‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 471 sur 583 · Lui Fumiirr SUJETTES. Cf. p. 56, a · texte numérisé non relu

Lui Fumiirr SUJETTES. Cf. p. 56, a

royaume de Colchos, où les mœurs d'Egypte sont toujours demeurées depuis. Hérodote a vu dans l'Asie Mineure, d'une mer à l'autre, les monuments de ses victoires, avec les superbes inscriptions de Sésostris, roi des rois et seigneur des seigneurs *. Il y en avait jusque dans la Thrace, et il étendit son empire depuis le Gange jusqu'au Danube. La difficulté des vivres l'empêcha d'entrer plus avant dans l'Europe. Il revint après neuf ans, chargé des dépouilles de tous les peuples vaincus *. Il y en eut qui défendirent courageusement leur liberté : d'autres cédèrent sans résistance. Sésostris eut soin de marquer dans ses monuments la différence de ces peuples en figures hiéroglyphiques', à la manière des Égyptiens. Pour décrire son empire, il inventa les cartes de géographie. Cent temples fameux, érigés en action de grâces aux dieux tutélaires de toutes les villes, furent les premières aussi bien que les plus belles marques de ses victoires ; et il eut soin de publier, par les inscriptions, que ces grands ouvrages avaient été achevés sans fatiguer ses sujets *. Il mettait sa gloire à les ménager, et à ne faire travailler aux monuments de ses victoires que les captifs. Salomon lui en avait donné l'exemple. Ce sage prince n'avait employé que les peuples tributaires dans les grands ouvrages qui ont rendu son règne immortel *. Les citoyens étaient attachés à de plus nobles exercices : ils apprenaient à faire la guerre et à commander. Sésostris ne pouvait pas se régler sur un plus parfait modèle. Il régna trente- trois ans, et jouit longtemps de ses triom-

1. De ces monuments de victoire que Sésostris érigeait chez les peuples conquis (c'étaient des colonnes avec le nom et les louanges du vainqueur), Hérodote dit avoir vu seulement ceux qui subsistaient encore de sou temps en Syrie. U, 106.

2. Bossuet se plaît à mettre sous les yeux de son élève, dans ce fier tableau, le règne d'un prince non moins prudent el habile qu'entreprenant, qui, après neuf ams de guerres et de conquêtes, a lu poser les armes, et consacrer le reste

de sa vie aux Iravaui de la paix. Du reste il ne se demande pas quel degré de confiance méritent les récits des historiens grecs sur le grand Sésostris. La critique moderne a fort réduit l'étendue des conquêtes de ce roi. V. Brugsch, Hist. d'Egrjpte, Leipzig, 18b9.

3. Ces figures (on l'ignorait encore au temps de Bossuet), n'étaient rien moins que l'écriture nationale des Égyptiens,

4. Herod., lib. II, cap. 102, et seq, ■ Diod., lib. I, sect. 2, n. 10. B.

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