiblement au-dessus de leurs ennemis; « et les {( Grecs ou les Gentils cherchent la sagesse » et des discours arrangés , comme ceux de leur Platon et de leur Socrate. « Et nous, continue l'Apôtre, nous prêchons « Jésus-Christ crucifié, scandale aux Juifs, » et non pas miracle; « folie aux Gentils,» et non pas sagesse : «mais « qui est aux Juifs et aux Gentils appelés à la connaissance « delà vérité, la puissance et la sagesse de Dieu, parce (( qu'en Dieu ce qui est fou est plus sage que toute la « sagesse humaine, et ce qui est faible est plus fort que « toute la force humaine. » Voilà le dernier coup qu'il fallait donner à notre superbe ignorance ^ La sagesse oii l'on

1. Autant de clarté populaire et de mouvements d'âme, que d'exacte précision dogmatique dans l'exposition de ces hautes vérités chrétiennes. C'est-là un des caractères du génie de Bossuet et de son éloquence. La théologie a rarement parlé ce langage.

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