‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 376 sur 583 · Julinn., Ep. ad comm. Judœorum, «V. B · texte numérisé non relu

Julinn., Ep. ad comm. Judœorum, «V. B

auteurs ont chargé d'opprobres? Il ne faut pas s'en étonner, et la chose est incontestable.

Distinguons premièrement ce que fait dire en général une haine aveugle, d'avec les faits positifs dont on croit avoir la preuve. Il est certain que les Romains, quoiqu'ils aient condamné Jésus-Christ, ne lui ont jamais reproché aucun crime particulier. Aussi Pilate le condamna-t-il avec répugnance, violenté par les cris et par les menaces des Juifs. Mais ce qui est bien plus merveilleux, les Juifs eux-mêmes, à la poursuite desquels* il a été crucifié, n'ont conservé dans leurs anciens livres la mémoire d'aucune action qui notât ^ sa vie, loin d'en avoir remarqué aucune qui lui ait fait mériter le dernier supplice : par où ^ se confirme manifestement ce que nous lisons dans l'Évangile, que tout le crime de Notre- Seigneur a été de s'être dit le Christ, fils de Dieu.

En effet. Tacite nous rapporte bien le supplice de Jésus-Christ sous Ponce Pilate, et durant l'empire de Tibère * ; mais il ne rapporte aucun crime qui lui ait fait mériter la mort, que celui d'être l'auteur d'une secte convaincue de haïr le genre humain, ou de lui être odieuse ^ Tel est le crime de Jésus-Christ et des chrétiens ; et leurs plus grands ennemis n'ont jamais pu les accuser qu'en termes vagues, sans jamais alléguer un fait positif qu'on leur ait pu imputer.

Il est vrai que dans la dernière persécution, et trois cents ans après Jésiis-Christ, les païens, qui ne savaient plus que reprocher ni à lui ni à ses disciples, publièrent de faux actes de Pilate, où ils prétendaient qu'on verrait les crimes pour lesquels il avait été crucifié. Mais

1 . A tA pocnsuiTE DESQUELS. C'cst le mot juridique, le mot technique.

2. Qoi NOTAT. Qui imprimât une flétrissure, une tache. Ainsi ailleurs : « L'Eglise a -vu, dès son origine, de prétendues proçhétesses, que les apôtres n'ont pas dédaigné de noter. » Jnstr. sur les étals d'oraison, liv. I. Dans ce sens du mot noter se perpétue le souvenir de la nota censoria des Latins.

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