Tacite, Annal., lib. XV, c. 44. B
5. Le premier de ces deux griefs paraît être celui que Tacite a voulu indiquer, en disant : « Haud pcrinde in crimine incoudii, quara odio humani generis convic'i sunt. » Loc, cit.
comme on n'entend point parler de ces actes dans tous les siècles précédents, et que ni sous Néron, ni sous Domitien, qui régnaient dans l'origine du christianisme, quelque ennemis qu'ils en fussent, on n'en trouve rien du tout, il paraît qu'ils ont été faits à plaisir; et il y a parmi les Romains si peu de preuves constantes contre Jésus-Christ, que ses ennemis ont été réduits à en inventer.
Voilà donc un premier fait, l'innocence de Jésus- Christ sans reproche. Ajoutons-en un second, la sainteté de sa vie et de sa doctrine reconnue. Un des plus grands empereurs romains, c'est Alexandre Sévère, admirait Notre-Seigneur,etfaisaitécriredansles ouvrages publics^ aussi bien que dans son palais ^, quelques sentences de son Évangile. Le même empereur louait et proposait pour exemple les saintes précautions avec lesquelles les chrétiens ordonnaient les ministres des choses sacrées. Ce n'est pas tout : on voyait dans son palais une espèce de chapelle, où il sacrifiait dès le matin. Il y avait consacré les images des âmes saintes, parmi lesquelles il rangeait, avec Orphée, Jésus-Christ et Abraham. Il avait une autre chapelle, ou comme on voudra traduire le mot latin lararium ', de moindre dignité '' que la première, où l'on voyait l'image d'Achille et de quelques autres grands hommes ; mais Jésus-Christ était placé dans le premier rang. C'est un païen qui l'écrit, et il cite pour témoin un auteur du temps d'Alexandre ^ Voilà donc deux témoins de ce même fait ; et voici un autre fait qui n'est pas moins surprenant.
Quoique Porphyre, en abjurant le christianisme, s'en fût déclaré l'ennemi, il ne laisse pas, dans le livre intitulé
1. Les ocvbages. Les édifices. De même, plus loin : » Tarquiu l'Ancien commença les grands ouvrages, qui devaient servir a l'utilité publique. » Part.