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CHAPITRE III

Les Scythes, les Éthiopiens, et les Égyptiens.

Je ne compterai pas ici parmi les grands empires celui de Bacchus, ni celui d'Hercule, ces célèbres vainqueurs des ladeset de l'Orient. Leurs histoires n'ont rien de certain, leurs conquêtes n'ont rien de suivi : il les faut laisser célébrer aux poètes, qui en ont fait le plus grand sujet de leurs fables.

Je ne parlerai pas non plus de l'empire que le Madyès d'Hérodote*, qui ressemble assez à l'Indathyrse de Mégasthène% et au Tanaiis de Justin', établit pour un peu de temps dans la grande Asie. Les Scythes, que ce

l.DuRBn. Se disait et peut se dire en- , tous les dialectes : le langage des rois, core très-bien des personnes, au sens des politiques, des guerriers, celui du de, patienter, se soutenir par volonté et ! peuple et dos savants..., le vieux et le

courage.

Durate, et rébus \o5mel servale secundia. ViaG.,.<£n., I, îll.

Nos écrivains ne doivent pas laisser ce

nouveau, le trivial et le pompeux... tout lui seit, etc. I Pensces, titre xxiv, 10.

3. Servir. Au sens du latin servire, comme dans ces excniples : « Vous vous êtes quelquefois surmontés vous-ménies

sens au latin, quoique l'Académie rcn- pour servir à l'ambition et à lu fortune ; voie durer, ainsi entendu, au langage , surmontez-vous quelquefois youTserutr familier. I '^ -^'é" ^' à. la raison. • S. sur I eftica-

2 PocssER on SK MBXAGER. Se ris- ! cité de la pénitence. —«Mon âme bénis quer ou se tenir sur ses gardes Ex- J le Seigneur.... ; tu ne pourras plusserpressions d'un grai.d usage, au temps vir au péché. . lU» S. sur la Circoncide Bossuet, dans la langue des aflaires, sion. Cf. l" Partie, p. 30 dans celle des camps ou des cours. 4. Herod., lib. l,c. 103. B. ^ «Bossuet, dit M. Joubert, emploie tous 5. Stral3.,init.lib. W.B. — ldav5..f«o; nos idiomes, comme llomere employait | 6. Juslm., lib.l,c. I.B.

SUR L'HISTOIRE UNIVERSEfXE. 457

prince menait à la guerre, ont plutôt fait des courses que des conquêtes ^ Ce ne fut que par rencontre, et en poussant les Cimmériens, qu'ils entrèrent dans la Médie, battirent les Mèdes, et leur enlevèrent cette partie de l'Asie où ils avaient établi leur domination. Ces nouveaux conquérants n'y régnèrent que vingt-huit ans. Leur impiété, leur avarice et leur brutalité la leur fit * perdre; et Cyaxare, fils de Phraorte, sur lequel ils l'avaient conquise, les en chassa. Ce fut plutôt par adresse que par force. Réduit à un coin de son royaume' que les vainqueurs avaient négligé, ou que peut-être ils n'avaient pu forcer, il attendit avec patience que ces conquérants brutaux eussent excité la haine publique, et se défissent eux-mêmes par le désordre de leur gouvernement.

Nous trouvons encore dans Strabon*, qui l'a tiré du même Mégasthène, un Tearcon, roi d'Ethiopie : ce doit être le Tharaca de l'Écriture ^, dont les armes furent redoutées du temps de Sennachérib, roi d'Assyrie. Ce prince pénétra jusqu'aux colonnes d'Hercule, apparemment le long de la côte d'Afrique, et passa jusqu'en Europe. Mais que dirai-je d'un homme dont nous ne voyons dans les historiens que quatre ou cinq mots, et dont la domination n'a aucune suite * ?

Les Éthiopiens, dont il était roi, étaient, selon Hérodote \ les mieux faits de tous les hommes, et de la plus belle taille. Leur esprit était vif et ferme ; mais ils prenaient peu de soin de le cultiver, mettant leur confiance dans leurs corps robustes et dans leurs bras nerveux. Leurs rois étaient électifs, et ils mettaient sur le trône le plus grand et le plus fort. On peut juger de leur humeur par une action que nous raconte Hérodote. Lors-

1. Pldiot des counsBS que d-js conquêtes. — Mot beureuieinent trouvé pour caractériser les entreprises des nomades conquérants.

•2. Sur ce singulier, v. p. 173, n. 1.

3. Le mot corn, familier, niaissignificatif,rend plus sensible le retour de fortune

que sait se ménager l'adresse de ce roi.

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