‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 43 sur 583 · SiTDSR LES ROIS. Placer les rois · texte numérisé non relu

SiTDSR LES ROIS. Placer les rois

par la raison que le tour interroge! t if, qui croirait, n'est pas ici l'expression d'un doute.

5. TooT CADRE A C.-à-d., tout s'ajuste de manière à... Toutes choses,

deux noms. Si on n'était averti que Nabuchodonosor, Nabucodrosor, et Nabocolassar, ne sont que le même nom, ou que le nom du même homme, on aurait peine à le croire; et cependant la chose est certaine. C'est un nom tiré de Nabo, un des dieux que Babylone adorait, et qu'on insérait dans les noms des rois en diÛerentes manières. Sargon est Sennachérib'; Ozias est Azarias; Sédécias est Mathanias ; Joachas s'appelait aussi Sellum : on croit que Soiis ou Sua est le même que Sabacon *, roi d'Ethiopie : Asaraddon, qu'on prononce indifféremment Ésar-Haddon ou Asorhaddan, est nommé Asénaphar ' par les Cuthéens * : on croit que Sardanapale est le même que quelques historiens ont nommé Sarac ; et, par une bizarrerie dont on ne sait point l'origine, ce même roi se trouve nommé par les Grecs Tonos-Concoléros ^ Nous avons déjà remarqué que Sardanapale était vraisemblablement Sardan, fils de Phul ou Pul. Mais qui sait si ce Pul ou Phul, dont il est parlé dans l'histoire sainte ', n'est pas le même que Phalasar? Car une des manières de varier ces noms était de les abréger, de les allonger, de les terminer en diverses inflexions, selon le génie des langues ''. Ainsi Teglathphalasar, c'est-à-dire Teglath fils de Phalasar, pourrait être un des fils de Phul,

'l'accord, concourent à lui donner ce raël, après la conquête assyrienne, et

nom. Locution aujourd'hui hors d'u- connus ensuite sous le nom de Samari-

tasre. Mais cadrer figure encore dans tains.

certaines phrases, comme celles-ci : La 5. Toxos Coxcolkros. C'est Eusèbe de

réponse ne cadre pas avec la demande. Césarée qui désigne ainsi Sardanapale,

Les dépositions de ces témoins ne ca- dans sa Chronique, part. I.

drent pas ensemble, etc. (Acad. fr.)— 6. IV Beg., iv, 19. I Paralip., t.

Sur l'assimilation de Darius le Mède j 26. B.

et de Cyaxare, V. plus haut, p. 59,

1. Ou Salmanasar, sui-vant nos modernes érudits, qui ont illustré ce nom

7. Que dirait Bossuet, aujourd'hui que d'antiques langues dévoilées, ou qui commencent k l'être, celle de l'Egypte, celle de l'Assyrie, apportent aux saobscur de Sargon, en le plaçant sur les \ Tants, avec de nouveaui noms historidébris, exposésau Louvre, du palais de | ques, beaucoupdesynonjTiies nouveaux, Khorsabad, dans lequel Us veulent re- \ souvent peu rcconnaissables, des noms connaître la demeui-e de ce roi. ■ anciens ? Nouvel embarras, nouveau se-

2. Le MÊME QUE Sibàcon. V. plus haut, ' cours aussi pour la science sérieuse ; p. 50, n. 2. nouvelle facilité pour l'induction lémé-

3. Esdras, iv, 2, 10. B. i raire et les systèmes creux des faux ga-

4. Cdtbéens. Peuples des bords du , vauts. Tigre, transportés sur les terres d'is- |

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qui. plus vigoureux ' que son frère Sardanapale, aurait conservé une partie de l'empire qu'on aurait ôté à sa maison. On pourrait faire une longue liste des Orientaux, dont chacun a eu, dans les histoires, plusieurs noms différents : mais il suffit d'être instruit en général de cette coutume. Elle n'est pas inconnue aux Latins, parmi lesquels les titres et les adoptions ont multiplié les noms en tant de sortes. Ainsi le titre d'Auguste et celui d'Africain sont devenus les noms propres de César Octavien et des Scipions : ainsi les Nérons* ont été Césars. La chose n'est pas douteuse, et une plus longue discussion d'un fait si constant est inutile.

Pour ceux qui s'étonneront de ce nombre infini d'années que les Égyptiens se donnent eux-mêmes, je les renvoie à Hérodote, qui nous assure précisément, comme on vient de voir, que leur histoire n'a de certitude que depuis le temps de Psammitique ^, c'est-à-dire six à sept cents ans avant Jésus-Christ. Que si l'on se trouve embarrassé de la durée que le commun * donne au premier empire des Assyriens, il n'y a qu'à se souvenir qu'Hérodote l'a réduite à cinq cent vingt ans % et qu'il est suivi par Denys d'Halicarnasse, le plus docte des historiens ®, et par Appien. Et ceux qui, après tout cela, se trouvent trop resserrés dans la supputation ordinaire des années, pour y ranger à leur gré tous les événements et toutes les dates qu'ils croiront certaines, peuvent se mettre au large tant qu'il leur plaira dans la supputation des Septante'',

1. Plcs vigoureux. — PidS éncrgi- de l'Art de vérifier les dates ont adopté que, plus actif, moins eiréminé. 1 cette opinion du commun.

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