‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 385 sur 583 · II Cor., Ti, 15, 16. B · texte numérisé non relu

II Cor., Ti, 15, 16. B

SUR L'HISTOIRE UiNIVERSELLE.

« venlion * peut-il y avoir entre Jésus-Christ et Bélial, « et comment peut -on accorder le temple de Dieu avec fl les idoles? »

Ainsi, par la vertu de la croix, la religion païenne, confondue par elle-même *, tombait en ruine; et l'unilc de Dieu s'établissait tellement, qu'à la fin l'idolâtrie n'en parut pas éloignée. Elle disait que la nature divine, si grande et si étendue, ne pouvait être exprimée ni par un seul nom, ni sous une seule forme ; mais que Jupiter, et Mars, et Junon, et les autres dieux, n'étaient au fond que le même dieu, dont les vertus inûnies étaient expliquées et représentées par tant de mots différents '. Quand ensuite il fallait venir aux histoires impures des dieux, à leurs infâmes généalogies, à leurs impudiques amours, à leurs fêtes et à leurs mystères, qui n'avaient point d'autre fondement que ces fables prodigieuses, toute la religion se tournait en allégories : c'était le monde ou le soleil qui se trouvaient être ce Dieu * unique; c'était les étoiles % c'était l'air, et le feu, et l'eau, et la terre, et leurs divers assemblages, qui étaient cachés sous les noms des dieux et dans leurs amours. Faible et misérable refuge : car, outre que les fables étaient scandaleuses, et toutes les allégories froides ® et forcées, que trouvait-on à la lin, sinon que ce Dieu unique était l'univers avec toutes ses parties; de sorte que le fond de la religion était la nature, et toujours la créature adorée à la place du Créateur?

I Quelle convention? — Quel pacte, quel accord? — Traduction littérale du texte : Quœ convenlio Chrùti ad Déliai? B.

t. Par elle-même. C'est-à-dire, par les concessions et les aveux qu'on >ient de voir.

3. Jlacrob.. Saturn., lib. I, c. 17, et Ecq ; Apul., De deo Socr.; Aug. De civil. Iiei, lib. IV, cap. X, xi; tom VU, col. 9o, et seq. B.

i. Sb trouvaient être ce Dieu. Tour familier et railleur, propre à faire sentir, avant toute remarque, l'inattendu et la singularité de ces interprétations de la Fable.

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