‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 429 sur 583 · CHAPITRE P · texte numérisé non relu

CHAPITRE P

Les révolutions des empires sont réglées par la Providence, et servent à humilier les princes.

Quoiqu'il n'y ait rien de comparable à cette suite de la vraie Église que je vous ai représentée, la suite des empires, qu'il faut maintenant vous remettre devant les yeux, n'est guère moins profitable, je ne dirai pas seulement aux grands princes comme vous ^, mais encore aux particuliers qui contemplent dans ces grands objets les secrets de la divine Providence.

Premièrement, ces empires ont pour la plupart une liaison nécessaire avec l'histoire du peuple de Dieu'. Dieu s'est servi des Assyriens et des Babyloniens pour châtier ce peuple; des Perses, pour le rétablir; d'Alexandre et de ses premiers successeurs, pour le protéger ; d'Antiochus l'Illustre et de ses successeurs , pour

1 . Bossuet revient à l'histoire proprement dite, à celle des affaires humaines, mais c'est d'abord pour rattacher et subordonner cette histoire à celle qu'il vient de faire des desseins de Dieu sur le peuple élu et de l'établissement de l'Église, et montrer comment les révolutions humnines conspirent, sans le savoir, à ce srr:md ouvrage. Tel est le sujet d ■ ce chapitre I" des Empires, sorle de transition entre la seconde l'artie et la troisième, où se déploie toute la su-

blimité du génie reîifjieux do l'historien.

Page 1