‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 401 sur 583 · Uetie.nxent. V. p. 3P6, n · texte numérisé non relu

Uetie.nxent. V. p. 3P6, n

5. Qui coNviEN>fi;NT. Qui s'accordent, dont les témoignages se répondent. V.

Ceux donc qui ont voulu dire, quoique sans aucune raison, que ces livres étant perdus, ou n'ayant jamais •été, ont été ou rétablis, ou composés de nouveau, ou altérés par Esdras, outre qu'ils sont démentis par Esdras même, le sont aussi par le Pentateuque, qu'on trouve encore aujourd'hui entre les mains des Samaritains tel que l'avaient lu, dans les premiers siècles, Eusèbe de Césarée, saint Jérôme, et les autres auteurs ecclésiastiques; tel que ces peuples l'avaient conservé dès leur origine : et une secte si faible semble ne durer si longtemps que pour rendre ce témoignage à l'antiquité de Moïse.

Les auteurs qui ont écrit les quatre Évangiles ne reçoivent pas un témoignage moins assuré du consentement unanime des fidèles, des païens et des hérétiques. Ce grand nombre de peuples divers, qui ont reçu et traduit ces livres divins aussitôt qu'ils ont été faits, conviennent tous de leur date et de leurs auteurs. Les païens n'ont pas contredit cette tradition. Ni Celse, qui a attaqué ces livres sacrés presque dans l'origine du christianisme ; ni Julien l'Apostat, quoiqu'il n'ait rien ignoré ni rien omis de ce qui pouvait les décrier; ni aucun autre païen ne les a jamais soupçonnés d'être supposés : au contraire, tous leur ont donné les mêmes auteurs que les chrétiens. Les hérétiques, quoique accablés par l'autorité de ces livres, n'osaient dire qu'ils ne fussent pas des disciples de Notre-Seigneur. Il y a eu pourtant de ces hérétiques qui ont vu les commencements de l'Église, et aux yeux desquels ont été écrits les livres de l'Évangile. Ainsi la fraude, s'il y en eût pu avoir, eût été éclairée * de trop près pour réussir. Il est vrai qu'après les apôtres, et lorsque l'Église était déjà étendue par toute la terre, Marcion et Manès, constamment' les plus

i. EcLAinÉE. Ce verbe, entre autres sens Ggurés, « signifie surveiller, observer. Vous allez dans un monde où vous serez éclairé de près. Eclairer la condition de quelqu un. » Acad. fr.

Ainsi Molière, dans l'Étourdi, 1,4:

A.a diable le ficbeax qui toujours nous [éclair tl

2. CowsTAMMBXT. Indubitablement, comme c'est chose sue et reconnue; ut conslat. Ainsi plus haut : « La quatrième année de la 202' olympiade est constamment celle de la mort de Notre- Seigneur. > P. 118.

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téméraires et les plus ignorants de tous les héréiiques, malgré la tradition venue des apôtres, continuée par leurs disciples et par les évêques, à qui ils avaient laissé leur chaire et la conduite des peuples, et reçue unanimement par toute l'Église chrétienne, osèrent dire que trois Évangiles étaient supposés, et que celui de saint Luc, qu'ils préféraient aux autres, on ne sait pourquoi, puisqu'il n'était pas venu par une autre voie, avait été falsifié. Mais, quelles preuves en donnaient-ils ? de pures visions, nuls faits positifs. Ils disaient, pour toute raison, que ce qui était contraire à leurs sentiments devait nécessairement avoir été inventé par d'autres que par les apôtres, et alléguaient pour toute preuve les opinions mêmes qu'on leur contestait; opinions d'ailleurs si extravagantes, et si manifestement insensées, qu'on ne sait encore comment elles ont pu entrer dans l'esprit humain. Mais certainement, pour accuser la bonne foi de l'Église, il fallait avoir en main des originaux différents des siens, ou quelque preuve constante. Interpellés d'en produire* eux et leurs disciples, ils sont demeurésmuets^, et ont laissé par leur silence une preuve indubitable qu'au second siècle du christianisme, où ils écrivaient, il n'y avait pas seulement un indice de fausseté, ni la moindre conjecture qu'on pût opposer à la tradition de l'Église.

Que dirai-je du consentement des livres de l'Écriture, et du témoignage admirable que tous les temps ' du peuple de Dieu se donnent les uns aux autres ? Les temps du second temple supposent ceux du premier, et nous ramènent à Salomon. La paix n'est venue que par les combats; et les conquêtes du peuple de Dieu nous font remonter jusqu'aux Juges, jusqu'à Josué, et jusqu'à la sortie d'Egypte. En regardant tout un peuple sortir

1. IsTEiirEr.LÉs DE.... Ilci|«is, sommes de. « Se dit particulièrement de la sommaliun de répondre, de s'expliquer sur la vérité ou la fausseté d'un fait. • (A Cad. fr.)

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