Aug., Ep. m, ad Volusian , etc
nunc cxxxvii ; tom II , col. 40 1, et seq. B.
Que si l'orgueil des platoniciens ne pouvait pas se rabaisser jusqu'aux humiliations du Verbe fait chair, ne devaient-ils pas du moins comprendre que l'homme, pour être un peu au-dessous des anges, ne laissait pas d'être, comme eux, capable de posséder Dieu; de sorte qu'il était plutôt leur frère que leur sujet, et ne devait pas les adorer, mais adorer avec eux, en esprit de société, celui qui les avait faits les uns et les autres à sa ressemblance? C'était donc non-seulement trop de bassesse, mais encore trop d'ingratitude au genre humain, de sacrifier à d'autre ' qu'à Dieu-; et rien n'était plus aveugle que le paganisme, qui, au heu de lui réserver ce culte suprême, le rendait à tant de démons.
C'est ici que lidolâtrie, qui semblait être aux abois % découvrit tout à fait son faible. Sur la fin des persécutions, Porphyre, pressé par les chrétiens, fut contraint de dire que le sacrifice n'était pas le culte suprême ; et voyez jusqu'où il poussa l'extravagance. Ce Dieu trèshaut, disait-il *, ne recevait point de sacrifice : tout ce qui est matériel est impur pour lui, et ne peut lui être offert. La parole même ne doit pas être employée à son culte, parce que la voix est une chose corporelle : il faut l'adorer en silence et par de simples pensées ; tout autre culte est indigne d'une majesté si haute.
Ainsi, Dieu était trop grand pour être loué ^ C'était un crime d'exprimer comme nous pouvons ce que nous
1. A d'actre. Ce singulier répond à la pensée de Técrivain : — A un autre être, à un autre Dieu que le vrai Dieu ; alii quam Dco : — mais, eu égard à la forme de la phrase, ce singulier, précédé du de partitif, est peu grammatical .
2. Bossuet ne veut laisser aucun refuge à l'adversaire qu'il combat. C'est au nom de la raison qu'il confond maintenant cette restauration néoplatonicienne du paganisme, après avoir iriToqué d'abord, pour la renverser par le fondement, le Mystèrede JésM-Christ.