‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 382 sur 583 · Justifier qcb. V. p. 221, n · texte numérisé non relu

Justifier qcb. V. p. 221, n

Ils le sont en elfet si fort, que les Gentils n'ont pu en disconvenir, non plus que les Juifs. Celse, le grand ennemi des chrélicns, cl qui les attaque dès les premiers temps avec toute l'habileté imaginable, recherchant avec un soin infini tout ce qui pouvait leur nuire, n'a pas nié tous les miracles de Notre-Seigneur : il s'en défend, en disant avec les Juifs que Jésus-Christ avait appris les secrets des Égyptiens, c'est-à-dire la magie, et qu'il voulut s'attribuer la divinité par les merveilles qu'il fit en vertu de cet art damnable K C'est pour la même raison que les chrétiens passaient pour magiciens *, et nous avons un passage de Julien l'Apostat ■* qui méprise les miracles de Notre-Seigneur, mais qui ne les révoque pas en doute. Volusien, dans son cpître à saint Augustin *, en fait de môme; et ce discours était commun parmi les païens.

Il ne faut donc plus s'étonner si, accoutumés à faire des dieux de tous les hommes où il éclatait quelque chose d'extraordinaire, ils voulurent ranger Jésus-Christ parmi leurs divinités. Tibère, sur les relations qui lui venaient de Judée, proposa au sénat d'accorder à Jésus- Christ les honneurs divins \ Ce n'est point un fait qu'on avance en l'air®, et Tertullien le rapporte, comme public et notoire, dans son Apologétique, qu'il présente au sénat au nom de l'Église, qui n'eût pas voulu affaiblir une aussi bonne cause que la sienne par des choses oii on aurait pu si aisément la confondre. Que si on veut le témoignage d'un auteur païen, Lampridius nous dira « qu'Adrien avait élevé à Jésus-Christ des temples qu'on '( voyait encore du temps qu'il écrivait'' ; » et qu'Alexandre Sévère, après l'avoir révéré en particulier, lui voulait publiquement dresser des autels et le mettre au nombre des dieux *.

1 . Orig., Coul. Cels., lib. I, n. 3S ; lib. Il, n. 4&; lom. I, p. 356, 42J. B.

i. Id., ibid., lib. VI, n. 39; tom. I, p. 661 ; Act. Jlart., passim. B.

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