Qn s'iiTilT VAINEMENT PROMIS l'É
TBP.MTii. — Rien ne porte plus la marque de Bossuet que de telles réflexions : une sorte d'ironie tranquille s'y mêle à une tristesse majestueuse.
2. On a déjà remarqué avec quelle aiUorité et quelle certitude Bossuet entre dans de telles explications : il est viai qu'il ne s'y engage ici. comme toujours, que sous la conduite de l'Ecriture
3. AvArr vieilli dans le tuliu. S'était enfoncée, en vieillissant, dans le culte... Cunseiiuerat. — Pascal a dit de même : « Le monde ayant vieilli dans ces erreurs charnelles , Jésus - Christ est Tenu... B Pensées, éd. Havet, t. 1, p. 2 6.
4. Zozira.,lib. IV; Orat. Symm. apud Anibr., t. V, lib. V, Ep. X.\.\, nunc XVU, t. II, col. 8i8, et seej. ; Au-
encore a-t-il soin de relever l'autorité [ De civ. Dfi, lih. I, c. I, etc., t. VU. B. du guide qu'il va suivre (saint Jean), 5. Les EMPEneuns étaient fatigué*. . en rappelant tous ses titres (apôtre, j Bossuet a souvent le trait énergique de éNaugcliste, prophète). I Tacite, avec plus d'aisance et de naturcL
SUH L'HISTOIRE UNIVERSELLE.
accomplissement des anciennes prophéties, ni par la conversion presque de tout le reste de l'empire, ni enfin par celle des princes dont tous les décrets autorisaient le christianisme. Au contraire, ils continuaient h charger d'opprobres l'Église de Jésus Christ, qu'ils accusaient encore, à l'exemple de leurs pères, de tous les malheurs de l'empire, toujours prêts i\ renouveler les anciennes persécutions, s'ils n'eussent été réprimés par les empereurs *. Les choses étaient encore en cet état au quatrième siècle de l'Église, et cent ans après Constantin, fjuand Dieu enfin se ressouvint * de tant de sanglants décrets du sénat contre les fidèles, et tout ensemble des cris furieux dont tout le peuple romain, avide du sang chrétien, avait si souvent fait retentir l'amphithéâtre. 11 livra donc aux Barbares cette ville enivrât du sang des martyrs, comme parle saint Jean ^ Dieu renouvela sur elle les terribles châtiments qu'il avait exercés sur Babylone : Rome même est appelée de ce nom. Celte nouvelle Babylone, imitatrice de l'ancienne, cemme elle enflée de ses victoires, triomphante dans ses délices et dans ses richesses, souillée de ses idolâtries*, et persécutrice du peuple de Dieu, tombe aussi comme elle d'une grande chute, et saint Jean ^ chante sa ruine*. La gloire de ses conquêtes, qu'elle attribuait i\ ses dieux, lui est ôtée : elle est en proie aux Barbares, prise trois et quatre fois, pillée, saccagée, détruite '. Le glaive des Barbares ne
1. Bossuet relève, comme on voit, avec un soin extrême et une accablante précision toutes les eirconstanees aggravantes de l'obstination des Koniain; dans leur idoiàtne : i! lient à montrer toute l'étendue de la faute, avant d'étaler toute la grandeur du châtiment.
1. Enfiji SB RESSOUVINT. Langage biblique. L'Écriture dit de mêmi; que l)ieu ve réveille :
Ne dis plus, ô Jacob, que ton Seigneur som-
[ineillu.
Pécheurs, disparaissez :1e Seigneur se réveille.
Racine, Athalie, III, 7.
et, par de telles figures, elle ne diminue pas la grandeur de Dieu : elle exprime fortement le soulagement que Vàme éprouve à Toir éclater enfin sa
Justice. Eossuct parle naturellement ce hardi langage.